‹ Paysages et marinesChapitre 18 sur 20 · LA MER · texte numérisé non relu

LA MER

soleil. Au large filent les voiliers, et les steamers géants empanachés de fumée; en l’air glissent de blancs nuages et des légions d’ailes voyageuses fendent l’espace avec des cris joyeux.

Sur la plage, les dunes mouvantes, les roches escarpées, les riantes falaises d’où l’on découvre au loin ; sur l’eau, les îlots et les barques.

Sur le port, à terre, marins et pêcheurs animent le tableau.

Tantôt la tempête mugit ; les vagues se soulèvent en montagnes écumantes qui s’entre-choquent et se brisent avec un bruit d’enfer; dans le ciel obscurci courent des nuées noires, qu’entraînent les vents déchaînés et que la foudre en éclatant déchire...

Dans ces scènes variées mais toutes pittoresques, le peintre a l’embarras du choix.

Croquis monochromes. — Supposons qu’un port de mer , dont la localité et les travaux ont toujours quelque chose d’assez fixe, lui aura fourni le sujet d’une composition, dont il a d’abord dessiné l’ensemble, d’après les règles établies.

Quand il se sera assuré de la bonne disposition des groupes, l’intention donnée à chacune des figures par le secours du contour et du dessin, il fera bien d’achever successivement les croquis ombrés de la même scène, l’un le matin, l’autre à midi, et un troisième le soir.

Ces diverses esquisses lui feront observer non seulement la différence d’aspect que le changement du jour donne à la partie matérielle du tableau

MARINES

mais il remarquera encore que le degré d’activité et par conséquent les attitudes particulières de chaque personnage varient selon la fraîcheur ou la la chaleur du jour pendant l’été, ou qu’ils sont bien autrement modifiés par le froid de l’hiver et le temps de pluie qui retardent les mouvements du corps et forcent les gens à se vêtir plus sérieusement.

Lumières et ombres. — Pour déterminer comme il faut la disposition générale de la lumière, des demi-teintesetdesombres, il marquera du premier coup de pinceau non pas l’endroit qui est frappé de la lumière la plus vive, mais celui qui en reçoit en quantité plus grande.

Il fera les observations inverses et analogues au sujet de l’ombre, et ce ne sera pas non plus l’ombre la plus intense qu’il saisira d’abord, mais la plus grande, la plus large, celle enfin qui par l’étendue de sa masse se distingue sensiblement du tout clair par son tout brun.

Dans les effets en plein air, comme celui dont il est question, on portera une attention particulière au ciel.

Fût-il pur, bien que très lumineux, cependant, vers le matin ou le soir, tous les objets situés verticalement recevant les rayons obliques du soleil, paraîtront, dans leurs parties éclairées, plus brillants que le ciel; à midi, au contraire, les rayons du soleil tombant dans une direction plus rapprochée de la verticale, produiront plus de demi-teintes sur les objets éclairés qui couvrent la terre, et la

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