CHAPITRE I Salaires des paysans et domestiques (f S00-15S
Par quel moyen peut être amélioré le sort des classes laborieuses. — Le témoignage du passé, en ces matières, mérite d'être entendu. — L'histoire des salaires est proprement l'his toire de la « question sociale ». — Distinction entre la civilisation morale et le bien-être matériel. — Le serf du moyen âge, comparé à cet égard au sujet de l'ancien régime et à l'ouvrier libre d'aujourd'hui 2
Valeur de la journée du manœuvre, mesure universellement admise du prix de travail. — Au xii' siècle, peu de domestiques indépendants, peu de laboureurs ou d'ouvriers payés en argent. — Services fieiïés; le féodalisme a tout envahi. — Les contrats de ce genre sont résiliés plus tard; le mouvement continuel des prix empêchait ces salaires immuables de satisfaire longtemps les seigneurs et les vassaux. — Le travail fielTé est alors très largement rémunéré. — La terre qui en forme le prix a déjà augmenté depuis la concession originaire 7
Le travail libre est lui-môme bien payé au xiu* siècle. — Gages des moissonneurs, laboureurs, vendangeurs et des manœuvres de toutes catégories, dans les diverses provinces. — Salaires au xiv* siècle jusqu'à 1375, par rapport à ce qu'ils sont de nos jours. — Traitement des journalières nourries et non nourries aux mêmes dates. — Ce qui serait advenu des salaires
376 TABLE DES xMATIÈRES
au xiV siècle, sans la guerre de Cent Ans. — Hausse considérable des prix du travail des deux sexes au xv« siècle, à mesure que le pays se dépeuple. — Rétribution des ouvriers agricoles de 1376 à 1525. — Paye des journalières. — Le nombre des journées de travail n'était, au moyen âge, que de 250 par an. — Une preuve de ce fait est tirée de la comparaison du salaire quotidien des manœuvres nourris avec les gages annuels des domestiques de ferme. — Rapport qui a dû exister de tout temps entre ces deux rémunérations 11
Gages des domestiques à la campagne : charretiers, valets de charrue, porchers, bergers, etc., de 1200 à 1525. — Ils s'habillent à leurs frais, ainsi que de nos jours. — Domesticité des enfants au xv' siècle. — Comparaison des salaires moyens du journalier et du serviteur rural de 1200 à 1525, avec leur salaire de 1899. — De 1476 à 1525 la situation du premier est pécuniairement meilleure qu'elle n'est aujourd'hui; celle du second est presque aussi bonne. — Gages du domestique citadin, ou attaché à la personne de son maître. — Il est moins payé que celui des champs, si l'on excepte les valets de chambre des seigneurs, et les emplois spéciaux de cuisinier, cocher, forestier, portier, etc 18
Traitement des domestiques femmes à la campagne et à la ville : chambrières, filles de basse-cour, femmes de ménage» cuisinières, nourrices. — Ces gages suivent les mêmes fluctualions que ceux des hommes. — Comparaison de ceux de la servante avec ceux de la journalière nourrie; ces derniers sont proportionnellement beaucoup plus élevés. — Rapprochés de leurs appointements actuels, ceux des servantes des xiv* et XV* siècles sont inférieurs de moitié et d'un tiers. — Rapport très variable du salaire des hommes à celui des femmes, de i 200 à 1600 22