LE SERPENT DE MEK 3B
qui , réputées comme fables , sont pourtant de nos jours à moitié avouées, surtout si l'on ajoute foi à la description qu'un célèbre navigateur anglais, Geoi^s Anson, nous fait de ce poisson des îles Philippines, nommé pere-mujer [presque femme), par tes Espagnols, et qu'il assure ressen>bler en tous points, sauf léchant, aux sirènes des anciens? Suivant Anson , ces poissons ont une très-grande force , et pour les prendre les naturels emploient des filets dont la corde est de la grosseur du petit doigt , lorsqu'ils ne les tuent pas à coups de flèches.
Jean-Philippe AbelinuE rapporte, dans le pretnierTolume de eod Thédlre de l'Europe, qu'en l'an 1619, des conseillera du roi de Danemark naviguant de la Norwëge à Copenhague virent un homme marin se promenant dans la mer et portant uns botte d'herbes sur sa lèle. On lui jeta un appât qui cachait un hamejon. L'homme marin se laissa prendre au morceau de lard, y mordit, et fut attiré à bord du Taisscau. Mais i peine ful-il SUT le pont, qu'il se mit A parler le plus pur danois et i menacer le bâtiment de sa perte. Aux premières paroles qu'il pranonja, les matelots, comme on te pense bien, furent fort étonnés; mais quand des simples paroles il passa aux menaces, leur étonnement se changea en ëpouvaule. Ils se hâtèrent de rejeter l'homme marin A la mer en lui faJBanl toutes sortes d'excuses.
Il est vrai que, comme c'est le seul exemple d'homme marin qui ait parlé, les commentaires d'Abelînus prétendent que ce n'était point un triton, mais un spectre.
Jobnston raconte qu'eu 1403 on prit une femme marine dans un lac de Hollande où elle avait été jetée par la mer. Elle se laissa habiller, s'accoutuma à manger du pain et du lait , apprit i filer, mais resta muette.
Enfin , pour finir comme un feu d'artifice , c'est-à-dire par le bouquet , Dimas Bosque, médecin du vice-roi de l'Ile de Manara, raconte, dans une lettre insérée à VHiatoire d'Aiie de Barlhole, qu'étant à se promener au bord de la mer avec un jésuite, une troupe de pêcheurs vint tout courant inviter le père à entrer dans leur barque pour voir un prodige. Le père se rendit à celte invitation , et Dimas Bosque l'accompagna.
Dans cette barque se trouvaient seize poissons à figure humaine, neuf femelles et sept mâles, que les pécheurs venaient de prendre d'un seul coup de fllel. On les tira sur le rivage et on les examina minutieusement. Leurs oreilles étaient éminentes comme les nôtres, cartilagineuses et couvertes d'une peau mince. Leurs yeui étaient semblables aui nôtres par la couleur, la forme et la situation ; ils étaient enfermés dans des orbites
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