‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 114 sur 206 · I. 11. Iules SJffiott, U dévok, 4« partie, eh. S · texte numérisé non relu

I. 11. Iules SJffiott, U dévok, 4« partie, eh. S

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(ïônsacre an goQrernemeBt â*aii petipte^rend d'éektackts sérrkes; rindustriel qui, employaDt une légion d'oa^iers, se préoccupe de leur bien-être, de leur moTalilé, de leur instruction, fait son devoir tout en faisant ses alfatres ; le potroii, le fermier, le père de famille fait du bien, rien qn*en donnant autour de loi l'exemple do travail, de la probité, dç l'économie. La bienfaâs€m«e se dit plus partieulièrement d'un serriee rendu, d'un secours pfété; maie elte n*est qu'une des formes que peut rerètîr le devoir de charité.

Dans leur formule positive et large : ce Fais étt bien, » les devoirs de charité ne sont pas légalement exigible» eeœmê ce«x de jtts* •tîce, mais ils n'en sont pas moins obligartoirêe aux yeux de )a eon^ sdence. Les nns et les autres se eemplètent motuelUinent : le«r origine est la même, leur autorité est identique^ ils rendent raison de la nature humaine et de la destinée humaaie tout entière. La justice est la force de Tflme mise au senriee du droite la fraternité est la tendresse de l'âme mise également an service du drmi ^

La vie de l'école est bien propre à donner aux enfaale mi commencement d'instnictioû à cet égard, instroetioii toute pratique. Le précepte de Jostiee dans sa formule popniaive : « Ne fais pas à antrui ee que M ne voudrsés pas qu'on te fH à Unmême, » est facilement eomprie par eux. Leur it^iét est d'aeeord avec la loi; aussi cette formule n*est pa» la plus baste qu'onpmsse donner; elle n'indique pas suffisamment l'<^^g«tion du devoir pour le devoir, de la vertu pour la vertu, mais ici elle est suffisante. C'est par la pratique que l'enfauit apprend la morale et qu'il en vient à trouver dans sa conscience une mesnre fixe, qu'il doit appliquer aux autres, comme il veut qu'elle lui soit appliquée à loi- même : celle de la justice ou de Téquité naturelle. Lee leçons ne manquent pas de la part des élèves entre eux, pour leur suggérer cette- idée de justice; qu'un élève empêche un de ses ciauaciarades de s'amuser comme il l'entend sans nuire à po^sonne, ou qu'il veuille le contraindre à faire ce qu'il n'est pas obligé de faire, il est injuste, il viole le droit de son semblable^ et il ne peut pas ne pas le comprendre. Cédant à un es|krit de contrariété ou à un instinct inné de méchanceté, peutêtre aura-V-il agi kupunément, et la force l'aura-t-elle emporté sur

1. M. Â. Fouillée, La justice réparative et la fraternité {Revue des Deux^ Mondes du !«' février 1880).

le droit; mais son tour viendra : un jour ou l'autre, un plus fort que lui violera son droit et lui prouvera, mieux qu'en paroles, qu'il n'est pas bien de faire à d'autres ce qu'on ne veut pas qu'ils nous fassent. On ne peut pas trop insister sur ce fait qua les enfants se donnent entre eux des leçons de morale sociale dans leurs rapports journaliers. Pour tirer, parti de cet enseignement mutuel et d'autant plus efficace qu'il n'est pas prémédité, ceux à qui l'éducation est confiée n'ont qu'à surveiller, qu'à intervenir au besoin pour tùrer des faits une règle de conduite, dans le sens positif ou dans le sens négatif.

Michelet ^ montre Comment, dans la vie domestique, on peut apprendre à l'enfant l'idée de devoir. L'enfant voit son père partir pour le travail, la mère lui donne son déjeuner : « Qui t'a gagné ce que tu manges ? Ton père. Tu dois, à ton tour, travailler pour lui. » Il y a ici fusion des deux sortes de devoir, justice et charité ; l'enfant n'est pas plus incapable de l'un que de l'autre. En cultivant chez lui les bons sentiments, la générosité, la compassion, en l'habituant à se rendre serviable, empressé, en un mot à se gôner pour autrui, on le met, par la sensibilité, sur le chemin de la loi morale. Le devoir de bienfaisance ou de charité est fondé, comme celui de justice, sur la raison, non sur le sentiment; mais le sentiment est un indispensable auxiliaire pour la raison, surtout dans l'enfance.

Ces devoirs généraux prennent un caractère plus particulier dans la famille.

La famille est la plus ancienne et la plus naturelle des sociétés ; le mariage en est le premier fondement. Les époux ont des devoirs et des droits réciproques, en rapport avec leur nature et leur rôle. Ce n'est pas que, dans son fond, la nature humaine soit autre chez la femme que chez l'homme ; la femme est, au même titre que l'homme, un être sensible, intelligent et libre; mais elle ne l'est pas, si Ton peut s'exprimer ainsi, dans la même proportion. Si la même règle logique et la même loi morale président à l'exercice de sa pensée et &

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