UNE RÉSURRECTION
Autrefois, un pauvre arbre, au coin d'une prairie.
M'avait toujours frappé les yeux
Par son dénudé soucieux , Et par l'air écrasé de sa sommeillerie.
Or, après bien des ans, ce soir, je le retrouve.
Et, c'est un ébahissement
Tout mêlé d'attendrissement.
Gomme un trouble ravi qu'à son aspect j'éprouve.
Car, maintenant, pour l'œil, le serpent de la sève Qui tette les rameaux, les étouffe et s'y tord, Le gui, lui rend la vie en aggravant sa mort!
Et l'arbre repommé, débrouillasse d'ennuis, Gaillardement vert jaune, orgueilleux se relève. Semblant tout revèlu d'un feuillage de buis.
LA REMAillEE
Le corps prostitué de la veuve infidèle Est maudit chaque nuit par un spectre blafard Dont l'œillade ironique'et le baiser cafard Viennent la chatouiller comme un frôlement d'aile.
En tous lieux, et toujours, aux mois de Thirondelle,
A l'époque du givre, au temps du nénufar.
Le corps prostitué de la veuve inlidèle
Est maudit chaque nuit par un spectre blafard.
Son lit est assiégé comme une citadelle Par son premier mari, vivant pour son regard. Et Tanathème affreux du Revenant hagard Lancine, dès que Vautre a soufflé la chandelle. Le corps prostitué de la veuve infidèle.
PAYSAGES ET PAYSANS iY-J