Gicéron, D$ larépublipu, yU; Des dwQirs, I
LE DEVOIR 30t
OU le conseil, à des plaisirs, à des excès, à des habitudes capables d'énerver l'énergie physique ou de paralyser Fén^gie morale,, de peryt^rtir la moraUté.
Oii comprend encore assez bien que mentir^ tromper le» hommes, c'est violer le droit, mais on ne voit plus aussi clair dès qu'il s'agit de la culture et de l'exercice de leur intelligence. Empêcher les hommes de s'instruii'o^ n'est-ce donc pas aussi violer le di*oit? Y a-t-il beaucoup de (animes plus sauvages que la destruction des bibliothèques? La pénalité au moyen âge était d'un effroyable raffinement : il y a des châtiments plus cruels, mais non pas plus odieux que celui qui consistait à fsdre brûler par la main du bourreau les livres dont on condamnait la doctrine. La liberté de la pensée est de droit naturel, et la liberté de conscience est une des formes de la liberté de penser. Elle ne consiste pas dans le droit intérieur de penser ce qu'on pense, mais dans le droit de manifester sa pensée. L'histoire de la civilisation n'est .pour ainsi dire pas autre chose que lliistoiro des luttes de la conscience contre toutes les oppressions; et,, pour l'honneur de Thumanité, le dernier mot reste à la conscience malgré les supplices, Iqs bâillons, les bûchers. Socrate meurt, mais la vérité qu'il a enseignée survit; les chrétiens sont jetés aux lions, mais le christianisme triomphe ; l'expulsion des Monsques a ruiné l'Espagne, la révocation de l'édit de Nantes a affaibli la France; les persécutions contre les philosophes n'ont pas empêché la Déclaration des droits de l'homme. C'est qu'on ne peut pas contraindre les âmes à renoncer au droit do la conscience. Nou^ sentons instinctement que la conscience est le moiy qu'y toucher c'est toucher à notre être lui-même. La liberté de penser n'est limitée dans son exercice extérieur quepar le droit d'autrui, comme toutes les autres libertés, qui s'arrêtent là où elles Compromettraient les libeii.es d'autrui et leur seraient nuisibles. Ainsi le droit d'exprimer librement sa pensée n'est pas identique avec le droit de prêcher, car toutes les situations sociales et politiques ne comportent pas le droit de transformer chaque borne en tribune aux harangues; ni avec le droit d'enseigner, car l'Etat, qui est à certains égards le tuteur des enfants, ne peut se dispenser de contrôler la moralité et la capacité de ceux qui enseignent; de plus,. le droit d'expi'imer librement sa pensée n'est pas le droit d'exprimer impunément une pensée
J(â ftDAÔOOtE
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La justice consiste donc principalement à ne pas faire de mmi, «t le# d«iroirs de justiee ont pour ce motif une formale négative. GOfidOie ils eitt ponr objet le respdet du droite la loi positive peut les sanetioAner ea établissant des peines contre leur trangprmlÂon. Cependant on se ferait une idée ifteooiplète de la justice, si on la renfermait ezclosivemènt dans ee rôle passif : quanié le droit a été violé, quand une injustice a été commise, il faut une réparation, la réparation est de droit; il y a donc une part d'action dans la justice. Il n'en est pas moins vrai que, restreinte ma respect du droît, la morale sociale ne remplirait pas tout son oëjet. La vie humaine suppose un pei^pétuel échangée de i)ons offices, parce ^e chacun à besoin de son semblable. Le i^e^ect du droit a quelque chose de restrictif, il tend à isoler rindividu, à le renfermer dans son moi, il ne doââè aucune Mtirfaction aux tendances expansives de ^la nature humaine. Mittet-^Gm les uns les autres : cette parole renferme les det^irs dits de cbarttè, le mot charité étant pris dans sôn âens étyttiologiqoe : Tamour , la tendresse mutuelle. G'è^f ee ^tt^eîprime la formule plus moderne et non moins exÀpté de la fraternité.
Won seulement il ne fatrt pas nuir* à nos semblables, mais il faut lês secourir; ne pas leur enlever leur bien, mais leur faire part du nMré; ne pas les tuer, mais les aider ai tivre. Et les aider k vivre, ce n'est pas uniquement leur procurer dtf pain -ou du travail pour en g'Agnéty l'homme ne vît pas seulement de iPain : c'est les aider à s'mstrutre, à s'écïéfirer, à se naoraliser, leur témoigner de l'intétét, de la bonté, de Festime. Vous jeté* ^elqne monnaie à un pantre sans le regarder, croyez-voas avoir un grand mérite? Croyez-vous que faumône d'une bonne parole, moins que cela, d'un bon regard, ne lui ferait pas phis de bien? On confond trop la charité arec l'aumône. C'e^t donner à cette catégorie de devoirs une portée trop limitée et se méprendre sur leur vrai caractère. Tout homme sert ses semblables, rien que par le bon usage qu'il fait de ses facultés,, de jes forces, de ses talents s'il en a. L'homme d'Etat, quf se