FéneloD, ch. V, p
nissaat, on peut toijgours témoigner de la Jbonté, chose capitale dans Téducation : la bonté n'exclut pas la séyérité, elle s'allie fort bien ayec elle, mais elle est toi]gours nécessaire. Les enfairts qui sont traités sans bonté ne deviennent pas bons.
En matière de punition, comme en matière de récompense, il faut ménager la sensibilité, lorsqu^on la connaît plus ou num irritable et ombrageuse, selon les caractères. En général, TeDfant supporte impatiemment le joug. Ce qu'il en faut conclare, selon robserration du bon RoUin, c'est que pour cette raisonna même il demande plus de précautions et de ménagements, et qu'il cède plus volontiers à la douceur qu'à la violence : « (h voit quelquefois un cheval fougueux qui se cabre, qui secoue le mords, qui résiste à l'éperon ; c'est que celui qui le monte, qù a la main dure et pesante, ne sait pas le conduire et le gourmande mal à propos. Donnez à ce cheval, qui a la bouche eitrèmement fine, un écuyer habile et intelligent, il arrêtera toates ses saillies et d'une main légère le gouvernera à son gré *. > -^ « Tout ce que vous dites est bon, juste et raisonnable, disait Mme de Maintenon * à une des maîtresses de la maison de Saint-Cyr, il n'y a que le ton à changer. »
Ce point mérite d'autant plus de considération que l'état d'irritation et de mauvaise humeur, causé par une sévérité non excessive en soi peut-être, mais mal équilibrée et inopportane, nuit non seulement au caractère de l'enfant, mais encore à sas dispositions intellectuelles. Pour profiter de l'instruction, l'eiprit a besoin de se sentir dans un état de calme et, pour ainsi dire, de bien-être : un enfant, troublé par la colère de ses miltrès, irrité contre eux, mécontent de son sort et de iatà» choses, ne peut pas s'appliquer à l'étude. Nous-mêmes, sommesnous bien portés au travail, et notre travail est-il bien recueilli, lorsque quelque émotion nous agite ? Et il s'agit d'enfants, c^est-à-dire de caractères non formés, de volontés mal éclairées, d'intelligences en voie de développement 1 Les motif» qui auraient de l'action sur des hommes n'en ont pas toujours sur eux : quel enfant a-t-on jamais convaincu en lui parlant d'un avenir lointain et inconnu ? L'avenir, pour lui, c'est le lea-