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e partie, à la fin du fkamiK IL o. t

LA LANGUE KAIEHNELLE 427

pes qai justifient ces proeédés. Avec l«s petits enfants, il ne procédera que par la pratique; c'est dans les divisions supérieures qn*il 7 joindra la théorie. Dans les écoles américaiaes, est usité un exercice appelé réeikbiion d'écriturey dans lequel les élères rendent compte de ce qu'ils font en écrivant et font preuve de connaissances techniques véntablement raisoooées* Gela est désirable dans ioirtes nos éeoles, diffidle dans celles qui liront qu'un seul maître, possible daxis les autres, absolomeat indispensable dans les écoles normales. La leçon faite, le maîti^ passe de banc en banc, dirige, critique, corrige, veille à la teài&e du corps, de la raain et de la plume. Et, comme il ne faut jamais perdre de vue l'éducation de rintelligence, les modèles à copiear doivent être toujours des mots exprimant des choses eonnuesi des phrases énonçant des idées claires, intelligibles, ayan»t une portée inteUectnelle on morale. L'orthographe doit &ii ôtre scrupuleusement reproduite.

Autrefois, le maître d^école se reconnaissait à sa belle écriture, il faisait son chef-d'OBUvre comme dans les corps de métier. H y avait peut-être bien aussi quelque chose d'un peu mécanique et d'assez inutile dans ce luxe calligraphique; mais aujourd'hui |a réaction est trop vive, nos instituteurs dédaignent ce que leurs prédécesseurs estimaient : combien dont kt signature est mi hiéroglyphe, et qui s^imagineint sans doute qu'il est du bel air de ne pas laisser lire leur nom au bus d'uiie Mtre I Rien de mieux que de supprimer le supei^u, mais gardons le nécetsaire. Le nécessaire est une bonne émture usuelle, nette, ferma» régutière, lisible, agréable à l'œil, et rapide.

Nous avons considéré la lecture, dans le paragraphe préeé» dent, au point de vue de la lecture mécanique : lorsque l'enfant a triomphé des difficultés matérielles et sait lire avec ses yeox, le moment est venu de passer à la lecture expressive et expliquée. Il y est déjà préparé par les habitudes d'articulation et d'iiitonation qu'on a dû lui faire prendre dès le début et par la ikoïx, des ^^jets 4{ui, étant facilement compris, sollicitaient son activité d'esprit et retenaient son attention.

La lecture expressive est la lecture naturelle, dont le ton est

appropné aux idées et aux sentiments exprimés dans le morceau lu. Il faut lire comme si Ton racontait, et c*est tout le contraire qui arrive. Diderot s*en plaignait déjà. La façoa de lire actuelle, disait M. Legouvé à inauguration du cours de lecture expressive dans les écoles de Paris, est « la plus ennuyeuse des psalmodies substituée à la parole naturelle, et, pour continuer la comparaison, on dirait que c'est comme un chant liturg^ique; elle sévit et règne sur toute la France, partout où il y a on lycée, un collège, une école. Ce n'est nullement une maladie innée, mais une maladie acquise. Voyez Tenfant qui parle, il trouve rintonation juste, il compose sa mine sur ce qu'il dit, il ajoute l'expression de la physionomie à l'expression de la parole, il sourit, il est charmant. Puis voyez-le lire, la voix se fausse, la figure se tire, la mine se compassé, plus le moindre naturel, il est stdfpide. Non seulement jusqu'à présent on ne lui a pas appris à bien lire, mais on lui a appris à mal lire, et nous en sommes là qu'un enfant qui lirait bien s'attirerait des moqueries. Ce vice de l'éducation actuelle est donc radical ; comment contester l'utilité de se débarrasser d'un mal, surtout quand on peut le remplacer par un bien ? Or Tart de la lecture ajoutera une qualité là où il n'y avait jusqu'à présent qu'un défaut. Dans les monarchies, on écrit et on se tait ; il est inutile de savoir parler; dans les Républiques, on écrit et on parle, l'avènement de la démocratie doit être aussi l'avènement de la parole. Or l'art de la lecture est la base de l'art de la parole. Et l'art de la lecture repose sur des principes positifs et précis. » Nous renvoyons les instituteurs et les institutrices au petit manuel composé à leur intention par M. Legouvé, sur la demande de M. Bar doux, alors ministre de l'instruction publique. L'enseignement de la lecture expressive, désormais obligatoire dans les écoles normales, ne tardera pas à se répandre dans les écoles primaires ; des concours cantonaux facultatifs ont déjà été institués dans plusieurs départements ^

La première de toutes les conditions pour bien lire, c'est de comprendre ce qu'on lit. De là, nécessité pour le maître d'expliquer ce qu'il lit et ce qu'il fait lire à ses élèves K II expliq[aera

1. Voir Circulaires ministérielles de septembre 1878 et da 23 og> tobre 1879. S. Voy. l'o partie, chapitre YI, p. 185-186.

d'abord les mots. L'enfant possède un vocabulaire restreint; il ne sait même pas nommer toutes les choses qu'il connaît; il en est des termes généraux et abstraits comme des idées qu'ils expriment, il ne les comprend guère. Je n'oublierai jamais la surprise que j'ai éprouvée la première fois que je suis entré dans une école primaire en qualité d'inspecteur d'académie. C'était une école de filles ; une vingtaine de Ailettes, debout autour de la maltresse, lisaient péniblement dans un vieux livre. Au courant de la lecture^ entendant le mot aliments y ie demande ce qu'il veut dire : personne ne répond ; je demande qu'on me nomme des choses qui sont des aliments, même silence. L'institutrice n'avait pas même l'idée que ce mot pût être inintelligible à des enfants. 11 faut donc expliquer même les termes les plus usuels et ne pas oublier que la langue des enfants n'est pas identique à la nôtre. « Les choses que dit un enfant, dit Rousseau ^ ne son pas pour lui ce qu'elles sont pour nous ; il n'y joint pas es mêmes idées. » A plus forte raison pour ce qu'il lit. Et ne croyez pas que cet exercice soit chose facile ; il exige une préparation attentive, et, pour les maîtres débutants, il doit être préparé la plume à la main.

Comme il ne faut dépasser ni le temps normal de la leçon de lecture, ni la mesure intellectuelle des élèves, le premier soin à prendre est de choisir les mots à expliquer, sans avoir la prétention de tout expliquer le même jour : cinq ou six mots chaque jour forment déjà au bout du mois un total intéressant, d'autant que la récitation et la dictée fourniront encore un texte à d'autres explications du même genre. Le maître doit discerner quels mots ne peuvent pas être compris actuellement, même après explication, quels mots demanderaient pour l'être des explications trop longues et trop compliquées (ils seront les uns et les autres en nombre imperceptible dans un livre bien fait) ; il passera outre provisoirement, sauf à y revenir en temps opportun. Quant à ceux qu'il aura marqués, il y a diverses manières d'en expliquer le sens.

La plus commode, mais la plus limitée, c'est de montrer l'objet lui-même (les musées pratiques sont pour cela un précieux auxiliaire), ou, à défaut de l'objet, son image. A défaut

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