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soin le navire, plongeait et passait d'un bord à l'autre quand
on cherchait à l'aborder.
Celte poursuite n'a pas duré moins de trois heures.
J 'ajouterai encore que les céphalopodesne sont pas les seuls monstres marins qui attaquent l'homme et poursuivent les embarcations.
Certains journaux ont parlé d'une nouvelle espèce de poisson , armé ou orné de bras comparables aux bras humains , qui aurait été découvert par M. Onfroy de Thoron, dans le Pacifique, à six ou sept milles du rivage; ce monstre marin s'éleva lentement du fond de la mer et vint se placer à côlé de l'embarcation (une baleinière). Sur l'ordre de M. Onfroy, on cessa de ramer, et celui-ci -s'arma d'un sabre, pour se tenir prêt à la défense, en cas d'attaque de ce singulier animal.
a Monsieur, c'est la Mania, lui dit le pilote; si elle se
saisit de l'embarcation , coupez-lui les mains. » Voici, d'après M. l'abbé Moigno, le signalement de cet am-
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phibien. Ses bras étaienl blancs et longs d'environ un mètre et demi; mais ils étaient très-grêles, comparativement à leur longueur et à l'ampleur de son corps; en outre, ils étaient articulés comme les nôtres, c'est-à-dire au poignet, vers leur milieu , mais d'une Taçon plus arrondie que notre coude, et à la naissance de l'épaule. Ses mains, petites et légèrement recourbées , loin d'être blanches , avaient une couleur de vieux parchemin, ce qui leur donnait l'air de mains sales , et ses doigts , eftilés et mal accusés , étaient probablement palmés; mais M. Onfroy ne put s'en assurer, parce que l'animal les tenait collés les uns aux autres. La tête de la Manta était aplatie dans le sens horizontal; elle était de forme triangulaire, et allait en s'évasant de plus en plus vers les épaules; enfin à la base elle avait plus de deux pieds de lai^ur, et sa gueule, qu'elle tenait fermée, avait toute l'amplitude de la tète; son corps, qui n'avait que quelques centimètres d'épaisseur, avait plus de quatre pieds de lat^e, et son dos était plat, d'une largeur uniforme, au moins quant à la portion visible hors de l'eau, laquelle mesurait environ trois mètres de long.
La Manta resta pendant quelques minutes la tête hors de l'eau, le regard fixé sur M. Onfroy, un bras étendu sur l'eau et l'autre un peu plus élevé, et comme disposé à saisir l'embarcation.
M. Onfroy, durant ce temps, tenait toujours le sabre levé, prêt à frapper. Mais l'animal jugea prudent de se retirer; ce qu'il fit lentement, en se laissant descendre au fond de l'eau, sans faire un seul mouvement.
M. Onfroy signale à l'Académie des sciences le nouvel amphibie , et réclame la priorité de la découverte. — Rien de plus juste s'il s'agit d'un animal autre que l'Ange de mer, avec lequel la Manta offre de singuliers points de ressemblance, si nous eri croyons la description ci-dessus et une figure de l'ange marin , que nous avons entre les mains. ■
Moi qui vous parle, ami lecteur, j'ai souvent interrogé de vieux pêcheurs canadiens au sujet des céphalopodes, et
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ils m'ont déclaré avoir vu plusieurs fois, vers la haute mer, de grands calmars rougeâtres de deux mètres et plus de long, dont ils n'avaient osé s'emparer.
En résumé , on ne saurait nier que la mer ne renferme' des secrets sans nombre dans ses vallées incommensurables. Ce serpent de mer, qui parait et disparait plusieurs fois par an , et dont on décrit la forme comme ressemblant à celli^ d'une quantité de tonneaux liés à la suite les uns des autres , ne serait-ce pas un kraken , un céphalopode? Qui ne ne se souvient des sirènes ', moitié femmes, moitié p
> Comme on le sait, ou comme on ne lo sait pas, la femme marine b:' ilivise en deux classes :
La sirène et la néréide.
La sirène , c'est le monstre antique, à tète de femme et à queue de poisson. Ce sont les filles de ParthéDope.de LigéeeldeLeucosie. S'il faut en i;[\>ire les auteurs du xvi*, du xvir el même du xviii* siècle, les sirènes ue sont point rares. Le capitaine anglais John Smith vit en 161'i , dans la Nouvelle-Anglelerreet aui Indes occidentales, une sirène aysnl la parlit supérieure du corps parfaitemenl semblable à celle d'une femme. Elle nageait avec toute la grâce possible , lorsqu'il l'aperjut au bord de la mer. Ses yeuï grands, quoiqu'un peu ronds, son nez bien fait, quoiqu'un peu camus, ses oreilles d'une jolie forme, quoiqu'un peu longues, eu faisaient une personne fort agréable , à laquelle de longs cheveux verts donnaient un caractère d'élrangetè qui n'était pas sans charmes. En ce moment la baigneuse fit la culbute, et le capitaine John Smith s'aperçut qu'à partir du milieu du corps cette femme devenait un poisson ayant une double queue aux lieu el place des jambes.
Le docteur Kircher conslate,dans un rapport scjentîn que, qu'une sirènr fut prise dans le Zuyderzée , et disséquée à Leyde par le professeur Pierrt- Paw; el, dans le même rapport, il parle d'une sirène qui fut trouvée en Danemark , et qui apprit à filer et à prédire l'avenir. Cette sirène avail une longue chevelure, formée non de poils, mais de fliels charnus. Elle avait le visage agréable, les bras plus longs que ceux des hommes, les doigts des mains joints par un cartilage en forme de pattes d'oie, la peau couverte d'écaillés si blanches et si fines, que de loin on pouvait les prendre pour une peau blanche el grasse. Elle racontait que tritons el sirènes forment une population sous-marine qui, tenant pour l'adresse du singe et du castor, se construisent, dans des lieux inaccessibles aux plongeurs, des grottes de rocailles, où ils étendent des Mis de sable sur lesquels ils se reposent ,