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CHAPITRE PREMIER

I. Lft seconde partie de cet oavrage t?aite de l'organisatioa de l'école en rapport ayee les exigences de Tédacation physique, intellectuelle et morale . Une organisation pédagogique complète doit donc comprendre d'abord les questions de local et de matériel scolaire.

Locaux des salles d'asile. Locaux des maisons d'école. Emplacement, orientation. Nombre des salles de classe. Eclairage. Ventilation. Chauffage. Cour de récréation. Préau couvert, gymnase.

II. Mobilier usuel. Examen de la question des tables-bancs. Le bureau de l'instituteur ou de Tinstitutrice. Le matériel d'enseignement. Tableaux noirs. Cartes géographiques. Tableaux de système métrique. Thermomètre. Baromètre. Musée pratique pour renseignement par l'aspect et les leçons de choses ; comment on peut le créer. Bibliothèque scolaire. Responsabilité de l'instituteur. Portée morale d'une bonne organisateon matérielle.

Connaissant Fenfant, ses aptitudes et ses besoins, nous avons maintenant à organiser Técole de telle sorte qu'elle réponde aux exigences de son éducation physique, intellectuelle et morale. De même que tout se tient dans la nature enfantine, de même tout doit se tenir dans une bonne organisation pédagogique, et j*entends par là non seulement le plan d'études et remploi du temps, mais les méthodes, la discipline, les institutions auxiliaires, le local et le matériel, en un mot tout ce qui contribue k assurer les résultats en vue desquels Técole est instituée.

La première condition à remplir, c'est de recevoir Tenfaiit dans un milieu qui soit en rapport avec les nécessités de son développement physique et avec les prescriptions de l'hygiène. Préparons donc avant tout la maison et le mobilier scolaires. L'instituteur et Finsiitatrice n'ont pas à en dresser les plans et devis, mais ils doivent pouvoir éclairer au besoin l'autorité locale, soumettre à l'inspecteur primaire leurs observations motivées ; s'ils n'ont pas occasion de s'intéresser à une construction nouvelle, ils doivent du moins tirar le meilleur parti possible d'un local déjà existant, de manière à en atténuer les inconvénients s'il en existe, ou à en augmenter les avantages. Il faut donc qu'ils aient à cet égard des lumières suffisantes et qa'ils connaissent lés règlements i.

Sans traiter la question au pomt de vue spécial des salles d asile, nous dirons seulement que les dispositions actuelles sont insuffisantes. Le principe est la rèomon de teas les enfami» ésaas mm même salle : c'est une cause de fatigue pour les directrices et les surveillantes, d'insuccès pour reDMignettenit ii y au me infinité de degrés entre deux et six ans. 11 faudrait au moins en établir deux et varier les exercices en conséqHeocd; il est absolument impossible que des bébés de deux ou trois anas comprefinent ee qu'ils eomprendrofit deux ans plus tard,, et quâles ejLercices qui sont à leur portée offrent encore de l'attrait et du profit à des enfants de cinq ou six ans. Nous demanderions donc deux salles au lieu d'une, pour permettre la séparation en deux

1. Arrêté ministériel du 14 juillet ef Gûrculaire explicative du 30 juillet 1838; Circulaires des 28 mai 1864, 14 mars 1872, 15 juin f876. Loi du l«r juin t878. L<s tout résumé dans le Règlement du 17 juin iSSOi — GDmm« on le voit par ces dates, la règlementatioD obligatone sur la int* tière n'existe chez nous que depuis vingt-trois ans. La Suisse nous avait précédés,, mais de peu, et par le seul canton de Schaffouse (règlement du 4 février 1852); le reste vint plus tard : canton de Zurich, règlement dm 2! juin 4861 ; Lubeck, 6 juin 1983 (et 29' septemlMre 1866); canton de IfMi; 7 juillet 1865; Br^me^ » avril 1866; Ajutriclw, 5 avril 1876 (ei 9 joi^ let 1873); Hamboui^ 11 novembre 1870; Wurtemberg, 28 décembre 187Q; Prusse, 15 octobre 1872; Saxe, 3 avril 1873; Belgique, 25 novembre i874*

g^roupes distincts: les commençants et les vétérans, kn reste, eer que nous dirons plus loin des conditions kygiénifses d'éclairage, de ventilation, d'ori^itation, etc., relatives à la maisoiii d^école, s'applique également à la salle d*asRe.

On n'est pas ioujonr» libre de choisir l'emplaoeffient iâéét qui conyiendraif pour la meilleiire des maisons d'école; mais ce qu'il faut absolument, c'est que le terrain ne soit pas insalubre,, et qu'on soit à Fabri de tout voisinage matériellement malsain bu moralement nuisible. La meilleure exposition est à l'est;^ celle du midi donne trop de chaleur, celle de l'ouest trc^ d'humidité, celle du nord trop de froid.

La maison doit comprendre, outre le logement nécessaire au personnel enseignant, autant de salles qu'il 7 a de classes. La classe se dit non d'un groupe quelconque, mais ^une réunion d'élèves à peu près de la même force placés sous la direction d'un mattre spécial *, Les classes ne devraient jamais dépasser un maximum de cinquante élèves *. Ajoutons un vestibule dans leqnef les enfants déposeront leurs coiffures, leurs manteaux, etc., et où ils trouveront un ou plusieurs lavabos ; un préau couvert, pouvant servir de gymnase; une cour de récréation, un jardin (dans les écoles rurales). Il serait désirable qu'il y cftt aussr une^ salle expressément aménagée pour renseignement du desflfm et, dans les écoles de filles, pour les travaux d'ai^ille. Lesécoles autorisées à s'annexer un pensionnat primaire doivent avoir en outre un on plusieurs dortoirs, des lavados 7 attenant, un réfectoire •.

La dimension de chaque salle de classe doit être calculée non seulement d'après le nombre des élèves, mais d'après la nature du mobilier: tel modèle de table tient plus de place qu'un autre. L'arrêté du i4 juillet 1858 exige chez nous une superficie d& 1 mètre par élève; avec les types actuels des tables-bancs, il faut quelque chose de plus, de 20 à 40 centimètres*. La hauteur

i. Circulaire ministérielle du 31 jioût 187ff. •

2. C'est le chiffre proposé par le congrès de rinstrnclion primaire réuni k Paris au mois d'avril 1880.

3. Les prescriptions y relatives sont ënumérées dans le décret da 30 décembre 1850.

4. Nous sommes néanmoins supérieurs sur ce point à la plupart des contrées de l'Europe ; la Belgique seule exige i mètre ; en Angleterre, on

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SOUS plafond doit être de 4 mètres ; c*est par tolérance qu'on se contente dans certains cas de 3 m. 30 ^ La forme la plus avantageuse est celle d'un rectangle allongé : la vue du maître se porte plus naturellement devant lui que sur les cdtés, néanmoins trop de profondeur rendrait la surveillance difficile et Texercice de la parole pénible ; la proportion de 6 m. 50 en 'largeor à 8 m. 50 en longueur serait donc convenable pour une saUe devant recevoir de quarante-cinq à cinquante élèves, et garnie d'un bon mobilier.

L'éclairage, la ventilation et le chauffage nécessitent une ■attention particulière.

Que la lumière soit nécessaire k la santé, que la privation de la lumière amène Tappauvrissement du sang avec toutes ses conséquences, c'est un fait incontestable; que, trop vive, ou insuffisante, ou mal dirigée, elle produise sur Torgane de la vue des effets également funestes, c'est encore une vérité acquise. 11 est rare que des enfants soient myopes en entrant à Técole, ils le sont très-souvent quand ils en sortent. Les affections de la vue peuvent tenir aussi à la nature des livres qu'on met entre leurs mains, des exercices de lecture qu'on leur impose, à d'autres causes encore, mais Téclairage y contribue pour une large part. On admet assez généralement aujourd'hui que l'éclairage doit être unilatéral et se produire à la gauche de Télève : venant du côté droit, l'ombre de la main portée sur le cahiei' serait un obstacle; venant par derrière, l'ombre de tout le corps portée sur la table en serait un encore plus grand, et d'ailleurs l'éclairage serait insuffisant dans une salle plus longue que large; venant de face, la lumière serait trop vive; venant de deux côtés à la fois, la vue, de même que le sens plastique, ne peut que souffrir du croisement des jours et de la multiplication des ombres; enfin^ l'éclairage par le plafond n'est possible qu'à l'étage supérieur et présente l'inconvénient d'élever ou d'abaisser

se contente de 55 on 45 centimètres, en Autriche de 60 (en plus la place des meubles), en Prusse de 60, à Zurich de 90, etc. ; même aux Etats-Unis, les règlements sont moins exigeants qu'en France.

i. En Allemagne, généralement 3 mètres à 3 m. 50; en Suisse, généralement au-dessous de 4 mètres ; en Autriche, 3,80, 4,50 selon les salles ; en Angleterre 3, 60 au minimum ; en Belgique, 4,50 ; aux Ëtats-Uuis, an* dessous de 4 mètres.

la températare, suivant les saisons, d'une manière excessive ^ La quantité comme la qualité de la lumière dépend de la disposition des fenêtres. En Allemagne on admet, comme règle au moins théorique, cette formule ' : « Multiplier la hauteur de la fenêtre par sa largeur, puis ce produit par le nombre de fenêtres de la classe, et diviser ce dernier produit par le nombre d'élèves : il faut trouver pour quotient au moins 300 pouces carrés de fenêtre par élève. » M. Narjoux • estime que cette moyenne est excessive et que, sans se livrer à des calculs aussi profonds, il suffît d'employer la méthode suisse, qui consiste à donner à la surface vitrée des fenêtres une étendue égale au quart ou tout an moins au cinquième de la superficie totale de la classe. La fenêtre doit partir du plafond, parce que la lumière venant d'un haut est la meilleure et que Faération sera aussi plus complète par ce moyen; quant à la distance entre le plancher et Fappui de la fenêtre, nos règlements la fixent à i m. 20 et i m. 50, afin de soustraire les enfants aux distractions que leur donnerait la vue de ce qui se passe au dehors. La précaution est nécessaire lorsque la salle de classe prend jour sur une rue, une place, un marché, quoique Ton ne puisse pas supprimer le bruit comme la vue et que l'attention des enfants soit peut-être moins troublée lorsque leur curiosité peut se satisfaire par un coup d'œil ; mais lorsque les fenêtres ouvrent sur une cour, sur un jardin, sur la campagne, on a tout intérêt à les faire descendre jusqu'à 60 ou 80 centimètres du plancher *, pour que les enfants jouissent du spectacle des champs, du ciel et d'un vaste horizon.

1. Des travaux considérables sar la question de Téclairage des salles de classe sont dus à M. Hermann Lohn de Breslan (Recherches sur les yeux de 10 060 écoliers et les maisons d'école à VEioposUion de Vienne) ; &I. Phil< brick, surintendant des écoles de Boston {Bapports annuels); M. Emile Trélat (Lettres à M. le Préfet de la Seine sur la nécessité d^approprier les locaux scolaires à l'éducation des sens plastiques); etc. L'éclairage unilatéral est officiellement adopté dans le Wurtemberg, en Bavière, en Saxe, en Autriche, en Hongrie, dans plusieurs Etats de rUnion américaine ; il est recommandé par des spécialistes de tous les pays,

2. Donnée par M H. Cohn, et citée par M. Buisson dans son Rapport sur l'Exposition de Vienne, p. 47.

3. Principes de construction scolaire, dans la Reçue pédagogique de déeembre 1878 et numéros suivants.

4. Comme en Suisse et dans une partie de la Belgique, dans quelques parties des Etats-Unis, etc.

Ces bases admises^ on donne aux fenêtres une lar^tu: telle qu^elles assurent la fuastlté de kioiÀre qu'^sige la diuMUdion de la salle.

Qaand !a hiimèFe est trop vire ei \% chiJeur du selail trop forte, on j remédie axnmojwx derideftux ou stores qa'oEi ocUt^ canisme trèe-simple per mel de- dévekipper de bas? en huit de la fendtre S eaa sorte fu« la partie aapéjdewra pent rester édLaivée si on le Teal et dans: la mesuri» où. on le Tent. Ce systàme est préfërabife aux persieaiies et aux ¥olets^

L'aération se fait natiurelleinWftt par lea fenêtres» qa*on «ara soin df ouvrir au large à Tissue de ehaque dastia; mais elle^ ast insuffisante, surtout aTee le système «niLatèriJ.} qui nâ pecmet pas d'étabir un eourant d'air. La ventilation est raératiou arik- Ociclle> à mestffe fixe et doi^. on dispose à son gré, d'aotaat plus indspensable dans une êeole que Fair y est vicié non sealement par Taeide carbonique de la respiration,, mais enjoorepar les matières animales qui se dégagent de la peau, des vêtementS;r et qui sont en solution, dans la vapeur d'eau. D'expô* riences faites en Allemagne et aux Etats-Unis,, il résulte que» dans des classes non ventilées, la proportion d'acide carbonique^.nsême quaid le nombre des élèves n'est pas excessif, peut atteLodbre d ou i(k 0/0, et qu'elle s'accroît en moyenne de 1,5 par heure, tandis qu'elle ne dépasse pas 2 0/0 avec un renouvellement canvenable de Tair ; qae l'atmosphère d'une classe non ventiUe contient quatre fois plus d'acide carbonique que n'en contient l'air atmosphérique dans des conditions normales; que la proportion de vapeur d'eau y est également plus élevée, environ d'oB tiers, et celle des substances organiques d'environ moitié ».

La ventilation consistant â expulser l'ai^ vicié et à le reniplacer par Tair pur, il faut évidemment qu'un courant s'étabfiôsse ; le seul moyen réeUement efficace et sur lequel on puisse compter en tout temps est « une maeMne à vapeur installée dans le souseol de la construction et comprimant l'air à l'intérieiir d'iXD réservoir. Des conduites analogues à celles employées pour la distribution du gaz et de l'eau mettent ce réservoir en commu-

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