S LE LAC DES SAUMONS
— J'y suis venu pour assister à l'ouverture de la législature. J'ai fait mon travail de reporter, et me voici en vacances pour huit jours.
— Ah! tant mieux I dans ce cas je ne vous quitte pas, et je vous emmène ce soir à mon cottage des Highlands, à mon akooling-box.
— Ce n'est pas de refus; j'accepte, nous causerons de nos courses aux prairies et nous chasserons ensemble, si cela vous convient.
— Tout cela se fera ; mais dans fietle saison, si vous !e voulez bien, nous pécherons plutôt que nous ne chasserons.
— Soit! j'y consens, et je me lie à vous pour oi^aniser à mon endroit un sport impérial.
— Laissez-moi faire , vous serez content. Un mol encore , avez-vous fini vos affaires? Êtes-vous libre de partir celle après-midi, de façon à être débarqué vers deux heures â mon tanding de Stony-Point?
— Je me tiens à vos ordres, et ne vous demande que le lemps de payer ma note d'hôtel et de boucler ma valise.
— AU right. Nous partons à cinq heures, et sur ce, mon cher Bénédict, vaquez à vos affaires; moi, je vais songer aux miennes. Le rendez-vous est dans le bureau de l'h6tel. C'est convenu. «
Mead me quitta, après avoir replacé son couteau fermé dans sa poche, et je ne le revis plus qu'à l'heure désignée. Il se tenait près du bar-room, vêtu d'une peau de bique. Son chapeau de guerrillero sur le coin de l'oreille , debout , un verre à la main, humant un shcrrj'-cobbler auquel tenait compagnie un autre verre rempli de la même boisson hygiénique, préparé d'avance à mon intention.
« Très-bien! s'écria-t-il en m'apercevanl, fidèle au rendez-vous. J'aime cela! Allons, avalez ce nectar, et en route. »
Ce qui fut dit fut fait; nous montâmes un instant après dans l'omnibus de l'hôtel, qui nous conduisit au sleamboat
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LE LAC DES SAUMOS.-i îlfi
à bord duquel nous devions descendit; l'Iludsoii jusijua Stony-Poinl.
Le chemin que j'ai décrit en remonlant le fleuve gêani des États-Unis , nous le suivîmes de nouveau en le descendant; et, à deux heures du matin, l'avertisseur de la maison flottante sonnait la cloche , en criant à haute el intelligible voix sur le pont el dans toules les chambres de l'entrepont du steamboat : Passenger;i for Slony-Point, on Ihe deck !
La nuit était ngire; mais, grâce aux lanternes du bateau à vapeur el aux torches allumées par le fet'ryman de Stony- Point, nous mîmes pied h terre sons qu'il nous arrivai malheur.
« Maintenant, mon cher camarade, me dit mon ami Mcad, je vais vous conduire à Eagle-Tavern , où nous nous coucherons jusqu'au lever de l'aurore. Les chemins que noua devons suivre pour arriver à ma cabane de chasse et de pêche ne sont pas assez beaux pour que nous nous y aventurions la nuit. Venez, suivez-moi. <•
Et il me- conduisit, en effet, jusqu'à la porte d'une taverne très -confortable où on logeait à pied et à cheval, el dont l'hôte se montra très^racieux pour les deux voyageure. Je dois dire que Mead comptait parmi ses commensaux les plus assidus.
. Les draps de mon lit étaient fort blancs , les matelas trèsdoux; aussi je m'abandonnai promptement aux sensations délicieuses d'un sommeil exempt de tout reproche de conscience, heureux de. vivre et de me sentir vivre. A cinc] heures du matin, mon camarade fut obligé de me secouer vivement pour m'arracher à cette béatitude.
B Debout, paresseux! allons! Je vous donne dix minutes, et en route. »
J'ai pour habitude en voyage de ne point écouter ma paresse, et je répondis à l'appel de Mead en sautant à bas du lit , en me débarbouillant vivement le visage , et en me lavant les mains à la hàle. Cinq minutes après j'étais devant
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