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PAYSAGE D’APRÈS NATURE

Supposons, par exemple, qu’au premier plan se trouve un animal ou un paysan de la taille de lm, 70, il ne pourra être dessiné dans de bonnes conditions que si on le voit à 4 mètres au moins de distance, sinon l’on s’exposerait à commettre de choquantes déformations ; au contraire, il n’y aurait aucun inconvénient à l’observer encore de plus loin.

La même loi s’impose s’il s’agit d’une fabrique, d’un arbre, etc.

Il est vrai que certains édifices sont situés et entourés parfois de telle sorte que l’application du principe offre quelque difficulté.

On a recours alors aux règles de la perspective et nous engageons le lecteur à consulter notre traité spécial pour l’hypothèse dont nous parlons.

La ligne d’horizon. — Placé à distance convenable, on détermine tout d’abord la ligne d’horizon,, c’est-à-dire celle qui est à la hauteur de nos yeux en regardant directement en face de nous.

Cette ligne s’élève ou s’abaisse naturellement suivant que la tête de l’opérateur se trouve plus haut ou plus bas.

Il est bien entendu que cette ligne est fictive et ne sert qu’à déterminer l’intersection du plan vertical et du plan horizontal , ce dernier se trouvant à la hauteur de l’œil qui regarde.

La détermination de cette ligne est essentielle, car la plupart des autres lignes du dessin lui sont soumises . ainsi toutes les lignes horizontales doivent aboutir à l’horizon ou lui être parallèles ;

LE PAYSAGISTE EN CAMPAGNE

et quel que soit leur nombre, toutes ces lignes qui sont horizontales et parallèles doivent arriver au même point.

Une fois adoptée, la ligne d’horizon règle toute l’opération, et pour qu’elle ne varie pas, il suffit de tenir la tête ou les yeux toujours à la même hauteur. Nous ne voulons pas dire qu’il faille se planter comme un conscrit devant son caporal, mais que les yeux soient dans cette condition à chacun des moments où l’on interroge la nature ; car chaque déplacement de la tête et des yeux nous montre les objets sous un aspect différent, ce qui rend impossible leur représentation identique.

Faute de se conformer au dit principe, de conserver un point de vue unique jusqu’à l’achèvement du dessin, on n’obtiendrait que des effets baroques et disparates, on doit regarder la nature, comme si on ne la voyait qu’avec un œil à travers un petit trou.

Jusqu’à présent nous n’avons fait appel qu’à des procédés matériels et presque mécaniques, il en est d’autres qui réclament à la fois de l’intelligence, du tact et du goût.

Les convenances. — Nous avons, au chapitre ni, parlé de I’unité de sujet , de temps , de lieu, à' impression,, etc. qui s’impose à toute bonne composition : cette loi fondamentale de toute œuvre artistique, a son application aussi bien devant la nature réelle, que devant la nature idéale.

Voulant rendre par le dessin l’impression qu’on a éprouvée à première vue devant un site, on ne

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