Kant, De la pédagogie, t. TOI de ses œuvres
3. V. Hugo, La pitié suprême, II. — Fénelon croit aussi à la bonté ork ginelle de Tenfant, Pestai ozzi de même.
qae « la candeur et la grâce suprême », de nous le montrer dans toute la séductioif de <c cette adorable et radieuse enfance » :
il est encore
Tout plein de la bonté divine, il en arrive. C'est le dernier venu de la céleste rive...
Le philosophe est tenu à plus de rigueur. Mais quand une doctrine toute contraire ^ nous dit que l'enfant est né mauvais, que « la composition du cœur de l'homme est mauvaise dès son enfance », qu'il a « un poids naturel qui le porte avec violence au mal », c'est une erreur non moins fâcheuse. Tenons-nous entre ces deux excès» Aussi bien^ s'il fallait absolument pencher de l'un ou l'autre côté, mieux vaudrait encore croire à la bonté originelle de la nature humaine,, car au fond c'est croire à la possibilité, à la réalité du bien dans le monde et dans la vie.
Si ces vues sont exactes, elles doivent avoir leur exacte contrepartie dans la science de l'éducation, dont elles nous permettent de préciser la jportée, les procédés, le but.
Les uns ont cm que l'éducation peut tout, d'autras qu'elle ne peut rien ou peu de chose. Si l'éducation pouvait tout, c'est que la libre volonté du moi et sa puissance de réaction n'existeraient pas, il n'y aurait plus de liberté humaine; si elle ne pouvait rien, il n'y aurait pas de progrès humain. Les premiers partent d'une idée fausse de la nature de l'âme : l'âme de l'enfant n'est ni une table rase sur laquelle on écrit comme sur une feuille blanche , ni un vase qu'on remplit, ni une cire molle qu'on façonne sans qu'elle y intervienne autrement qu'en fournissant, pour ainsi parler, la matière première ; la matière première ici est une force active et personnelle, d'abord inconsciente et spontanée, bientôt après volontaire et réfléchie, sans cesse en mouvement, réagissant sur les forces extérieures, mêlant son activité propre à l'activité directrice, de manière tantôt