LE SERPENT DE HER 2S
chargés, un nœud coulant disposé, des harpons préparés. Malheureusement une forte houle qui imprimait à l'Aleclon, dès qu'elle le prenait en travers, des roulis désordonnés, ggnait les évolutions , en même temps que l'animal , quoiqm: presque toujours à fleur d'eau, se déplaçait avec une sorte d'intelligence, et semblait vouloir éviter le liavire; mais celui-ci le suivait toujours.
Aux premières balles qu'on lui envoya, le monstre plongea, passa sous le navire, et ne larda pas à reparaître à l'autre bord en agitant ses grands bras. On le frappa d'urne dizaine de balles. Plusieurs le traversèrent inutilement. L'une d'elles produisit plus d'effet; car il vomît aussitôt um^ grande quantité d'écume et de sang mêlé à des matières gluantes qui répandirent une forte odeur de musc.
Ce fut alors qu'on parvint à Vaccoster d'assez près pour lui lancer le harpon avec un nœud coulant; mais la corde glissa le long du corps élastique du mollusque, et ne s'arrêta que vers l'extrémité, à l'endroit des deux nageoires. On tenta de le hisser à bord. Déjà la plus grande partit! du corps se trouvait hors de l'eau, quand l'énorme poids de cette masse fit pénétrer le nœud coulant dans les chairs et sépara la partie postérieure, qui, amenée à bord, pesait une vingtaine de kilogrammes. ,
Officiers et matelots demandèrent au commandant de l'Aleclon à faire amener un canot , pour aller garrotter de nouveau l'animal et l'amener le long du bord. On y sérail peut-être par\'enu; mais le capitaine craignit que, dans cette rencontre corps â corps , le monstre ne lançât ses longs bras armés de ventouses sur les bords du canot, ne le fît chavirer et n'étouffât peut-être quelques matelots avec ses fouets redoutables.
Il ne crut pas devoir exposer la vie de ses hommes pour satisfaire à un sentiment de curiosité, cette curiosité eûtelle la science pour base, et, malgré la fièvre ardente qui accompagne une pareille chasse, il dut abandonner l'animal mutilé, qui, par une sorte d'instinct, semblait fuir avec
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