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LA BELLE NATURE

stalle commodément et dresse sa tente, c’est-à-dire son parasol, solidement planté et amarré par des cordes à quelque branche d’arbre, à une roche, un pan de mur, une haie ou tout autre support.

La belle Nature.

La Nature, en peinture et en sculpture, s’entend de tous les objets visibles et susceptibles d’être représentés.

Or, ce n’est pas assez d’imiter la Nature de point en point, il faut le faire avec discernement, et n’en prendre que ce qu’elle a de plus beau et de plus parfait : elle est le modèle et l’arbitre souverain de l’art; mais elle a parfois des défauts que l’artiste doit savoir corriger, et n’en point laisser échapper les beautés fuyantes et passagères.

Les œuvres des anciens ne servent de modèles aux modernes que parce qu’ils sont faits avec un goût, un choix, une élégance et une perfection que la nature ne paraît pas avoir surpassés.

Il ne faut cependant pas être si fort attaché à la fidélité quand même , des tableaux naturels, que l’on ne donne rien à ses études, ni à son génie. Le nu, les drapèries feraient souvent un fort mauvais effet, sur l’œil des spectateurs, si l’on ne leur donnait un certain tour qui corrige ce qu’il peut y avoir de dur et de sec dans l’objet qu’on copie : c’est ce qu’on appelle flatter la nature.

Par malheur beaucoup de peintres voient toujours la Nature telle qu’ils ont appris à la peindre, et chacun selon sa manière.

LE PAYSAGISTE EN CAMPAGNE

Il est donc important de suivre les avis d’un bon maître, et surtout de n’épouser aucune manière, parce que la Nature n’en a pas.

Séances préliminaires.

Dans l’étude et l’exercice de l’art, l’instinct et la sagacité des sens font concevoir rapidement mille secrets de la nature que nous n’apprendrions que très imparfaitement par la science.

Aussi la faculté innée de l’observation instruc-' tive et réfléchie est-elle une qualité inhérente à tout homme réellement créé pour être peintre.

Sans s’en tenir à l’étude régulière et quelquefois un peu pénible que l’on fait dans l’atelier du professeur, il faut chercher à devenir son propre maître et s’imposer des problèmes à résoudre.

On doit avoir toujours le crayon à la main, et toutes les réflexions générales que l’on peut faire doivent se résoudre en un croquis ou un dessin qui prouve que l’on a trouvé un résultat.

Par exemple, après avoir dessiné à l’école, des ciels, des eaux, des arbres, des fabriques, le jeune élève fera bien d’aller faire une promenade à la campagne pour se distraire. V

Il part le matin et revient le soir. L’esprit plein des difficultés que lui a données l’imitation des dessins et tableaux classiques, avec quelle facilité ne saisirait-il pas les effets de la lumière et de la projection des ombres sur des terrains dont les formes irrégulières ont quelque chose de rudement taillé dans leurs détails, ce qui rend les op-

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