‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 175 sur 206 · I. L'éducation progressive, liv. VII, ch. n, t. Il, p · texte numérisé non relu

I. L'éducation progressive, liv. VII, ch. n, t. Il, p

LA DISCIPLINE 489t

siye, elle peut être aa contraire trop faible. Elle abusera sûrementy si elle s'appuie sur ce principe qu'il faut comprimer; elle faiblira, si elle n'ose pas réprimer ; elle sera dans la vérité et dane l'équité, si elle s'attache ayant tout à prévenir^ sauf à réprimer ensuite s'il y a lieu. L'autorité paternelle, adoucie à Texcès et tendant, disque jour à diminuer, rend la tâche du nattre à la fois plus nécessaire et plus difficile.

Les moyens juréyentifs par excellence résident dans l'esprit même de l'éducation générale, dans la culture des sentiments, de l'intelligence et de la Volonté : toute la première partie de ce Yolume a été consacrée à cet objet. D'autres moyens résul* lent d'une bonne éducation scolaire, tant au point de vue de Tordre matériel que de l'enseignement. Que t^us les mouvements soient prévus, réglés^ et qu'on tienne la main à leur exécution ; que chaque élève , chaque groupe d'élèves ait sa place marquée ; que les exercices se succèdent conformément k un emploi du temps méthodique et scrupuleusement observé ; que l'attention du maître ne se lasse pas, qu'elle embrasse d'un coup d'œil, par la force de l'habitude, l'ensemble et les détails de la classe ; que celle des élèves soit encouragée par l'intérêt des leçons, la variété des sujets d'étude, par une habile alternance de travaux : autant d'occasions de désordre qui seront évitées, autant de punitions qui seront rendues inutiles. Le système préventif est la moitié de la discipline ; c'est une des raisons qui font comprendre l'insuffisance du système des « réactions naturelles^ ».

La punition néanmoins ne pourra pas être constamment écartée. Lorsqu'elle deviendra indispensable, on l'appliquera avec d'autant moins d'hésitation et d'autant plus de fermeté qu'on aura tout fait pour l'éviter. Reste à déterminer quelle en doit être la nature. Nous savons déjà qu'elle n'est pas une vengeance, mais une réparation à l'égard d'autrui, une expiation par rapport au coupsd>le, et qu'elle doit procurer l'amendement de celui-ci. Pour qu'il en soit ainsi, elle doit avant tout « être juste par elle-même, c'est-à-dire telle que la personne punie doive avouer qu'elle a mérité sa punition et que son sort est parfaitement approprié à sa conduite. La justice est la première con-

L Voy. !•' partie, clï. XI, p. 273, 274.

dftioii de toute panî4lon, «t Fessence inème de cette aoUoQ:li pimitkm est im mal physiqa« qai, lors même qu'il ne serait p» lié comme one conséquence natuFeUe arec le mal moral, denail en être epnsid^<é comme une consôqueoee suivant les ynacipet de la légifila^on morale '. »

De cette première condttîoB découlent toulea les aiitr«.l) punition sera, dès lors, proportionnée à la faute; par etasè' quent, eHe mesurera des degrés de «variabililé en rapport i« la graTitê de la faute; — proportionnée à F Age, au csraM aux haMtndes, à Tétat d'esprit du coupable; — elle sera, «is' que possible, de même nature que la faute; — utile etréfon» trice pour le coupable, elle sera en même temps exenphûrti «l'ost-à-dire qu'Ole servira de leçon à tous.

Les punitions corporelles, interdites par nos règlement ^ j«^ées nécessaires dans d'autres contrées*, se rcnupliâWiftP* les plus essentielles de ces conditions. Elles ne respeQbentfwb personnalite morale, elles sont humitiaates, «o^iios, propw^ réfuter le sentiment de la dignité humaine, e'ii «'est déjà w» • tré à quelque degré chez l'enfant, ou à rempèeher de se déft* Jopper, s'il n'est encore qu'en germe. Elles ne procurent aW ^yantage au coupable ; elles ne lui font pas rép«er sa U^'^ «lies n'ont pas de rapport précis avec cette faute. Lee punili<* à employer sont les suivantes : avertissements, reproches, ï** primandes, mauvaises notes lues en classe et transmises aux!*' rentfi par le carnet de correspondanoe ; retenue, non ^ ■écrire sous la dictée ou rester iuutilement enfermé, maisï»* refaire un devoir mal fait^ pour apprendre une leçon non stf- C'est dans ce cas que la discipline des conséquences natardie^ «st excellemment appliquée : d'abord, los enfasits slnstnus**' fdrcémeirt ; ensuite, comme ils ont une remarquable isàfBA0 <ie ia justice et, quoique à un moindre degré, le sentiment à9» proportionnalité entre la faute et le châtiment, iii reeennaltrti^ dans cette mesure la marque de l'équité et de la convenaD^i de plus, ils comprendront qu'en ce monde il n'eeft pas p^n^ de se sottstraÉre à la loi commune du devoér, bous qael^ forme qu'elle s'impose à nous, que, plus tôt ou plus tarJ. "

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