I.K SERPENT DE MRH
Imnché un des bras du polype. Cel appendice monstrueux mesurait trois mètres et demi de long, et sa grosseur était celle du corps d'un homme. J'ai vu ce curieux spécimen d'histoire naturelle dans le muséum de M. Bamum,à New- York , où il est contenu , racorni et replié sur lui-même, dans un énorme bocal rempli d'alcoo).
S'il faut en croire un ex-voto qui subsiste dans la chapelle de Notre-Dame-de-la-Garde , à Marseille, et que j'ai vu dernièrement encore appendu contre une des parois de l'enceinte vénérée, des marins furent attaqués, sur la côte <le la Caroline du Nord, par un kraken; qui, se cramponnant aux mâts du bâtiment, s'efforçait de l'attirer à lui et' de l'entraîner au fond de la mer. Il y serait par\'cnu si les marins n'avaient pas réussi à couper un de ses bras.
Si nous remontons plus loin dans les âges , nous trouvons dans Pline la description d'un énorme poisson tué sur les côtes d'Espagne, qui pesait, assure-t-il , plus de sept mille livres, et avait des bras si gros et si longs, qu'un homme ne pouvait pas en embrasser la circonférence. La conformité de ces récits anciens avec ceux d'époques postérieures ne permet pas de mettre en doute l'existence de. cet animal , dont la grosseur est antédiluvienne. 11 n'y a donc plus à se poser que cette question : Les témoins de ces rencontres du kraken n'onl-ils point exagéré? La peur terrifiante produite par celte vue n'a-l-elle pas fait ouvrir démesurément les yeux aux marins qui se trouvaient en présence du monstre? L'horreur n'a-t-elle pas troublé le jugement du spectateur en lui faisant, prendre des centimètres pour des mètres? Ce serait l'effet des bâtons flottants, qui « de loin sont quelque chose et de près ne soni rien ».
Mais non ! tout cela est bien vrai ; tous ces récils no sont point des contes à plaisir. De nos jours les savants reconnaissent l'existence du kraken; seulement ils ont doté le monstre marin d'un nom scientifique : cela s'appelle un céphalopode.
Sgî LE SERPENT DE HER
Qu'on se figure un sacmusculeux, cpaîs, mollasse, visqueux, sphérique chez les uns, cylindrique ou en fuseau chez les autres , et de couleurs changeantes comme le caméléon, contenant des oignes de respiration aquatique, un appareil circulatoire, un tube digestif, y compris un estomac com'pàrahle au gésier des oiseaux; qu'on place sur ce sac une tête ronde munie de deux gros yeux situés latéralement, entre lesquels déhouche un petit tube représentant non pas le nez, mais l'anus; sur le sommet et au milieu de cette tête placez une bouche formée d'une lèvre circulaire, armée de deux mâchoires verticales cornées (un véritable bec de perroquet), et garnie à l'intérieur d'une langue hérissée de pointes cornées; tout autour de cette bouche, implantez une couronne d'appendices charnus, souples, vigoureux, rétractiles, quelquefois beaucoup plus longs que le corps, et le plus souvent armés sur leur face interne de deux rangs de suçoirs : vous aurez une idée approximative des céphalopodes, ainsi nommés depuis Cuvier, parce qu'ils ont les pieds sur la tête; car les appendices qu'on vient de décrire sont des pieds ou des bras, comme on voudra, vu qu'ils servent indifféremment à la préhension et à la locomotion.
Les céphalopodes sont des mollusques du plus haut rang. Les ganglions nerveux, groupés autour de l'œsophage, dans leur tète percée de haut en bas, tendent à se confondre en une seule masse, ce qui est un trait de ressemblance avec ,les animaux vertébrés; cet infime cerveau est protégé par un cartilage, riidiment de squelette, sur lequel s'insèrent les principaux muscles; la circulation a du rapport avec celle des jtoissons; chez quelques-uns, les yeux sont presque des yeux de vertébrés; chez tous, les sexes sont séparés, etc. Ces caractères leur assignent le premier rang parmi les mollusques. La noblesse d'une origine antique ne leur manque pas davantage : ils datent, sur le globe, des premiers temps de la vie.
Tous sont marins et carnassiers; les uns habitent la haute
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