Circulaire mimsiérielle, dn 2a août ISST
S. Premières noéions d'arithmétique,
3. M. Bain, La science de V éducation, iiv. II, eh. vi, p. 218.
l'enseignement scientifique 467
éicatioD de la première (sroisade ? Quel intervalle s'est êcouLé entre le traité de Cateau-Cambrésis et eelai de Westphalie,, entre le traité de Westphalie et celui d'Utrecht, etc. ? Gei-tains nombres importants en géographie seraient facilement introduits dans ane foule de questions diverses : les dimensions, la superficie, la population de la France; la proportion des terres caltiTées et des terres boisées, des cultures et des vignobles; la proportion entre les importations et les exportations, entre les impôts directs et indirects, entre le total des impôts et le nombre des habitants, etc.^ toutes données qui servent de base à L'économie sociale. De même pour les rapports des différentes mesures entre elles, pour les titres des monnaes, les alliages, et les notions sur la mesure du temps.
Les notions de géométrie seront enseignées en vue de Tapplication du système métrique à la mesure des surfaces et des volumes^ en vue aussi des arts et même des métiers manuels qui exigent le dessin linéaire. Que Tarpenteur ait besoin de ces connaissances, cela va de soi ; l'architecte, l'entrepreneur, le charpentier, le menuisier, etc., en ont besoin également. Le point de départ est dans les leçons de choses : qu'on montre aux enfants, qu'on leur fasse manier, rapprocher, combiner de petits cubes en bois ou en carton, des triangles, des pyramides, dés lignes droites, qu'on les leur fasse dessiner sur l'ardoise, ils en apprendront le nom avec quelques-unes de leurs propriétés. Les premières vérités géométriques doivent être démontrées expérimentalement; la même méthode est, du reste, indispensable pour apprendre à lever un plan, à mesurer un terrain* Après quoi, la démonstration rationnelle sera aisément admise par l'esprit.
Les sciences exactes ont donc une utilité pratique, au point de vue des connaissances acquises ; elles en ont une autre, non moins précieuse et plus générale, quoique moins appréciable en apparence. Elles font bien comprendre la manière de tirer parti de plusieurs éléments concouraiil à un but commun; lea relations entre différents facteurs, l'influence proportionnelle qu'ils exercent les uns sur les autres ; elles ne permettent pas à une question de conserver un caractère mal défini, elles la ramènent à une expression nette et qualifiée précisément de « mathématique »• Elles donnent ainsi à la pensée 4,es babi-
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tades d'ordre, de prédsion et de rigneor, qui trouvent leur nlile emploi en dehors même de leur domaiiie. Mais leur colton exdasiye fausserait Tesprit, parce qu'elles ne peuvent pas doos faire connaître la vérité tout entière : tout ce qui dépend <ie l'observation, de Texpérience, tout ce qui exige la classificaHoB et la généralisation leur échappe et appartient aux sdenees expérimentales. Celles-ci ne sauraient se passer des sciences exactes, parce qu'elles ne sauraient se passer de formules, mais la vérités que ces formules expriment n'auraient jamais été découvertes par la seule application du raisonnement maibénatique ^.
C'est en vue de leurs applications aux usages de la vie et ssi arts les plus usuels que les sciences physiques doivent être étudiées à l'école. Les trois plus importantes sont la phjsiqoe,!) chimie, la physiologie. On les étudie par rapport à Thygi^ d'abord, aux diverses industries ensuite.
n est à peine nécessaire, dit M. Bain, d'indiquer les applications de la physique à tous nos actes les plus ordinaires. 1^ nos ustensiles de ménage se trouvent des leviers, des pooli*^des plans inclinés et bien d'autres machines encore. Nous nous servons de fenêtres, de grilles, de cloches, d'horloges. Noos avons à tout instant à examiner si tel ou tel objet est snîèsx^ ment soutenu. La circulation de l'eau dans nos maisons et fl* jardins nous force à appliquer sans cesse des principes d'hydi*" statique et d'hydraulique. Les nécessités de la circulation <!• Tair, du chauffage, de la ventilation, de l'éclairage au gaz,noi^ obligent à savoir les principes qui s'appliquent aux fluides aénformes. Ceux de la chaleur se présentent à nous à propos de » tension de la vapeur d'eau et de l'explosion des chaudières, ne suffit pas de faire venir des ouvriers quand quelque cbo^" se cérange; on doit encore comprendre soi-même l'action toutes les forces naturelles, afin de prendre toujours les pr^^" tions convenables, et, si Ton y arrive à peu près par des coû*
1. Voy. ire partie, ch. X, p. 243, ce qui a été dit au sujet du sent dédufttif;
r£NSEiaN£ai&NT SCIENTIFIQUE 4G1)
TiaissaHCes empiriques, on le fait bien mieux encore avec de$ prineipes scientifiques.
La météorologie se rattache à la physique; les observations }u'un certaii^ nombre d'instituteurs sont chargés de faire dans leur commune offrent une occasion toute naturelle d'initier les élèves à des notions d'une incontestable utilité.
Les applications immédiates de la chimie à la vie ordinaire jont peut-être moins nombreuses, mais elles ne sont pas moins importantes que celles de la [physique. L'action corrosive des acides et des alcalis, le pouvoir dissolvant de Tesprit-de-vin et de Tessence de térébenthine pour les surfaces vernies sur lesquelles Teau est sans action, la protection des étoffes et des meubles ?ontre les substances chimiques dangereuses qui servent à certains travaux domestiques, et bien des faits relatifs au blanchis^ sage, à la cuisine et à la conservation des provisions de ménage : tout cela exige certaines connaissances chimiques ^.
La physiologie est encore une science imparfaite, elle se fait tous les jours, elle n'a aucune place dans les programmes de renseignement primaire : quand elle s'y introduit, c'est sous le couvert de l'hygiène, et il va sans dire que je n'en parle qu'à ce titre. Les études préparatoires de physique et de chimie lui frayent la voie. Ses résultats essentiels se résument en ces principes pratiques : nécessité de respirer un air pur, d'avoir une noionriture suffisante et saine, de faire alterner l'exercice et le repos I d'assurer la force intellectuelle par de bonnes conditions physiques '. On n'est bien persuadé de la valeur de ces règles que par quelques démonstrations ayant un certain caractère scientifique.
L'histoire naturelle a pour types et pour divisions principales la minéralogie, la botanique et la zoologie. Les deux premières sont étudiées surtout au point de vue des diverses industries. La minéralogie offrira un intérêt particulier dans les centres métal* lurgiques : les houillères, les charbonnages, les hauts fourneaux, les forges, les aciéries, etc., en présenteront les plus importantes applications pratiques. Les notions de botanique peuvent Cire limitées à la collection des plantes sauvage de la région, à leur