Dé t'éducatiwy p. 174 et striv
LB DEYOIfi 295
ce sont lêkdes ea« extrêmes; mais, si extrêmes qa*ils soient, ils sont les types des sentiments et des procédés qu'on observe tous les jours dans beaucoup de familles. Qui n'a pas vu bien des fois un enfant être claqué par une bonne ou par des parentsy à cause de sa maussaderie^ maussaderie dont sa santé est proba* blement la cause? Qui n'a pas entendu une mère, quand elle ramasse brusquement un pauvre petit tombé par twre, l'appeler petit sot, SI»* an ton d^irascibilité qui présage pour tout le temps de son enfance une suite sans fin d*aigres réprimandes? £t le ton dur sur lequel un père ordonne à son ôls de se tenir tranquille ne montre-lril pas combien il est loin d'entrer dans sa manière de sentir?... La vérité est que les difficultés de Tédncation morale ont une double origine, et qu'elles proviennent à la fois des parents et des enfants. Le^ défauts des enfants sont le reflet des défauts des parents. »
Si les parents seuls sont en cause dans l'éducation de la pe« tite enfance, l'école a k compter avec les dispositions qui en résultent, et, bien avant l'école, la salle d'asile, qui est presque la famille, qui la remplace . Quiconque élève des enfants doit donc être initié aux- travers possibles de cette première édu- ^tidn, afin d'y obvier autant qu'il se peut et de ne pas tomber soi-même dans des travers sinon semblables^ du moins analogues. En thèse générale, n'est-il pas vrai de dire que les défauts des écoliers sont souvent aussi le reflet de ceux de leurs maîtres? Ne peutron pas demander quelle éducation morale sont capables de donner un instituteur négligent^ mécontent^ sans goût pour son métier, une institutrice impatiente, nerveuse, irritairfe, distraite par d'autres préoccupations? Et, sans aller si loin, n'y en a-t-il pas dams l'un et l'autre sexe qui, avec les meilleures intentions du monde, manquent d'ordre, de tenue, de sang'ffoid, de dignité? Qi»conque est en présence des enfants prêche d'exemple^ qu'il le veuille ou non; or, les défauts s'imitent bien plus facilenïmt qm» le» Qualité»*
Du devoir naissent les devoirs. L*obligation d'obéir à la loi morale s'appliquant, dans chacune des circonstanciés particu-
lières de la vie, à chacun des actes que rhomme e^éciite en vertu de sa yolonté Jibre, en fait autant.de devoirs appropriés à ces circonstances.
La division la plus simple des devoirs est celie-d : devoirs de rhomme envers lui-même, envers ses semblables, envers Dieu.
Avons -nous donc des devoirs envers nous-mêmes? La réponse à cette question est implicitement renfermée dans chacun des chapitres de cette première partie. C'est demander à quoi sert Téducation et pourquoi on la tient à si haut prixr Avons-nous un corps pour le laisser dépérir, des muscles pour ne point agir, des jambes pour ne point marcher? Gela n'est pas plus absurbe que de demander si nous sommes doués de sensibilité, de raison, de volonté pour n*en point faire usage, et pour laisser s'éteindre en. notre âme le foyer des bons sentiments, des bonnes actions, de la vérité et de la moralité. Si l'éducation physique, intellectelle, morale^ est si nécessaire à Tenfant, ce n'est pas pour que l'homme fait perde tout souci de de son amélioration, de sa dignité, de sa destinée, quand il est devenu, grâce à l'éducation même, plus capable et plus responsable. Le devoir de l'enfant envers lui-môme est de se laisser élever, de se prêter à l'œuvre de l'éducation, d'y collaborer pa[ sa bonne volonté d'abord, par son effort personnel ensuite. Le devoir de l'homme fait est de continuer, en quelque soi^te, k s'élever lui-même.
Ne dédaignons pas le soin du corps. L'éducation des sens^ profitant à llntelligence, profite aussi au corps, en apprenant aux enfants ce qu'ils doivent savoir pour la conservation de^ leur propre existence et de leur santé. « La conservation de la santé est un de nos devoirs. Peu de gens semblent comprendre qu'il existe une chose dans le monde qu'on pourrait appeler lu moralité physique. Les actions et les paroles des hommes ina^ pliquent en général l'idée qu'il leur est loisible de traiter leur corps comme ils l'entendent. Les maux qu'ils s'attirent par leur rébellion contre les lois de la nature, ils les regardent comme des accidents plutôt que comme les effets de leur conduite plus ou moins vicieuse. La vérité est que tout préjudice porté volontairement à la santé est un péché physique ^. »