‹ Paulina; roman des temps apostoliquesChapitre 60 sur 66 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Vexilla régis prodeunt

Mon œuvre est finie ; et cependant je sens le besoin d'y ajouter encore une page pour célébrer le triomphe définitif de la foi.

" L'étendard du Roi est déployé : Sur le " monde entier brille le mystère de la croix, dans " lequel la vie a souffert la mort, et la mort a "donné la vie !" Le sang des martyrs a arrosé la terre et la victoire appartient aux vaincus.

Comme son divin^ Maître, Pierre a gravi son Calvaire, et il est mort sur une croix au sommet du Janicule.

Comme Jean-Baptiste, le premier prédicateur du Messie, Paul, le grand apôtre des Nations, a été décapité.

André a été crucifié, comme son frère, à Patras^ dans le Péloponèse.

Les deux Jacques ont versé leur sang à Jérusalem.

Thomas est mort dans les Indes, percé d'im. coup de lance comme Jésus-Christ, après avoir fondé de nombreuses égUses chrétiemies.

Jude et Simon ont évangéhsé l'Eg^^Dte, la Mésopotamie et la Perse, et les Persans les ont martyrisés parce qu'ils ont refusé d'adorer le soleil.

Mathieu a été mis à mort en Ethiopie, au moment où il célébrait les saints mystères.

Marc a arrosé de son sang les rues d'Alexandrie, après y avoir détruit l'idolâtrie.

Philippe a enduré le supplice de la croix, après avoir converti la Scythie et la Phrygie.

Seul Jean \dt encore et il a vu l'accomplissement de la terrible prophétie de son Maître : Jérusalem détruite et son temple merveilleux réduit en cendres.

Mais la dernière heure du disciple bien-aimé approche, sans doute; car il est au pouvoir de Domitien, le maître du monde, qui vient d'être proclamé dieu. L'apôtre a reçu, l'ordre de sacrifier à cette nouvelle divinité, et il a refusé. On le flagelle cruellement, et quand il a subi ce premier suppUce, on le plonge dans une cuve d'huile bouillante.

La mort va donc venir enfin ! Il y a si longtemps qu'il l'appelle pour aller rejoindre son Maître bien-aimé. Mais la mort n'est pas venue. L'huile bouillante a guéri ses plaies et lui a paru un bain déhcieux.

Les bourreaux sont allés raconter le miracle à Domitien et lui ont dit : "La vie est pour cet homme un vrai suppUce, et si vous le mettez à mort, vous comblerez ses vœux. Le vrai châtiment pour lui serait de l'envoyer en exil dans une des îles solitaires de votre empire. "

L'empereur s'est laissé convaincre, et le disci-

pie que Jésus aimait a été exilé dans la petite île de Pathmos.

Mais ô bonheur ! c'est là que, sans mourir, il a revu son Maître ressuscité, vivant dans la gloire éternelle.

Vision mer\'eilleuse dans laquelle le Fils de l'Homme lui a di^ : " Je suis Celui qui vis. J'ai été mort mais je suis vivant dans les siècles des siècles ! "

C'est là que l'apôtre a écrit le livre miraculeux de l'Apocalypse, qui est le couronnement du Livre des Livres.

L'Esprit-Saint, par la main de Moïse, en avait écrit la première page : " Au commencement. Dieu créa le ciel et la terre. "

Le même auteur divin en a inspiré la suite, et par la main de saint Jean il en a signé les dernières pages de son nom mystérieux : "Je suis l'Alpha et rOmega, le premier et le dernier, le commencement et la fin "

C'est maintenant que tout est vraiment consommé !

Non seulement le Livre des Livres est clos, mais l'autorité qui devra le conserver et l'interpréter est créée.

Avant de mourir, Jésus avait dit deux choses qui semblaient contradictoires : ''Je m'en vais à mon Père, mais je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles ! "

Pour vivre à la fois au ciel et sur la terre, il fallait que Jésus-Christ, sans quitter le ciel, vécut en même temps au milieu des hommes dans un continuateur vivant et que ce continuateur ne fût sujet ni à l'erreur ni à la mort.

Ce grand miracle est maintenant accompli.

Le continuateur vivant, infaillible et immortel, c'est l'Eglise, que Jésus-Christ a fondée en disant au Chef des apôtres : '' Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre Elle ! "

Malgré les hérésies et les persécutions, au millieu des institutions humaines qui tombent en ruine, et des nations qui meurent, elle seule subsistera jusqu'à la fin des temps.*

Seule, elle sera la grande école infaillible, héritière des promesses de Jésus-Christ, qui enseignera la vérité aux hommes pendant les siècles futurs.

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