Voy. l'« partie, ch. VU, p. 219, et ch. XUI, p
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tentait d'exprimer oralement; il faiat qu'il éerine boq on copiste, mais comme un être qui pense et réfléchit
Les premiers deToirs de composition et de style seront une suite natnrelle des le^ns de choses, des exercices de fféeitatioa et de lecture. Dans le cours préparatoire, oa tomraeacera par faire décrire aux Mifants une imagée eteyttaée 4in mur on une Tignette du livre de lecture. Un peu plm tard, •on fera rédiger de mémoire le morceau lu ou récité, pids les remarques faites 9ur ce morceau; enfin on donnera un airjet non plus identique, mais toujours en rapport avec celui de la lecture ou de la récitation. Car on ne saurait trop reèamoiaiider, sous la diversité des exercices qui se remplacent les uns les autres, cette continuité ininterrompue, cette suite dans la méthode et dans les vues générales qui font Tunité et la fécondité de renseignement. En effet, si l'esprit de l'enfant et même de l'adolescent ne peut sans inconvénient rester au delà d'une certaine mesure enfermé dans un méine ordre d'idées, un inconvénient non moins grave est de l'arracher trop brusquement à un objet d'étude qu'il a commencé A saisir et & s'ai^roprier. Le changement, dans ce cas, doit porter sur la forme plutôt que sur la matière du travail. Que l'élève, après une bonne explication donnée par le maître, ait bien compris et bien retenu un passage lu ou appris par «œnr, son intelligence est, pour un temps donné, dans une •certaine disposition dont il importe de tirer profit en utilisant l'effort qu'il vient de faire pour acquérir des notions nouvelles : mettez-lui alors la plume à la main, obligez-le à revêtir d'une forme précise, à ranger dans un ordre défini ces idées qui viennent de s'éveiller en lui, et ce travail complétera le premier sans le répéter. Cette manière de procéder respecte les conditions dans lesquelles fonctionnent deux facultés également «ssentieiles, l'association des idées et l'attention <.
If. Buisson, dans son Rapport ^, cite d'intéressants spécimens de ces premiers essais de composition et de style. Il s'agit de décrire une image représentaiJ; une basse- cour.
t. !■• partie, ch. IV et Jh 2. P. 274 et 275.
LA LANGim lUaSBOHELLE 43ft
liC tableau représente une petite fille Bourrittsnt une patlte famille de poulets qni sont très«-affamés et qai ont attendu longtemps leur nourritara. — Et maintenant la petite fille donne aux poulets leur nourriture. -" C'est une scène du matin. — €*eBt en été, parce que les arbres est novèta leur verte parure et que rberbe est verte, et il y a do jeune» peslels, SA e'^teit on hiver, ces petits êtres moumaont. — J*ai écrit cette hifitoim um L*9ide do porsonne.
Cette rédaction est signée par un petit garçon de sept ans. Quelquefois, les élèves étant trop jeunes pour écrire, ou ne pouvant pas écrire assez vite, c'est le maître qui écrit au tablaui et sous leur dictée. Rien de plus utile^ de plus slimulant pour Tesprit que cette préparation à des devoirs moins élémentaires et dont la difficulté augmentera graduellement. Quel qu'en soit le sujet y le maître dictera toujours le plan, e'est-à-dire Pénoncé en quelques mots des principales idées à traiter dans leur ordre logique. Par exemple, sous ce titre La pluie, on développera successivement les points suivants : « 1* ce que c'est que la pluie ; 2<^ d'où elle vient; 3" pourquoi elle n'est pas salée ; 4^ les pluies en différents pays ; 5^ les bons effets de la pluie ; 6* ses mauvais effets ; 7° comment employer \m jour de pluie ; 8» des-» cription d'une averse. »
Nos maîtres ne sont pas assez familiarisés avec ces sortes d'exercices, pourtant si excellents à tous égards. Us font plus volontiers écrire une lettre, grosse difficulté pour on enfant. Là encore, il faut le guider, l'amener à dire simplement ce qu'il pense et ce qu'il sent, au lieu de lui dicter ces phrases banales qu'on croirait extraites d'un Farfatt secrétaire. En voici uA modèle historique ; c'est une lettre adressée pair le fils de Bnffon, âgé de huit ans, à Mme Daubenton, femme du célébra naia* raliste collaborateur de son père. Le petit Buflbu, ou Bufibnet, comme il s'appelle lui-même, a quitté le ohAteaii de Ifontbafd et donne de ses nouvelles à cette dame qui l'aimo comme son propre enfant. H lui dit d'abord où fl est, ce qu'il fait. Piiîs il s'informe des animaux domestiques qu'il a laiesés et quli regrette , compagnons de ses premiers jeux. Il n'oublie pa» ks personnes qu'il a connues et finit en souhaitant une bonne santé à Mme Daubenton :
« Madame et chère bonne amie, je me trouve très bien au- collège, le sait à cet instant auprès de mon papa, je dtne chez lui. Je vous prie de
iiO PÉDAGOGIE '
n'envoyer le plas promptemeni qae vous pourrez des nouvelles de Fw- K'hepUt, qui signifie en français jeu du vent ou Umer, et du pauvre petit îhevreuil. S'il est mort, cachetez, je vous prie, votre lettre de noir. Adica, na chère bonne amie ; bien mes respects à tous mes bons amis et ma jonnes amies. Adieu encore une fois ; je vous souhaite une bouie saiié, 3t vous demande permission de vous embrasser. BuFfONST. »
Voilà bien une lettre d'enfant ; elle dit ce qu'elle vent dire ivec simplicité et avec clarté ; elle est naïve et n*a point réclamé dlntervention étrangère.
Dans le coars élémentaire, en tenant compte des observatioffi générales faites plus haut, on donnera des sujets un peu plœ âif&ciles, c*est-à-dire exigeant des développements moins seci, avec des transitions mieux ménagées. Dans le cours supérieur, les sujets comportent plus d'ampleur, sans sortir néanmoins do cercle, d'ailleurs assez large, des idées, des sentiments et d« actes habituels. Les rédactions historiques, les descriptions* lieux pourront avoir leur tour, en tant qu'exercices de composition française : par exemple : « Gharlemagne restaurateur des lettres. — Saint Louis et le Lépreux. — La bienffidsance po* blique au moyen âge. — Réconciliation de Henri IV et du duc de Mayenne. — La prise de la Rochelle. — Colbert et la marine française. — Colbert et les manufactures. — Golbcrt et le commew* maritime. — Les productions du sol en France. — Les animai domestiques. — Les fleuves, les canaux, les mers, etc. »
On abordera enfin des sujets d'une portée morale et éàad' trice plus visiblement marquée. Ainsi, quand les élèves ont ^ tout le programme de l'histoire de France, qu*on leur fasse apprendre les beaux vers d'André Ghénier sur Fhistoire, ils po** ront traiter un sujet intitulé « L'histoire, en quoi elle consiste» quelle est son utilité ; quelle histoire faut-il étudier de préf^* rence, » ou tout autre dans le genre de celui-ci. S'ils ont appn^ la fable de Florîan Le château de cartes, ils pourront traiter i« sujet « Des conquérants et des fondateurs d'empire, » etc. ^ ^ reculerais même pas, dans le cours supérieur (à plus forte f^^ dans les écoles primaires supérieures et dans les écoles do^ maies), devant des questions d'un caractère absolument moral- « La conscience et le remords, la perte du temps, la domin^^ de l'homme sur la nature, l'invention des arts utiles, * >» ^
i. Si^ets tirés de nos Exercices de récitaiion et de composUienfro^^*
On ne peut nier que, si la méthode que nous venons d'indi* quer est exactement suivie, Tenfant aura aequis en un temps relativement court une connaissance de la langue maternelle relativement considérable. Savoir parler et écrire, n'est-ce pas déjà savoir sa langue ? La grammaire n'enseigne pas autre chose, d'après la bonne vieille définition, qui est parfaitement juste, et qui n'a qu'un défaut : c'est d'être oubliée , aussitôt énoncée, par ceux-là mêmes qui font profession d'enseigner la grammaire. Si nos petits élèves sont si avancés, c'est précisément parce qu'ils n'ont point encore étudié la grammaire et qu'ils ont appris leur langue en la parlant et en l'écrivant. La granmiaire est une science, c'est la philosophie du langage : comment un pauvre petit enfant de sept ou huit ans pourrait-il s'y reconnaître ? Que lui importe qu'il y ait dix parties du discours ? Sait-il seulement ce que c'est que « le discours » ? Une pareille étude est pour lui bien plus compliquée que celle de l'arithmétique ; elle est la plus difficile de toutes ; c'est par eUe qu'il faut terminer et non pas commencer un cours primaire. Je ne voudrais pas voir de grammaire entre les mains d'un élève d'école primaire avant l'âge de dix ans. Jusque-là, l'enseignement oral et empirique est suffisant.
Une des plus sérieuses difficultés dont se plaignent les maîtres réside dans les déplorables habitudes de langage que la plupart des enfants apportent à l'école. Je ne parle pas du patois, qui a la vie dure, mais du français qu'ils parlent, si l'on ose dire que ce soit ôjn français. Non seulement ils savent peu de dioses, mais ce peu ils ne savent pas Fexprimer ; ils ne possèdent qu'un petit nombre de termes, généralement incorrets ; leurs phrases sont embarrassées et pèchent au double regard des règles et des tournures. Est-ce une grammaire — fût-ce la meilleure des grammaires, et eussent-ils accompli le miracle de rapprendre par cœur — qui les en corrigera ? Evidemment non. Le seul remède efficace consiste dans les exercices divers que nous avons passés en revue et auxquels s'adjoindront, dès que les élèves pourront écrire facilement, des exercices spéciaux d'orthographe, auxquels ils auront été préparés, indirectement, par
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le soin que Ton aura pris et que Ton preadra toujours d'exiger une reproduction fidèle de tous les mots qu'ils écrivent dans toutes les occasions qu'ils ont d'écrire.
Le maître écrira d'abord la dictée au tableau, et les él^e« Ja transcriront sur Ttf drâe os sur le cahier ; ^Uia tard, ik éoH ront sous la dictée. C'est an maîtres à loisir ces évwem et à les graduer de manière qu'ib préseatent aoceessiiieflMnt les principales difficultés usuelles de i'ortiiagrapbe. A. un autre point de vue^ le choix n'en est pas moins important ; les di^ tées doivent être instructives, augmenter la somme des notiow ^aequises sur les réalités de la vie, les métiers, les profeMons, les industries, tout en n'excluant pas eid;re temps des 3ujeU d'iwe portée plus spécialement morale ou même littéraire. U faut •qu^elles servent non seulement à apprendre l'orthagrapJiA, nais à apprendre la vie.
La correction de la dictée ouvre la porte au {uremier ooeeignement grammatical méthodique et suivi, mais toujoiUB par la pratique : des faits, des f (ûls et encore des faits, je yeux dire des exemples, puis la f^le, mais seulement la règle iodbpenesble, Idbsaot provisoirement do côté le» exceptions qpi'il a'est pas d'une nécessité absolue de faire ooimaâire ^ Les parties du <fiscours sont étudiées au furetàmesupe qu'elles se présentent; Tanalyse grammaticale et l'analyse logique s'introduisent xuUi»rellement et comme d'eUes-mèmes ; l'étude des moU, la lexicologie, éclairée par l'intelligenoe des choses, devient un exercice intéressant au lieu d'être une abstraite et stérile oomieoelatHre. On évitera donc les analyses écrites intenminabiea, les coo^ii^^aisons écrites toutes dune haleine, qoi n'ont jamais appris ni Torthographe, ni le français, ni la gcamoiaire à un petit enfaat On fera des analyses courtes, presque toujours «aies ; on fera
i. CTest l'avis de Féneloa^ qui recommande d'éviter « une si'^inmaire trop curieuse [soulevant trop de questions] et trop remplie de préceptes, fl me semble, ajoute-t-îl, qu'il faut se borner à «ne nétlwde eeiurte et facile. Ne doomez d'aboffd que tes régies les plu géeéraJes ; les exceptions vieadront peu à peu- Le plus grand point est de mettre une personne le plus tôt qu'on peut dans l'application sensible des règles par un fréquent usage : ensuite cette personne prend plaisir à remttrquer le détail des i^ gles qu'elle a suivies d'abord sans y prendee garde. » {LêUre «tr ies accmpationi de l'Académie frmÊçaùe : Projet de granunaire.} U exprime Ji ttème opinion dans an plan d'études écrit pour le duc de Bourgog^t,
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côDJugaer un temps d'un verbe, le même temps dans un autre verbe ; quelquefois même on se bornera à demander telle personne de tel temps à tel mode ; renversant le procédé, on énoncera la forme verbale en posant la question : Quel temps, quel mode, quelle personne ? Cet exercice , mené rapidement, intéresse toujours les élèves ; il ressemble aux exercices oraux de calcul usuel et met de Tentrain dans renseignement.
Cette étude expéi^imenlaie , la «eida possible dans le cours préparatoire et presque dans le cours élémentaire, ne dispense pas d'une révision raisonnée et théorique de la grammaire ; mais cette révision viendra en «on temps dans le cours supérieur. Loin d'y être fastidieuse et sans utilité^ elle offiira an contraire un véritable attrait à des jinteUigences déj^ formées : elle leur rendra le service qae sont appelées à rendre les idées générales et abstraites * ; elle ^portera l'ordre, le classement, la simplidcation dans la foule des &ili et des nditone p«rticulièree ; elle sera pour l'etprit une cause de plaisir et de soulagement.
i. Voy. 2<: partie, eh. III, p. 405 ol 6uiv«