‹ Paysages de ParisChapitre 2 sur 8 · IS · texte numérisé non relu

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la rive appelle de5> chevaux à la baignade, évoque des tableaux familiers; et les battoirs des lavandières, le pêcheur à la ligne avec son geste éternel comme celui du semeur, les courses des gamins sur la berge, — • une berge pour de vrai — •, le tondeur de chiens, les épagneuls qui nagent pour chercher le bout de bois ou le bâton de chaise qu'on a lancé à l'eau, le peintre qui s'essaie après des milliers d'autres à rendre sensible l'indéfinissable charme de Paris, Achener qui dessine sur son carnet des croquis pour ce petit livre font partie du paysage aussi bien que les péniches sur la Seine, la tour de Saint- Gervais et l'hôtel de Lauzun.

Hôtel Lambert.

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LE FLEUVE

Un cri traverse l'heureux et mol abandon des choses et des gens, un cri strident, passionné. Tout ce grouillement court se rassembler, se masser avec des remous sous la grande arche du Pont-Marie dont le parapet, à cet endroit, se garnit en un clin d'oeil^ comme par enchantement, d'une brochette de curieux. Un noyé! Aussitôt la Seine paresseuse, riante, le fleuve des canotiers et des pêcheurs à la ligne se transforme à mes yeux en une sorte de Styx emportant vers le noir oubli la souffrance cachée de ce Paris qui s'efforce de sourire. Est-ce le soir qui tombe, départageant la lumière et l'ombre entre l'une et l'autre rive, ou la révélation subite de la douleur insoupçonnée dans cette grâce adorable? Les murailles semblent se hausser, elles se divisent en masses hvides ou opaques, encaissant l'eau avec rigidité et la conduisant vers un destin fatal. Il a suffi d'un cri humain, d'une nuance au ciel, pour que s'avoue pudiquement, une minute, l'âme versatile et changeante de la ville.

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