LA LIBERTE EXPORTEE EN ITALIE PAR L'EMPIRE FRANÇAIS
O France autrefois libre, autrefois citoyenne,
Tu suis ton maître, hélas ! partout comme une chienne;
Sans honte du collier qui te serre le cou,
Et léchant ses talons, tu vas, sans savoir où.
En chasse ! dès qu'il veut qu'on morde ou qu'on aboie,
La Chine est un gibier, le Mexique une proie,
Rome enfin, d'où pourrait, suivant les temps, venir
Mastaï pour sacrer, Orsini pour punir,
Rome attend son salut de celui qui l'opprime,
Et croit que son bienfait peut sortir de son crime ; Nul ne sait s'il t'emmène au milieu des Romains Pour leur manger le cœur ou leur baiser les mains : Contentons Mazzini sans fâcher le Saint- Père, Le peuple est un volcan, l'Eglise est un repaire, Veillons des deux côtés, et sachons avec art Parer également la bombe et le poignard. Prenons Venise, ou bien... ma foi ! prenons la fuite ! Et laissez-moi tranquille avec votre limite ! L'Italie après tout sera libre jusqu'à... L'Adriatique... ou bien jusqu'à Villafranca ; Qu'importe ? franchement ces vainqueurs de Varèze Parlent de liberté beaucoup trop à leur aise ; Quand on est empereur, on l'entend autrement, Et l'on signe un traité comme on prête un serment. Vite confédérons tous les principicules, Duchés, archiduchés, royaumes minuscules, Restaurons, replâtrons, rebouchons tout cela, La Révolution pourrait passer par là !