‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 144 sur 206 · I. Journal officiel du 15 juin · texte numérisé non relu

I. Journal officiel du 15 juin

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uniquement sur quelques sujets de choix^ mais sur le gros de ia population écolière, de façon à rendre l'émulation collective, pour ainsi dire, sans détruire Témulation individuelle. Comment ce but sera-t-il atteint? Par une réglementation telle que toutes les écoles se présentent dans la réalité de leur situation et avec un effectif sufGsiuit. Ce n*est pas ici le lieu d'entrer dans tous les détails d*un concours scolaire ni d*en dresser le programme ; je ne toucherai que deux points qui ont toujours et partout soulevé des difûcultés, et qui sont effectivement les deux points essentiels : le nombre des concurrents, et la manière de coter les résultats. Le nombre des concurrents peut être déterminé soit par un chiffre absolu pour toutes les écoles, soit par un chiffre proportionnel à leur population, soit enfin par Teffectif réel d'une classe donnée, appelée tout entière à concourir.

De ces trois modes d'opérer, les deux premiers ont, au premier abord, quelqu'j chose do spécieux : le nombre des concurrents étant égal, soit absolument, soit relativement, il en sera de même du nombre des compositions, et par suite la valeur de chaque école sera plus équitablement établie. Mais quand ou va au fond des choses, on est bientôt détrompé. En effet, prendre dans toutes les écoles un mênoie chiffre de concurrents, c'est supposer que toutes sont de même force et de même importance, ce qui est loin de la vérité ; 4eur imposer à toutes le même tant pour cent, c'est les ramener toutes sous un même niveau, leur créer une situation factice qui n'est pas l'expression de la réalité, et qui ne permet ni de constater leur situation vraie ni de les classer d'après cette situation.

Je précise ma pensée avec des chiffres. Soient, dans la première hjrpothèse, une école de 100 élèves et nne école de 30 élèves, appelées à produire uniformément iO concurrents : il est évident que la première aura toutes les chances pour elle, car il est plus facile de trouver 10 bons élèves sur 100 que sur 39. Supposons que la note moyenne méritée pour toutes les compositions soit pour la première école 5, équivalant à bien, et pour la seconde 4, équivalant à assez bien, le classement scru forcé : je demande néanmoins si une école dont un tiers des élèves est noté assez bien ne vaut pas au moins celle dont un dixième est noté bien? Soient maintenant, dans la seconde hypothèse, ces deux mêmes écoles ayant à fournir, par exem-

pie, 10 p. 100 : les chances sont renversées, car U. est jàm facile à un maître âe former 3 bons élèves qoe d*en former 10; sm* les 10, il en est dont la note fléchira vraisemblablement, et la moyenne générale en sera abaissée ; les 3 autres, moins nombreux, seront, selon une égale vraisemblance, d'une force plus égale, et ils pourront remporter. De quel côié serra exactement la supériorité, et comiment en décider sans erreur ?

Le troisième moyen présente-t-il les mêmes inconvénients? Je ne le pensfe pas. Appelions tous les élèves, sans eisz&ptien, composant tint classe donnée ': par exemple, si le ccmccKSi porte sur les maltièrres obligatoires, une classe du cours élémeotaire au complet ; s'il porte sttr les matièspes facultatives, me classe du cours supérieur. Dans le -DCfrabre il y aura des segeb médiocres, il y en aura de passables, de bons, de trè9-lK)iis ; ib ne représenteront ùi la tête ni la qtieue de la classe, mais Ii classe elle-même dans son intégrité, et c'est là le vrai criteriua^ à appliquer, la seule manière de Juger équitablement. En effet, pour passer dans une classe quelconque, les élèves tmt di acquérir antérieurement les connaissances afférentes atix programmes des classes précédentes, et n*y être admis qu'à cette condition. Si donc 'un tnaftre a réussi à faire monter du coub préparatoire dîans le cours élémentaire ou du cours élémeotain dans le cours supérieur, un nombre d-élèves équivalant, par exemple, au tiers de son effectif total, tandis qu'un uatre û*« réu*si à en faire monter que le dixième du le quart, il serait injuâte d'exiger que tous les deiix se présentassent au concoms avec un chftffre égal de concurrents : le premier 'doit bénéficier du nombre plus élevé d'éfèves qn*HI a eu le mérite -de î&rxjBt%r,^i qu*il n'a pas formés au détrihieïrt du reste de letfrs condisciptes, car il eât bien évident -que pour con^i tuer une olaœe Qémecftaii^ eu une rilasse sapéri^tn^ là la fois noidbreiise et forte, il a fallu que les élèves qui la composent aienlt 'été ifasttraiis et préparés dans 1^ classes inférieures. Le système que jUndique vise un do^ l/lo but : avoir une idée exacte du niveau moyen de 1 instruction chaque école se présentant dems la réalité de iSà situation propre. Tune avec 30 p. 100, l'autre avec îS), â'âutrei avec 10, 5, 3, 2 p. 100; «— ptouver axix maîtres que leur» efforts doivent tendre à établir un équilibre normal entre les diverses divisions, par une bonne répartition des élèves entre

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chacune de ces divisîoiis, de teDe sorte qri'on voie ^disparaître les accumulations d'écoliers dans les classes inférieures, celles-ci déversant leur trc^-plein dans les classes pins avancées. Ce résultat une fois atteint réalisera Tun des plus grands avantages qui puissent sor^r de notre organisation pédagogique. '

B'après cela, le 'point important n'est pas le nombre d'felèPves que chaque école prodoit au concours, mais le rapport existant entre ce nombre et sa population totale. Qu'une école de 20 élèves nen présefnte 2, elle est dans la même proportion jjue Técole de 200 qdi en -présente 120, et à ce point de vue, telle petite école rurale peut fournir un contingent plus considéralble que telle grande école .urbaine. Il sera donc juste de lui en tenar compte^ et pour cela il faut faire jBgurer dans les bases du classement deux éléments : la valeur aibsolue des compositions^ et de nombre des Boncurrents. Pour cela il suffit de multiiAier la note moyenne de chaque école par le chiffre représentatif du taat pour cent des concurrents fournis par elle : le classement reir'êt Ainsi une forme d'une valeur mathématique, et tous les intérêts sont sauvegardés ; la qualité et la quantité, pour employer une expression familière, sont conciliées. Telle école a obtentL la note 10 avec 2 p. 100 de son effectif, telle autre la note 5 avec 20 p. tOO ": celle-ci aura pour note classifîcatrice 5 X 20 ou 100, tandis que celle-là n'aura que 10 X 2 ou 20, et ce «era justice, car si les réstlltats dont la première t<';moigne sont moins brillants, ils sont moins restreints, et ils attestent ^ite lenhceau moyen de Tinstruction y est plus étendu. Ainsi les maîtres -seront tous appelés à faire leurs preuves, ceux des plus bunïbles localités comme leurs collègues placés dans des nésidences plus favorisées ; les chances des uns et des autres deviendront égales, de même que leurs services sont également utiles. Quant aux élèves, est-ce détruire ou diminuer chez eux l'émulation individuelle ? Nullement, car la valeur totale de l'école se compose de toutes les valeurs particulières, qui s'attesteront tant par les places obtenues dans les compositions que par Uobteniion du certificat d'études**

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