CHAPITRE VIII
I. L'art dans l'école. Il a pour but aoa aealement de préparer à l'exeroiee é» profeBsiona manaelles, des arts indastriels et décoratifs, mais de prooorw il eemplei développeineiit des faoatés supérieures de Tàme et le meitlear empU da loisir. Gomment on peut faire, même à l'école primaire, rapprentiflâfe da goAt en général. Education artistique spéciale : l'enseignement da ohant il
du dessin.
II. L'instruction civique ; en quoi elle consiste, qael est son but et son pn^
gramme.
III. L'enseignement moral. Afflnités de la culture morale et de la culture tftistique. En qnoi consiste l'ensei^piement moral. Instractions indirectes : Sxiapies.
IV. L'enseignement religieux. Comment il faut l'entendre ; comment et à quelle occasion il peut être donné. Exemples.
L'éducation ne doit pas être uniquement utilitaire, elle doit être aussi spiritualiste, c'est-à-dire donner une légitime satisfaction aux tendances les plus élevées du cœur et de Tesprit Cette culture supérieure peut être le résultat de certaines études spéciales, celle de l'histoire , celle de la langue diez les grands écrivains; mais elle doit être cherchée encore par des moyens plus généraux, agissant non sur telle ou teik faculté en particulier, mais sur l'âme tout entière. A ce titre, renseignement artistique^ l'enseignement moral et reiigîeax ont leur place dans l'école.
L'art dans l'école : le mot paraîtra peut-être ambitieux, maiï . Ravaisson ^ s'en est servi, et je lui demande la permission
i. Articles Art et Dessin dans le Dictionnaire de pédagogie^
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de m'en servir après lui. « S'il convient, dit-il, d'introduire ou plutôt de rétablir Tart dans l'école, ce n'est pas seulement pour procurer le meilleur et le plus complet développement des facultés de l'esprit^ et pour préparer le mieux possible à l'exercice des professions manuelles auxquelles serviront pendant toute la vie ces facultés, dans le cours des heures du travail; c'est encore pour préparer un meilleur emploi des heures de loisir. On se plaint que les heures de loisir soient trop souvent rempUes par des distractions et des joies d'un ordre tout matériel, où les mœurs se corrompent et Tesprit s'avilit. En serait-il de même si les classes populaires étaient mises en état de goûter les satisfactions d'ordre supérieur que procurent les belles choses, si elles étaient instruites, fût-ce même dans une faible mesure, à se plaire dans cette sorte de divine et salutaire ivresse que procurent par l'ouïe et par la vue les proportions et les harmonies? L'homme du peupl'e, sur lequel pèse d'un poids si lourd la fatalité matérielle, ne trouverait-il pas le meilleur allégement à sa dure condilion^ si ses yeux étaient ouverts à ce que Léonard de Vinci appelle la bellezza del mondo, s'il était appelé ainsi à jouir, lai aussi, du- spectacle de ces grâces que l'on voit répandues sur tout ce vaste monde et qui, devenues sensibles au cœur, comme s'exprime Pascal, adoucissent plus que tonte autre chose ses tristesses et, plus que toute autre ^ose, lui donnent le pressentiment et l'avantrgoût de meilleures destinées? »
Je l'ai déjà dit, refuser cette sorte de culture à la population enfantine des écoles primaires, c'est rétrécir le champ de l'éducation et mutiler la nature humaine. L'imagination, le goût, le sentiment du beau ^ sont en germe dans toute âme, et l'éducation même la plus élémentaire n'a pas le droit de les négliger : la culture artistique tient d'aussi près à la culture intellectuelle et à la culture morale que la sensibilité à l'imagination et l'imagination à la raison. Mais il ne faut pas se méprendre sur le but. L'école n'a pas plus mission de faire des artistes que de faire des agriculteurs, comme nous le disions il n'y a qu'un instant; son rôle est de mettre des aptitudes en situation de se manifester et si^r la voie d'un développement
1. Voy. !'• partie, ch. III, p. 164 ; ch. Vlll, p. 211 et suiv.
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ultérieur. On p«at aimer et sentir ies betor^arts ^êltès être artisieiy coiome on «me la nmsiqae sans être virtuose, la poése et réloqneiiee sans étce poète ni orateur; l'enfant doit faire à Técole n«B Vapprentiseage de Fart, nott&raf^eniitssage du goAL A cela cofitrilHia tout ce qui est de nature à donner le sentônent de la proportion» de Tordre, de l'harmonie, depuis nnstruetion et l'éducation propremeot ditea jusqu'aux dispositions matêneUe de la maison d'école et à l'ageneement de la salle dfe dasse. Que je voudrais en voir les murs décorés non seulement de cartes géographiques I d'images scientiiiquies- et industriefies, mais d'cirmoments véritablement artistiques^ ne fftt-ce que de bonnes photograplûes représentant des villes, des monument», des costumes^ des armes, des objets d'art, des sites célèbres f A pins forte raison, des plâtres, des bustes, des bas-reliefs. Quel vmoA commentaire des leçons de lecture, d'histoire, de tout i'onseiguementl Et aussi quel moyen de cultiure artistique et inonde tout à la foial Le beau, ne se laisse pas regarder sans laisser quelque reflet de lui-même dai^ l'âme et dans les yeut âe celui qui le regarde, c II (fonvient que les jeunes g^ens, ùissA Platon ^, élevés au milieu des plus belles choses, eomoae daiF un air pur et sain, en reçoivent sans cesse de salotairetB iiiipressions par l'œil et par loreille, et que dès l'enfMtte tout ies porte insensiblement 4 imiter, à aimer le beau, à se mettre en accord avec lui. » C'est bien ainsi que Tentendaieiit le anciens, et c'est ce que signifiait cette désignation de musiqm, sous laquelle ils comprenaient tout l'art de i'éducatioo *.
Indépendamment de cette préparation générale , l'école donne une préparation artistique spéciale, limitée, il est vrai, mais réelle, sous la forme des deux arts qui sont le plus à la portée de tous, le chant et le dessin*
Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit aiUeurs dd chaut '. Le dessin dans l'école semble, an premier id»ord, aussi peu artistique que possible^ puisque le desatn d'imitation est une exception dans les écoles primaires élémentaires et qu'os n'y enseigne guère que le dessin géométrique. Mais eelui-d est