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A Paris et aux Etats-Unis

la géométrie et du dessin géométrique, l'éeole doit aassi pos* séder le compas, le rapporteœ*, Téqaerre et le T. Rappelons le thermomètre, dont nons avons déjà parlé ; un baromètre serai) également utile. Le? écoles de la yille de Paris ont une pendule, ce que nous souhaitons à toutes les autres.

Le musée pratique pour les leçons de choses est d'une utilité aujourd'hui reconnue^ A TËxposition de Vienne, un instituteur avait présenté une collection d'objets destinés, disut-il, à servir dHttus&aitGn aux principaux morceaux du livre de lecture. Par exemple, le morceau intitulé Le mouton émum^e les différeols services que nous rend cet animal, Tusage que nous faisons de sa chair, de sa graisse, de son lait, de sa toison, de sa peau, etc. Tout Gela est rendu bien plus sensible pour Fenfauit, quffud il voit réunis différents échantillons des produits qu'on fabrique à Taide de ces diverses parties de Tanimal. C'est surtout quand il s'agit de lui faire comprendre le parti que sait tirer l'industrie de toutes les matières premières que ce procédé est précieux, si pour la soie, la laine, le coton, pour les diverses étoffes, on lui montre d'abord la matière brute, puis successivement les principales phases de l'élaboration que l'industrie fait subir à celle-ci.

Ce que cet instituteur faisait pour les leçons de lecture, il faut le faire pour toutes les parties de renseignement qui peuvent dtre rendues plus intelligibles par la représentation matérielle des objets dont on parle, et notamtment pour les leçons de^ choses. La France n'était représentée à cet égard, à la mdme Exposition, que par des catalogues et un rapport attestant que cette utile institution existait dans le département du Doubs depuis l'année 187f . Lorsque j'ai quitté ce département, en 187$, plus de 150 écoles étaient pourvues de ces petits musées; et le département de Meurthe-et-Moselle, qui en avait 271 en 1875,. a dépassé son devancier. La lettre suivante que m'adressait, il y a plas.'eurs années, un instituteur du Doubs, donnera une idée de la manière dont on peut Iq& composer» à peu de frais et en y intéressant les élèves.

« Formé d'abord à Talde de quelques échantillons des principales graines et de plantes du pays, notre musée a reçu depuis, avec le concours des élèves notamment, et dé quelques personnes étrangères, des développementa qui permettent dy

puiser des sujets intéressants et variés pour les leçons de choses, « Chaque enfant s*est empressé de nous fournir quelques échantillons des productions agricoles ou industrielles de sa famille. Un maçon nous a procuré des morceaux de cinq sortes de pierres que renferme une carrière de la commune, avec indication de Tusage de chaque sorte : pierre à chaux grasse^ pierre à bâtir, pierre à chaux hydraulique, pierre à tailler, pierre qui peut se polir. Un charron nous a construit un modèle d'avant-train de voiture avec les diverses sortes de bois qu'il emploie dans son métier ; un mécanicien a fourni le fer, l'acier et le cuivre sous les différentes formes où on peut les trouver dans son atelier ; un menuisier a envoyé les différentes sortes de bois qu'il emploie, depuis le morceau de sapin jusqu'à celui d'acajou ; la famille d'un missionnaire a fait don d'une petite cassette d^un tissu particulier provenant de Madagascar et renfermant quelques coquillages de cette île.

« Notre musée renferme actuellement des échantillons en grains et en épis de toutes les céréales du pays, des échantillons de plantes textiles, légumineuses, oléagineuses, fourragères. A côté du grain de chènevis se trouve la tige de chanvre, de la filasse, un morceau de toile neuve, un morceau de toile usée, de la charpie, du papier,, pour montrer aux enfants le développement d'une plante et ses divers usages, ce Nous trouvons dans notre musée un auxiliaire de la plus haute utilité pour intéresser nos jeunes élèves aux leçons de cJu>ses, pour faire parler les plus timides, pour les habituer tous à observer, à réfléchir sur le but et l'usage de chaque chose, pour leur montrer enfin la nécessité du travail, leur inspirer des sentiments de reconnaissance envers le Créateur et envers leurs parents, et de bienveillance pour tous les hommes 1. 1

i. « Eq regard des nombreuses collections étalées par les Allemands et les Autrichiens, nous n'avions à exposer à Vienne qu'un document, important, il est vrai, mais qui devait frapper bien moins Tattention du public M. Rousselot, inspecteur d'académie, alors à Besançon, a généralisé de la façon la plus remarquable, dans le département du Doubs, cette institution des petits musées pour les leçons de choses. Si, au lien du rapport et du catalogue constatant la création de ces petites collections par les soins des instituteurs eux-mêmes, dans plus de 150 écoles du département, nous avions pu, comme nos rivaux, en envoyer quelques spécimens en nature, oui doute que le jury ne les eût honorés d'une distinction au moins éigale

Un maître inteiligent a deux motifs d'intéresser ainsi ses élèves à la création d'un musée pratique : c'est une première initiation aux réalités de la vie, et par là même une sorte de premier apprentissage professionnel ; ensuite c'est le moyen de suppléer, dans les communes pauvres, à des acquisitions trop onéreuses. Il faut s'ingénier pour procurer à l'enseignement par Taspect les ressources qui lui sont indispensables et dont la dépense, n'étant pas obligatoire, est souvent refusée par les pouvoirs locaux. Quand on traite la question du matériel technique, on oublie trop les petites écoles déshéritées pour ne songer qu'à celles des centres plus importants. C^est alors que l'instituteur, rinstitutrice doivent déployer quelque imagination. Qu'on me permette de citer encore un exemple, fourni par un instituteur du Puy-de-Dôme, qui ne pouvant avoir des tableaux-images pour illustrer ses récits d histoire de France, avait habitué ses élèves à collectionner la série des images imprimées sur la cou« verture de leurs cahiers.

Pour l'enseignement du système métrique, il savait se procurer et montrer les poids et les mesures qui faisaient le sujet de la leçon. Pour aider à l'inteUigence des premières notions de la géométrie et du dessin linéaire, il fabriquait à peu de frais, comme on va le voir, des instruments de démonstration. « Un fil tendu^ une règle, une feuille de papier pliée en deux représenteront la ligue droite, m'écrivait-il ; une baguette pliée, un fil non tendu, la ligne courbe ; le ûl à plomb donnera la ligne verticale; une règle placée sous un niveau, la ligne horizontale; le croisement du fil à plomb avec la règle de niveau tracera la perpendiculaire et formera quatre angles droits ou d'équerre ; deux fils à pJomb, deux règles de niveau superposées figureront les pai^allèles; le croisement de deux fils à plomb avec deux parallèles de niveau formera un carré si la distance des fils à plomh égale celle des Ugnes de niveau, et un rectangle si ces distances sont inégales, etc. »

à celle qu'il a décernée à la même institution dans d'autres pays. Mais, même en tenant compte de cet efîort, d'autant plus méritant qu'il est tout spontané et isolé, nous étions loin du premier rang dans ce domaine. » (Manuel général des instituteurs , numéro de janvier 1874. — Voy. aussi le Rapport de M. Buisson sur VInstruction primaire à VEsiposition universelle de Vienne, p. 120.)

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Ce sont Ih de menus détails, mais ils b« paraîtront oiseux à aucune des personnes qui sarent œ qu'est renseignement primaire dans nos petites écoles et qui s*y intéressent. Soyez certains que, dans une école ainsi conduite, ni le maître ni le» ôlèyes ne s'ennuient. On peut même pousser plus loin eette ingénieuse industrie et enrichir le musée pratique de quelques appareils indispensables ponr les notions les plus élénaentaires des sciences de la nature. Si Ton peut toujours se procurer oi thermomètre (dont la dépense minimum est de 63 ou 95 centimes], on peut construire, par exemple^ soi-^nême un baromètre, une boussole, un hygromètre ; c'est une distraction, en même temps qu'un enseigneument pour les élèves que le maître assode à son entreprise.

Qui n'a tu ce petit appareil représentant un capucin, dont le capuchon couvre la tête les jours de pluie et la découvre quand Te temps est bean?C*est un hygromètre d'une précision approximative, mais suffisante pour juger du plus ou moins d'humidité de Tatmosphire. Sur un petit piédestal en bois, du diamètre d'une pièce de cinq francs, on colle parle bas la silhotiette d^un capucin découpée dans une carte grande comme la main ; le capuchon du moine tourne, comme autour d'un axe, autour d'un petit tube en fer-blanc (un fragment de porle^plume) percé de trous pour donner passage à l'air, et i.. ^ni à Tintérieur d'un bout de corde à boyau. L'une des extrémités du tube est fermée par un bouchon auquel est adaptée cette corde; l'autre extré» mité communique avec le capuchon : quand l'air est humide, la corde à boyau se diétend, fait tourner le capuchon, qui s'abaisse en avant ; quand l'air est sec, elle le fait tomber en arrière.

On pouvait voir à l'Exposition universelle de 4878 un autre hygromètre, placé à la porte du pavillon des Forêts et d*une imitation fkcîle. Il consiste en un tronçon de jeune tige du sapin vulgairement nommé Pesse^ et scientifiquement Epiôea, garni d'un grêle rameau latéral assez long. Les paysans du Haut-Jura en placent ainsi à cdté de la porte de leur maison. Le tronçon est cloué verticalement contre la muraille, et le rameau est libre dans sa position naturelle, c'est-à-dire un peu relevé. Las tissus qui garnissent le joint supérieur du rameau, la fonrdie autrement dit, sont plus serrés, moins susceptibles, par consé-

qnent, (f absorber Pbamidlté qne le tisso en dessons. II s'ensnii que le rameau se relère quand Fair est humide, et qaHl s*abaîsse si le temps est sec. Ces Taidation» peaviMsl ètro coo» talées sur une graduaticm marquée vers rextrémité du Toumean. On observe des pbénomèttes smaliDgues sur les ecHiîfôres on gé>* néral et sur l'Arbre de Judée.

Veut-on construire on baromètre f Un iobe de verre, «ne bouteille, une petite caisse et quelques boucboos en feront }e» frais. Dans le fond de la petite caisse plaçons trois booehons, sur ces bouchons une bouteille, Fespaee libre étant bien rempB de sciure de bois; remplissons la bouteille à moitié d'un U^ quide eoloré (un yerre de lin), fermons^la dfua bonchoR^ introduisons dans ce bouchon un tube en verre d'environ 60 centimètres de long, révélons de ezre à eadieter le goolet et le bouchon, et fermons la caisse ; pwSs adapton» an tube une petite carte marquée de degrés montants et descendants, i, % 3, 4, 5, etc., à partir de 0, d'après un moddle ; soufflons dans le tube jusqu'à ce que le liquide monte à pea près à moitié, à. la hauteur du 0, et arrétons>le là : les œmilations dn liquide indiqueront les changements de pression atmosphérique.

Le naturaliste, de son cdté, a besoin de eertains mutile : pour composer utilement un herbier, une oolleetion d'inseetes, de minéraux, il faut de petites pinces fines, un martea» de géologue, avant tout une loupe ; ces objets sont peu dispendieux, et encore peut-on remplacer la loupe par une lentille éphémère^ au moyen d'une goutte d'eau ou de miel. Lee aneiens, qui ne connaissaient pas le microscope, y suppléaient par des procédés de grossissement qu'on peut imiter dan» ooe écoles. Cette eoss«truction, aussi facile qu'ingénieuse, repose s«r la propriété qa% la goutte de liquide suspendue par sa périphérie de prendreune forme délimitée par des surfaces courbes peu difftoenie& des portions sphériques, et par conséquent de constituer une lentille très bombée, à très court foyer et très gvoasissaiite. Voilà une erpérience facile è exécuter devant les enfiants et par les enfants; c'est un nouvel exemple de œ qu'on peut faire partout, et jusque daos les plue modestes écoles des plus modestes hameaux, pour remplacer un matériel scientifique absent.

Daûs les écoles de filles, et même dans les éodes mixtes^ les

institutrices ou les directrices de travaux d'aiguille prépareront et feront exécuter par les élèves des spécimens des divers ouvrages qu'elles leur enseignent. Ces modèles seront comme le programme visible de leur enseignement : tricot, couture, raccommodage, marque du linge, coupe et assemblage, crochet, tapisserie.

En résumé, la salle de classe ne saurait être rendue trop vivante, trop gaie d'aspect, trop confortable. Le confort et l'agrément des locaux scolaires ont une portée morale. L'enfant y vient plus volontiers, s'y platt davantage, se fait une plus haute idée de l'instruction et y attache plus de prix; d'autre part, voyant les soins dont il est l'objet, les égards qu'on lai témoigne de cette manière, il en vient à se respecter davantage. Ce n'est pas qu'il s'en rende compte; c'est un travail inconscient, mais réel qui se fait en lui, parce que sa nature le veut ainsi ; là encore, la culture morale et inleilectuelle est aidée par le sentiment et l'imagination.

L'instituteur et l'institutrice n'oublieront pas que la garde et le bon état de conservation du mobilier sont sous leur responsabilité. Un inventaire doit exister dans chaque commune, et chaque année, au 31 décembre, on doit y faire figurer les objets nouveaux introduits dans le mobilier, en môme temps qu'on y mentionne ceux qui en sont sortis pour une cause quelconque ; cet inventaire est signé par le maire et par l'instituteur.

Toutes les fois que l'instituteur change de résidence, il y a lieu, pour lui et pour' le .maire, de procéder à un récolement du mobilier; l'instituteur entrant en fait autant et dès lors prend en charge le mobilier qu'il reçoit. Chacune de ces deux pièces doit être établie en double expédition, dont l'une reste aux archives de la mairie et l'autre entre les mains de l'instituteur.

En outre, aux termes de l'arrêté du i«' février 1B62 et de la eirculaire du 24 juin de la même année, les bibliothèques scolaires sont placées dans les maisons d'école, sous la surveillance et la responsabilité des instituteurs. Elles font donc partie du mobilier scolaire et doivent être comprises dans le récolement.

Les mêmes dispositions sont applicables, bien entendu, aux écoles de filles.

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