ESQUISSES COLORIÉES
masse teintée des objets terrestres le cédera en clarté à la masse du ciel inondé de lumière.
Après avoir établi les trois grands rapports des masses de lumière , de demi-teintes et d 'ombres, on pourra s’occuper des détails.
Ainsi, dans les parties claires on déterminera vigoureusement les ombres portées ; dans les ombres et les demi-teintes, les bruns les plus intenses comme les trous, les cavités et renfoncements, etc. en allant toujours de l’ensemble, au détail comme nous l’avons dit.
Par ce moyen, l’artiste en comparant ses trois croquis dessinés d’après nature, jugera par luimême quels sont l’instant du jour et la disposition de lumière qui favorisent le mieux le développement du lieu où se passe la scène, de la scène elle-même et des principaux détails qui peuvent la faire comprendre et la caractérisent.
Esquisses coloriées. - — Ce n’est qu’après avoir exécuté bon nombre de ces esquisses monochromes (voyez ci-dessus), où l’artiste n’a à s’occuper que du dessin et du modelé de l’ensemble de la composition, qu’il pourra entreprendre des esquisses coloriées d’après nature.
Alors, reprenant son sujetc’est-à-dire après avoir construit son port avec tout ce que l’art du dessin et du modelé peut donner de résultats certains pour rendre le contour, la saillie et la position réciproque des objets entre eux, il pensera à exprimer la différence et l’harmonie des couleurs qui les unit et les distingue.
MARINES
Harmonie des couleurs. — Pour arriver promptement et sûrement à l’effet ci-dessus, il faut s’habituer à observer les différents tons principaux dont la couleur éclatante se reproduit le plus souvent dans les détails de la composition et de comparer leur intensité.
On aura soin seulement de faire cette comparaison en ayant égard, d’une part, aux couleurs respectives de ces tons, de l’autre, à l’altération que ces couleurs identiquement les mêmes peuvent recevoir de la couche plus ou moins épaisse d’air atmosphérique qui s’interpose entre elle et l’œil du spectateur.
Par cette double précaution, on reconnaîtra, par exemple, l’intensité réelle ou relative des jaunes , des rouges , ou des bleus.
Si l’on aperçoit des vêtements jaunes de nuances différentes sur la même place du tableau, on exprime par le ton préparé sur la palette le rapport et la différence réels qu’il y a entre ces deux nuances de couleur.
De même s’il fallait peindre à tous les plans du tableau, depuis le premier jusqu’à l’horizon, une draperié ou tout autre décor écarlate on serait obligé de mitiger successivement la couleur réelle du décor écarlate, pour imiter les diverses apparences qu’il prend à mesure que' son intensité s’altère de plus en plus par la quantité d’air atmosphérique qui le voile à nos yeux.
Ces recommandations s’adressent aux dessina-