LE LIVRE >OIR
(( Oh! il ne sait pas ce que c'est de pouvoir se dire qu'on a résisté à un homme comme lui.
« J'éprouve un charme étrange à me rendre ainsi compte des pensées qu'il ignorera toujours, k être dans ces confidences muettes aussi tendre, aussi passionnée pour lui que je serai froide, réservée en sa présence ; je suis contente de ma dernière épreuve à ce sujet... De quel air glacial je l'ai reçu !
« Mais aussi quel courage il m'a fallu!... Sans la présence d'Iris, j'eusse été plus froide encore; mais, la sachant là, j'étais rassurée contre moimême.
« Cette jeune fille m'inquiète, elle m'entoure de soins ; pourtant je ne sais quel vague pressentiment me dit qu'il y a de l'hypocrisie dans sa conduite. Elle est somhre, distraite, préoccupée; que lui ai-je fait? Quelquefois, il est vrai, dans un accès de tristesse et de morosité, je la rudoie... J'y songerai... je la surveillerai.
« Que viens-je d'apprendre?... ]Von, non, c'est impossible... l'enfer n'a pas voulu cela...
« Sa femme... Berthe de Bré vannes, lui serait infidèle !...
« Si les preuves qu'on vient de m'apporler étaient vraies...
« Oh! il est indignement joué... La misérable!... avec son air doux et candide... elle ne sent donc pas ce que c'est que d être assez heureuse, assez Itonoréc pour porter son nom? Lui!., lui
li'ompt'... comme le dernier des hommes... lui raillé, mofjiié peul-etre... Je ne snis ce que je ressens à celle idée, qui ne m'était jamais venue.
« Oh! je suis folle... folle... ce n'est pas de l'amour, c'est de Vidolâtrie. »
Le mémento supposé de madame de Hansfeld avait été perfidement interrompu à cet endroit.
En lisant les derniers mots, qui avaient rapport à une prétendue infidélité de Berlhe, M. de Brévanucs bondit de douleur et de rage.
Par cela même que la lecture de la première partie de ce journal l'avait plongé dans tous les ravissements de l'orgueil, et de l'orgueil exalté jusqu'à sa dernière puissance, ce contre-coup lui fut plus douloureux encore ; il ne se posséda pas de fureur en pensant qu'il jouait peut-être un rôle ridicule aux yeux de Paula; il connaissait assez les femmes pour savoir que s'il leur est doux, très doux, d'enlever un mari ou un amant à un cœur fidèle, elles se soucient médiocrement de servir de vengeance, de représailles à un homme qu'on a trompé.
Iris elle-même avait été effrayée de l'expression de colère et de haine qui contracta les traits de M. de Brévannes lorsqu'il eut lu ce passage du livre noir; elle quitta le mari de Berlhe, bien certaine d'avoir frappé où elle voulait frapper.
En effet, elle laissa M. de Brévannes dans un état d'exaltation impossible à décrire.
D'un côté, il se flattait d'être aimé par madame de Ilansfeld avec une incroyable énergie; mais il