AU PAYS BASQUE
Fontarabie.
Par une après-midi nuageuse, la façade haute et lisse, armoriée à un angle, de l’église renaissance se voyait diversement teintée, à une partie, de plaques légères de mousse d'un vert nouveau, frileux, en dessous, d'une coulée de roux presque ardent, puis de taches d’un brun violâtre. Teintes se fondant, faisant rêver à de la sardonyx. Dans cette régularité des pierres rien d'uniforme. La blancheur du mur se cendrait en des variantes isabelle et lilasenvoilées comme sous des souffles.
Irun.
Dans l’église, à l'extérieur de fort, en contrebas, nous percevions en entrant un vide accru par les
hautes, grosses colonnes jaunes unies, reléguées dans les côtés. Sous la tribune très avançante il se renfonce, les confessionnaux s’y accusent plus enfermants; là, surune marche d’autel, une femme au teint déjauni sans encore blanchir remuait les lèvres, gardait durement une posture fervente, sous la clignante lueur d’une veilleuse sacrée devant une statuette de cire peinte. Derrière le maître-autel, les reflets salis d'un grand rétable d'or. Jour de cierge de cette église, marquant dès la frontière le rite espagnol. Et c'était un peu en nous l'impression d’un tableau qui serait ridicule, mais qu’on regarde parce qu'il est vieux.
Dans les rues en pente, les boutiques se terrent, les toits pleins, saillants, relevés, historiés arrêtent les regards. De sur une terrasse on voyait tout le golfe de Fontarabie calme et embrumé; un bel oranger, le seul dans le pays, étonnait d’être chargé de ses fruits mûrs.