‹ Paupa MontiChapitre 77 sur 90 · LE LIVRE ^OIR · texte numérisé non relu

LE LIVRE ^OIR

avait presque la cerliliide de ne pouvoir rien ohlenir d'une femme si résolue, qui puisait dans la violence même de son amour la force de rcsislance qu'elle comptait déployer, voulant et croyant fermement prouver sa passion par des refus opiniàties dont elle se glorifiait.

D'un autre côté, son sang bouillonnait de courroux en songeant que Bertlie le trompait, qu'il était peut-être déjà l'objet des sarcasmes du monde. Les moindres circonstances de son entretien avec sa femme lui revinrent à l'esprit, il y trouva la confirmation des soupçons que quelques lignes du livre noir venaient d'éveiller.

Il ne savait que résoudre. Le lendemain il devait présenter sa femme chez madame de Hansfeld ; il lui fallait donc ménager Berlhe jusqu'après cette présentation, qu'il regardait comme si importante pour l'avenir de son amour; mais comment se contraindrait-il jusque- là, lui toujours Labitué de faire sous le moindre prétexte supporter à sa femme ses accès d'humeur ?

Il s'épuisait à chercher quel pouvait être le complice de madame de Brévaunes ; après de mûres réflexions, se souvenant des goûts retirés que Berlhe avait récemment affectés, il se persuada que celle-ci s'abandonnait à quelque obscur et vulgaire amour.

Iris, avec une infernale sagacité, avait justement dans le livre noir fait insister Paula sur le bonheur et sur l'orgueil qu'elle aurait à porter le nom de

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M. de Brévannes... El c'était ce nom ((ne Bertiie déshonorait.

Le piège était trop habilement tendu pour rjue cet homme vain, jaloux, orgueilleux, et d'une méchanceté cruelle lorsqu'on blessait son amour-propre, pour que cet homme, disons-nous, n'y tombât pas, et n'entrât pas ainsi dans un ordre d'idées nécessaires au plan diabolique d'Iris...

En effet, après avoir passé par tous les degrés de la colère et s'être mentalement abandonné aux menaces les plus violentes contre Berthe et son complice inconnu, tout à coup M. de Brévannes sourit avec une sorte de joie féroce ; il se calma, s'apaisa, plus que satisfait de la trahison de Berthe ; il n'eut plus qu'une crainte... celle de ne pas pouvoir se procurer des preuves flagrantes de son déshonneur.

Il jugea nécessaire à ses projets de cacher à madame de Brévannes la dénonciation qu'il avait reçue, pour épier ses moindres démarches; il voulait l'endormir dans la plus profonde sécurité.

Aussi, le lendemain (jour de la présentation de Berlhe à. madame de Hansfeld; M. de Brévannes entra chez sa femme, après s'être l'ait précéder d'un énorme bouquet et d'une charmante parure de fleurs naturelles.

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