‹ Pauline FoucaultChapitre 3 sur 47 · IV AVANT -PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT -PROPOS

romans, sont-ils des boursiers qui, ne croyant à rien et ne pensant à rien, sont obligés d'entremêler de préoccupations de luxe et de confortable le récit de leurs douleurs. Ce n'est plus lago qui tue Desdemone, c'est la hausse ou la baisse ; et ce n'est plus de sa femme qu'Othello est jaloux, c'est de la femme des autres.

Si, du moins, sur ces vilenies, habilement exploitées, il germait une idée ! Mais , c'est précisément l'horreur de l'idée qui inspire ces livres. Quand on n'a nul souci des misères morales et des doutes de cette génération ; quand on ne veut se mêler a rien de grand, à aucune lutte d'esprit; il faut bien s'en tenir aux caquetages et spéculer sur les scandales. Le succès de certains romans s'explique de la même façon que le succès des journaux à invectives. Voilà la littérature de Pangloss !

Malheur aux âmes vaillantes qui cherchent à animer d'une espérance ou d'une illusion les fantômes qu'elles évoquent! Le public ne veut plus être instruit, ni ému ; il ne demande qu'à être flatté dans ses instincts les moins délicats, et les femmes vertueuses se dédommagent au moins de la vertu par ces lectures. Les procédés de Balzac, appliqués à l'esthétique de Paul de Kock, voila la formule.

Ah ! si Balzac vivait encore, quel roman il pourrait faire sur les romanciers ! Mais, Balzac est mort, bien mort; je n'en veux pour preuve que sa gloire; et personne ne le continue, surtout parmi ceux qui l'imitent. Que de choses j'aurais encore à dire sur ce sujet... si je

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