PAUVRE MATHIEU L
Qu'importe! J’ai voulu vous rendre le repos, et j'apprends aujourd’hui avec une satisfaction véritable que mes vœux sont satisfaits. Ces souvenirs des jeunes années, je le savais bien, ne devaient pas avoir imprimé dans votre âme une empreinte durable; peutêtre même vous étiez-vous trompée sur leur véritable nature. Ils sont effacés, n’en parlons plus. Parlons plutôt de vous, de votre bonheur qui se prépare, de Mathieu, ce noble et digne garcon que j'aime de tout mon cœur et qui a sur le vôtre des droits si incontestables et si sérieux. La réalité vaut mieux que le rêve, et vous avez cessé de rêver; vous avez ouvert vos yeux à la vraie lumière, et vous avez vu comme moi tout ce qu’il y avait de bon, de dévoué, de généreux dans cet honnète garçon ; vous l’estimiez déjà ; un pas restait à faire pour l'aimer; à l'heure où je vous écris, j'espère que ce pas est fait. Soyez donc heureuse, nulle ne le mérite plus que vous. Plus tard, un jour, vous me permettrez de revenir près de vous, de vous offrir une main amie, et de mettre à votre service un cœur qui n'oubliera jamais. Adieu, mademoiselle, tous mes vœux vous suivront dans votre nouvelle destinée. |