‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 125 sur 206 · PÉ3)AG0GIE · texte numérisé non relu

PÉ3)AG0GIE

quelques-unes d*entre elles â*6tre trop scientifiques et scurcir ime idée qu'on entend mieux qu*an ne la iéfiait; dt quelques autres, d'être trop vagues ou trop amfaitiwBea, ^ Ae se perdre dans des considérations idéales qui touchent à t»vt «t ne précisent rien? Et cependant, s'il est un mot sur lefnel H soit nécessaire de s'entendre, c*est bien le mot édacation. Piiniii les plus récents travaux sur la question, il en est que le nom seul de leurs auteurs recommande à une lecture attentive et q|tt*il 7 aurait témérité à négliger.

M. Bain ^ ne tombe pas dans le tort de treip élargir son cadre ; il se propose « d'écarter de la science de l'éducaticm tout «e qui appartient à des parties plus étendues >da la ooiltiire 3inmmne, pour concoitrer son attention sur ce quiconstitee exdnaiivemLent l'éducation, c'est-à-dire sur les moyens de«OBStituer le» itciittés àc^Bses des êtres humains. » Cela aignifie que f école n*a pas mission de former des spécialités, qu'elle pr^re seuleraent le terrain, et en cela M. Bain a amplemeat raison. Ilaisoti il aous parait trop circonscrke son sujet, c'est quand, indiquant « les moyens de constituer les JacuUés acquises des êtes bniiMiins », il semble les limiter aux deux sufVaikts : !• « la recherche des moyens de dévelopiper la mémoine i>^ parce qu'elle est la manifestation la plus claire de a la propriété plastique de l'esprit », et parce que , comme il le dit un peu plus loin, « l'éducation n'embrasse pas l'emploi de toutes nos facultés intellectuelles ; » 2<> « la recherche de l'ordre le meilleur et le plus naturel à donner aux différents objets d'étude, d'après leur simplicité ou leur complexité relative et leur dépendance mutuelle. » Nous sommes de son avis sur le second point, mais nous faisons nos réser'^s sur le premier : ce serait ramener toute la science de l'esprit humain à la mémoire. De peur d'être trop vaste, le système est mcomplet.

ractère et snr les fatcnltés de Thomme par des ehoses ^nt le but diiect est tout diffèrent : par les lois, les formes de gouvenieinent, les arts mdnstriels, les différentes formes de la vie sociale, et même eacem ftst des faits physiques indépendants de la volonté de Thomme, tels que le dinalt le sol et la position locale. » (L S. Mill.) — « L'éducation est la oattnre que chaque génération donne à celle qui doit lui suocéder, pour la rendie pable de conserver les résultats des progrès qui eut été Auts^y el| iSfU peut, de les porter plus loin. 1» (Le même.) 4. La scimc9 d$ VéducatUm, ch. I, p. ^ et ?•

L'ENFANT. — L'HOMMB 327

M. Herbert Spencer * se place à on autre point de vue. Il estime avec toute raison que c< le l>ut de l'éducation est de nous préparer à vivre de la vie complète », et il ramène l'activité de la vie aux formes suivantes :

« io L'activité qui concourt directement à la conservation de l'individu;

ff 2<> Celle qui, en ponrvoTasit aux besoins de Texistence^ contribue indirectement à sa conservation;

« 30 L'activité employée à élever et à discipliner la jeune famille ;

« 4<> Celle qui assure le maintien de l'ordre social et des relations politiques ;

« 5» L'activité de genre varié employée à remplir les loisirs de l'existence, c'est-à-dire la satisfaction des goûts et des sentiments. »

Certes, la première condition dTune éducation pratique, c'est d'apprendre aux enfants ce qu'il leur est utile de savoir étaut enfants et ce qu'il leur sera utile d'avoir appris étant hommes ; c'est de les introduire par là dans un plan d'existence utilement ordonné pour la satisfaction des nécesdtés de la vie. Ainsi entendue, l'éducation est professionnelle, autant qu'elle peut l'être à l'école, l'école n'étant pas Fatefier : elle ne forme pas l'ouvrier, mais elle le prépare,' elle le rend apte aux divers exercices d'activité ]^ysiqne et industrielle. Hais, si nous n'avons pas donné de 1^ nature humaine une idée incomplète, on doit trownr que cette édtication est incomplète ^e-mème, qu'elle ne regarde guère que l'utile immédiatement réidisable et tangible, qu'elle omet ou tout au moins qu'elle néglige le» développement de l'activité morale, des tendances les plus hautes, les plus humaines de notre être. Si, en matière d'enseignement primaire, c'est une folie de ne pas viser à l'utile, c*est une vue étroite de ne voir Futile que dans la santé, !e bien-être, le bonheur matériel, et de diriger toute l'activité dans cette voie. Je dis que, ainsi entendue, l'éducation, pour être professionnelle, n'est pas libérale : on réserve ordinairement ce qualificatif pour l*înstructton secondaire; c'est faire an tort immérité à là grtmde masse de la population enfantine, le veux, même à l'école primaire, une éducation libérale, et elle le sera si elle a un jour

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