Nos fils, p
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celui de sa volonté, les conditions dans lesquelles elle déploie ces facultés ne sont pas les mêmes, Tusage qn*elle en fait tend à d'autres fins. Elle n'est pas née pour commander les armées, ni pour rendre la justice, ni pour gouyerner TEtat; sa place est au foyer domestique, parce que sa destination naturelle est d*être épouse et mère ; et, quand elle sort du foyer domestique, sa place est surtout à Pécole, parce que c'est la plus rapprochée de sa destination première. Sa mission naturelle et sa mission sociale, c'est d'éleyer des enfants et de conduire une maison. Ces devoirs sont c les fondements de toute la ▼ie humaine, dit Fénelon ^ Nb sont-ce pas les femmes qui
. ruinent et qui soutiennent les maisons, qui règlent tout le travail des choses domestiques, et qui, par conséquent, décident de ce qui touche de plus près à tout le genre humain ? Par là^ elles ont la principale part aux honnes et aux mauvaises moeurs de presque tout Je monde. Les hommes mômes, qui ont toute l'autorité en public, ne peuvent par leurs délibérations
. établir aucun bien effectif, si les femmes ne leur aident à l'exécuter. Le monde n'est point un fantôme; c'est l'assemblage de toutes les familles ; et qui est-ce qui peut les policer avec un soin plus exact que les femmes, qui, outre leur autorité naturelle et leur assiduité dans leur maison, ont encore l'avantage d'être nées soigneuses, attentives au détail, industrieuses, insinuantes et persuasives? Mais les hommes peuvent-ils espérer quelque douceur dans la- vie, si leur plus étroite société^ qui est celle du mariage, se tourne en amertume ? Mais les enfants, qui feront dans la suite tout le genre humain, que deviendront-ils, si les mères les gâtent dès leurs premières années ? Voilà donc les occupations des femmes, qui ne sont guère moins importantes au public que celles des hommes, puisqu'elles ont un maison à régler, un mari à rendre heureux, des enfants à élever. »
Nous n'avons rien à retrancher de ce programme, nous voudrions qu'une place plus large y fût faite au développement intellectuel de la femme, qui n'est pas seulement la compagne
1. Ch. I, p. 2. ~ Comparer VEssai sur l'éducation, de Mjne de Rém«gat^ p. 2-4, 8-14, 100-103, 108-111; De Tédiica^ion, par Mme Campan, t. I, p. 21, t. II, p. 198; et les ouvrages de Mme de Malntenoii, Mme de Lambert, Mme Necker de Saussure, l'abbé Fleury, etô.
de l'homme, mftis sob égale ; si uoas la renfermons volontiers dans le cercle du gouyernement domestique, ce n'est pas qu'elle soit incapable d'autre diose, c'est parce que là nous parait être le plus normal et le plus utile emploi de ses facultés. Elle est avant tout Téducatrice par excellence. L'enfant lui appartient et d'abord n'appartient qu'à elle. Sans elle, il ne vitrait pas un- joar, pas une heure; et, quand sa vie physique est assurée, c'est eneore elle oai la première lui ouvre les portes de la vie morale. Auprès d'an berceau, la femme la plus illettrée en remontrera à tous les pédagogues dti monde ; que sera-ce si elle est quelque peu cultivée, si che2 elle l'esprit est à la hauteur de l'instinct, et la volonté À la hauteur du sentiment? Elle seule comprend ce petit être qui, avant de pouvoir parler, a déjà des perceptions, des sentiments, des volontés ; elle seule sait le deviner, l'intéresser, l'amuser, Tinstruire. Adroite, ingénieuse, inventive, elle offre un des plus intéressants exemples de l'exercice de l'imagination. L'enfant ne l'ennuie pas et ne s'ennuie pas avec elle. Ils s'entendent toujours. Un grand homme est l'œuvre de sa mère, disait Napoléon; le mot est juste, quoique exclusif. La plupart des hommes, et non seulement les grands hommeâ, doivent le meilleur d'eux-mêmes à cette douce et pénétrante influeuce. En lui donnant son lait, la mère donne à Tenf&nt son . Âme tout entière, elle l'imprègne de sa vie*
Malgré cela, disons mieux, à cause de cela, la mère ne peut pas tout dans la "charge d'élever les enfàûts. Si la nature enfantine était parfaite, il suffirait de les aimer, et c'est ce que la mère sait le mieux ; mais^ de les aimer à les gâter la transition est facile ; le sentiment est un guide trompeur, quand il n'est pas lui-même guidé par une ferme raison. Il y faut un contrepoids, et c'est le père qui l'apporte. Le père représente l'autorité, parce qu^il représente la raison, la prévoyance, le soud du lendemain. Non qu'il aime moins son enfaut, mais il Taim^^ autrement; il se préoccupe plus de l'avertir que An présent et il sait que si le présent est, par son fait, rendu pénible, c'est au bénéfice de ravenir. Il doit avoir, cotte fermeté courageuse qu'on n'exige pas de la mère à un égal degré. Il semble avoir surtout pour mission de ft)rmer la volonté de l'enfant, de l'initier à la pratique virile de sa raison, de loi montrer le devoir dans sa beauté sévère. La mère foriùe surtout son cœur, assouplit son caractère.
fait passer dans son esprit par le chemin de son cœur les maximes sacrées de rhonnear et du devoir, lai fait non seulement reconnaître, mftls haïr ses propre» défauts : « Là tertu ne s'enseigne pas seulement, elle s'inspire; c'est là surtout le talent des femmes; ce qu'elles désirent, elles nous le facvt aimer, moyen charmant de nous le faire vouloir «. » L'éducation domestique n'est complète que si le père et la mère y ont contribué chacun pour sa {iart.
C'est par la même raison que l'éducation en dehors de la famille doit être partagée entre l'institutrice et l'inatituieur : celui-ci est absolument inférieur à celle-là lorsqu'il s'agit de la première enfance. On n'aurait jamais l'idée de confier à un homme la direction d'une salle d'asile, il devrait en être ainsi pour les classes élémentaires *. Le petit garçon qui passe des mams de sa mère à ceUe d'une directrice de salle d'aûle ne se s^t pas dépaysé, et la preuve, c'est qu'il ne s'ennuie pas ; s'il passe aux mains d'un instituteur, quoiqu'un peu plus âgé déjà, son premier sentiment est la surprisé, souvent la gène ; il sent qu'il entre dans un milieu tout autre ; ce sentiment existe encore, quand il passe de la salle d'asile à l'école. Mais après ce premier apprentissage, à neuf ou dix ans, doit venir le tour de Hnstitoteur; l'éducatio© scolaire des garçons s'achèvera sous sa direction, conime dans la famille oo voit l'action du père achever l'œuvre de la mère.
L'œuvre de l'éducation peut se rtsumer dans cette double formule : ne rien faire qui puisse contrarier le développement normal et régulier de la nature physique et morale de l'enfant ; — faire tout ce qui peut favoriser ce développementr On retrouve là fe double devoir de justice et de bienfaisance. La loi eUe-mème en a marqué les principales applications : « Les époux contractent ensemble, par le seul fait du mariage, l'obligation de nourrir, entretenir et élever leurs enfants *. » Nous n'hésitons pas à voir implicitement dans cette dernière pres-