LES ANNEXES DE L.'ÉGOL
I. Les cours d'adultes. Leur utiKté pour cootidner et compTéter nottracHom re$ae à récols do jotir* Gomment ile doivent être compris. Matières de renseignement dans les coura d'adultea-hommes ; dans les eoa» d'adoltes • feimaes.
II. Les iHUiotUqiMi acolaiw. Elias aoBt destinées à propager 1* gofti da 1» lecture non sealement parmi les enfants, mais, par leur moyen, panm les fa*milles. >^
III. Les eaisns d^argne scolaires; leur rapport atree les intéiAts de rèdfiea*^ tion. L'halHtQda de Tépargoe ; aa ipaleur. Valeur réelle de l'argent ; à quoi il sert.
IV. Lea caisses d'éeelé. Leur origine. Sertices qu'elles sont appelées à rendre, en voo de dépenses scolaires ntiles, maie bob obUgatoisee pour les eonuannes ou poor l'Etat.
L'école du soir est la suite de Técole du jour» la suite naturelle et nécessaire , car les élèves qui sortent de celle-ci & douze ou treize ans ont besoin de ne pas oublier ce qu'ils y ont appris, liais les cours d'adultes n'ont rien d'obligatoire, et nous^ nous bornons à indiquer la meilleure direction à leur donner, pour ceux de nos maîtres dont la bcume volonté ne recule pasdevant ce surcroît de travail.
Et d'abord, ils s'adressent aux adultes et non aux enfants de Vécole du jour. Lorsque ees dernier» ont dépassé l'âge réglementaire ^e la classe, ils peuvent être admis à l'école du sotr*,. maisy si celle-ci est le complément de la première^ elle doàt la continuer et non la recommencer. A moin» qu'il n'j ait dans la commune des illettrés à instruire, l'objet des cours d'adultea>
parait deyoir ôtre aujourd'hui de fortifier et d'augmenter \ts premières connaissances acquises. Ainsi entendues, les leçon: plus sérieuses, plus intéressantes, attireront plus d'auditeon, répandront dans la population des idées saines, des notioss utiles, développeront le goût et Testime pour l'instructioD, é feront concurrence — avec quel succès, Favenir nous l'apprendra — à la fréquentation des cafés. Réduites au nassm de deux par semaine, elles fatigueront moins, je ne dis ^\t zèle, mais les forces des instituteurs ; ceux-ci auront plus de loisir pour les préparer à l'avance; tout en s'élevant dans la eo: sidération publique, ils gagneront en instruction personnellt. et leurs élèves du jour profiteront indirectement du traraL qu'ils se seront imposé pour se tenir à la hauteur d'une tâe&e qui ne sera ni sans honneur ni sans difficulté.
Dans cet ordre d'idées, les sujets des cours poirront êln empruntés à l'histoire, sous forme de récits et de lectures sff les grands événements et les grands personnages, en s'attachait à ce qui concerne la région et à ce qui serait plus spéciakmeni de nature à entretenir dans les cœurs Tamour du pavr. — à la géographie, au point de vue de l'agriculture^ du oo» merce, de l'industrie, des voies de communication, et en cos' mençant par le département; — aux sciences, en choisissast dans les sciences physiques et naturelles les notions élémectaires relatives aux usages journaliers de la vie, à l'hygièot aux industries locales; dans les sciences exactes, les notions d'une nécessité commune, telles que l'arithmétique dans ses applications variées, la géométrie, la théorie de l'c^pentage, ie dessin linéaire.
Ajoutons à cela les langues vivantes, surtout dans les dépa^ tements frontières, les principes élémentaires du droit usoet, tels que l'explication de l'état civil, le fonctionnement de l'a^ miniistration communale et départementale, et, s'il se pouvais une idée de l'administration française en général, et l'on aarv^ ainsi à parcourir un vaste cercle de connaissances utiles et pRtiques. Ce serait, en réalité, une instruction civique.
Quant aux institutrices, leur but, en ouvrant des cours d'adultes, doit être d'assurer aux jeunes filles la somme d^instruction indispensable de nos jours, mais surtout de leur continuer le plus longtemps possible les bienfaits d'une bonne diree
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tioo; de les rappeler à Fécole lorsqu'elles Tanront quittée; de les détourner de distractions frivoles, sinon dangereuses; de leur donner une idée sérieuse des devoirs de la ne; de leur incalquer Thabitude et le goût de la propreté, du travail, de l'ordre, de Téconômie. Façonnées par cette discipline affectueuse et ferme, ces jeunes filles sauront plus tard inspirer plus d'estime à leur mari, plus de respect à leurs enfants, et exercer dans l'intérieur du foyer domestique une influence qui tournera au profit de la famille et de la société.
Entretiens familiers, lectures bien choisies, exercices de calcul en vue de la comptabilité du ménage, notions d'hygiène et d'économie domestique, leçons d'histoire de France, enfia travaux de couture, tel est le programme de ces cours, qui odI eu lieu sans inconvénient le soir dans certaines localités, mais qui pourraient être tenus dans la journée (le jeudi et le dimanche par exemple) , lorsque les autorités compétentes jugeraient cette combinaison préférable.
Les classes d'adultes ayant été, à leur origine, des classes d^illettrés, les instituteurs et les institutrices ont peut-être quelque peine à leur donner une autre direction, la seule pourtant qui puisse justifier désormais leur existence et les dépenses qu'elles occasionnent. Qu'ils essayent résolument, ils s'en trouveront bien, et leurs auditeurs aussi.
Pas plus que les cours d'adultes, les bibliothèques n'ont un caractère d'obligation, mais elles ne sont pas le rouage le moins essentiel d'un bon fonctionnement scolaire. On n'apprend pas tout à l'école, pas môme tout ce qu'il est nécessaire de savoir : ai l'on y apprend à aimer l'instruction et la lecture, on a beaucoup profité ; or c'est un goût peu répandu parmi les dasses ouvrières, surtout dans les villages. « J'ose affirmer, écrivait M. Michel Chevalier dans son rapport smr l'Exposition universelle de 1862, j'ose affirmer que dans nos campagnes, parmi la population mâle entre trente et soixante aiw, il n'y a pas une personne sur dix qui ouvre de temps en temps mi livre pour y aj^rendre quelque chose. Parmi les femmes, il faudrait dire une sur vingt » Il y a dix-huit ans de cela. La situation
a4-6U6 Téiitableaieiii changé diefkiûsiord? Us iii»Utii4eiMA eUa inatitalrioeft le savent, et je doute qu'ils r^ndjent dans k sm de r^nnatiTe. TcM^omis ei^lhil que ta hibliotibèque scelain peut et dodt reuâfe sérac» au <Mà de Técote : le tiyre prètti reniant passe dans la faiaille, se f épand^ et la Tèrit^ mwimr trice fait son chemin. Pour llnslitateur et Vioaslitatrice , b bibUothôque est une ressource, s'ib commeneenA par lire m nème las ouTrages dDnt ik ont le dépôt et qu'ils ne pounraûii pas se procurer sans dépenses trop onéreuses.
Les caisses d'épargne scolaires n'ont qu'un rapport indirwf avec l'enseignement, mais elles en ont un très- direct avec Tédocation.
Donner aux écoliers l'habitude de l'épargne, ce n'est paslear inspirer l'amour de l'argent, c'est leur faire comprendre 1' prix du travail et la vraie valeur de la richesse. L'argent, i« .'ai dit ailleurs *, « est précieux, parce qu'il permet de f^ beaucoup de bien et ensuite parce qu'il représente le fruit ob travail : le riche qui n'a pas travaillé lui-même a reçu en héritage le bien gagné par le travail de ses ancêtres. Le travail et l'épargne, voilà la double source de la fortune; non pas qo" ne faille travailler et épargner que dans le but de de^ean riche ; mais n'est-il pas juste que l'homme laborieux et honnêw acquière non seulement le pain quotidien, mais encore la ^^' quillitô de sa vieillesse, et s'encourage en pensant ^*il se ^^ de la peine aussi pour ses enfants?
M Or la plus légère épargne porte ses fruits; et tout le mon» peut en essayer, car il existe des étabHssefnents oft fon p*''^ placer ses économies, depuis la somme de i franc ^squ'à cei^ de 1000 francs. H faut être bien pauvre pour ne pas poû^^ mettre de côté 1 fi'anc de temps en temps. Or cet argeut ai*J placé à la caisse étépeargne rapporte intérêt, et Vtm a csIcbJ* qu'un ouvriei* qtd économiserait 10 centimes par Jour, «'est-»* dire 36 francs par an, et qui les placerait à la caisse d^épaPg^*'
1. Liç(ms de ekQ$9S H lectum, p. 228. — Yoy. SMSt l**- 1** ch. XII, p. 309.