‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 180 sur 206 · LES ANNEXES I» L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

LES ANNEXES I» L'ÉCOLE

en retirerait, au bout de quarante ans, grâce aux intérêts accumulés, un capital de 4300 francs. S'il avait commencé à vingt ans, ce serait à soixante ans, an moment de la vieillesse et du repos, qu'il se trouverait possesseur de cette petite fortune, et elle ne lui aurait pas coûté beaucoup de peine à ê,aqàésh

« Mais il ne faut pas croire que ces 4300 francs représ^atent le seul avantage qui !ai eu reviendrait : pour économiser journellement iO centimes^ cet ouvrier se serait priTé hod pas deson pain, mais de quelque dépense superflue, peot-être dangereuse, par exemple du petit rerre d*eau<de'Vie ; par suite, il n'aurait pas eontraetê d'habitudes d'intempérasiee ai aurait évité atrssi bien d'autres dépenses sopérieurtM à colle petitesomme de 2 sous par jour. Ge n'est pas tout : pour ne rien perdre de scm salaire, i! aurait travaillé tons les joturs, saol l» jour de repos du dimanche; il n^avrait pas foM le hmâij jour eii non senlenûtenrt l'ouvrier paresseus: et intempérant ne gagn» rien, maisr où il dépense; n'étant ni intempérant ni ptresseeuz^ il aurait conservé ses fétces plus longtemps , évité bien das causes <fe maladie ou d'affaiblîssemeiit. Ajoutons à cela la bonne renommée, la satisfaction d'être un honnête homme et de passer pour te), le bon exemple donné aux enfants et mjL camarades d*atelier ou de fabrique, Feslime des patrons et des maîtres. Que de choses gagnées à la fois au prix d'an petit effort continué avec persévérance !

« On v(Ht aussi par là «pi'il est nécessaire de savoir caleoicir,. et qif il ne faut pas négliger d'apprendre, tant qne \'aa est h l'école, Farithmélique et le système métrique. Car, si l'oa se donne du mal pour gagner honnètemMit las moyens de vivre, il est agréable et utik- de connaltro- exactentenl: la valeur de gain que Ton fait, de la dépense à laquelle on se livre et da placement que l'on effectue en vw de l'épargne. »

Ces idées, Tinstitateur on l'insUtiitriee auront cent fois. Oûeasion de les exprimer, soit dans des leçons de cboses sur Jbas- ^monnaies, sar les inâostriee, sur le bon emploi du temps, eic*» /soit à propos des problèmes d« calcnl jonmaliar. liais Tappli*' 7 cation pratique, la mke en ceuvre immédiate et smmble, ce sara l'économie hebdomadaire des qn^qnes eentimes qui représenteront au bout du mois la petite somme à inscrire au Jt:^:et.

o H) PÉDAGOGIE

L'institution des caisses d'école est Tane des plus utiles dispositions dé la loi du iO ayril 1867.

Une bonne organisation pédagogique suppose des dépenses qui, n'étant pas obligatoires, ne peuvent être imposées aux communes^ que l'État ne peut pas toujours prendre à sa charge, et qui n'en sont pas moins indispensables. Qu'est-ce qa*ime école sans bibliothèque? Qu'est-ce qu'une école sans mobilier? Et je n'entends pas id par mobilier les bancs et les tables, les tableaux de lecture, les tableaux noirs dont on ne saurait se passer, mais tout le matériel nécessaire pour parler aux yeux des enfants. Les leçons de chose» exigent des ooUections diverses; l'enseignement de l'histoire sainte et celui de rbistoira de France sont considérablement facilités par des tableaux et des images, celui de la gymnastique par des agrès ou du moins par certains appareils, tels que des cannes à sphère, des mils, des haltères, et même des fusils en bois pour les exercices militaires ; celui de la géographie est impossible sans des cartes, des sphères; celui du système métrique sans le tableau ou la ^érie des poids et mesures.

Allons plus loin. Qu'est-ce que la gratuité, si l'on se home à porter les enfants indigents sur la liste dite de gratuité ou si même on supprime pour tous la rétribution scolaire? H ns suffit pas d'ouvrir les portes de la classe, de dire aux parents : Envoyez vos enfants; et aux enfants : Entrez. 11 faut fournir «nx élèves indigents, ou simplement pauvres, des livres, des •cahiers, des plumes, un vêtement décent, parfois même des aliments; encourager l'assiduité de la fréquentation par des réoompenses aux maîtres les plus zélés, par des dons ou des recours aux élèves les plus réguliers. Les familles n'auront plus 4dors d'excuse pour les retenir à la maison, l'école ne sera plus désertée ; le principe de l'obligation, quand la loi l'auia enfin consacré, sera rendu d'une exécution plus facile dans la pratique, et, en attendant, ce sera une manière d'y suppléer, n ne suffit pas, enfin, de songer à l'école du jour, il faut donner aux élèves qui l'ont quittée la faculté de la continuer le soir, de

LES ANNEXES DE L'éOOLE ^01

persévérer dans l'habitude du travail et de la lectare qa*ils ont dû y puiser.

Sans doute, Findustrie et le zèle d*ua maître comblent bien des lacunes; mais s'ils suffisent pour donner l'élan, pour mettre en œuvre, ils ont besoin d'étrt aidés par des ressources spéciales. Ces ressources, c'est aux caÂ'ses des écoles qu'il convient de les demander, au moins en grande partie; l'expérience a montré à Paris et dans les centres où elles fonctionnent tout le bien qu'elles peuvent faire; Elles peuvent être créées par les communes et recevoir des dons, des legs, des cotisations volontaires, des subventions des communes, du département, de l'État. Le service en est fait gratuitement par le percepteur. Plusieui^s communes peuvent être autorisées à se réunir pour la formation et l'entretien de ces caisses.

Les caisses des écoles peuvent dontî être communales ou cantonales; l'exemple a même été donné d'une caisse départementale^ dans le Doubs, en i872, et il me sera peut-être permis d'ajouter que l'expérience a réussi. Depuis son entrée en fonctionnement (1873), elle a dépensé plus de 7000 francs chaque année K

Telles sont , à notre sens , les parties fondamentales d'une bonne organisation pédagogique. Elles conviennent aux écoles de filles comme aux écoles de garçons. Nous avons montré, chemin faisant, en quoi les facultés diffèrent chez la femme et chez l'homme, en quoi par conséquent l'éducation doit différer chez l'une et chez l'autre. Ces différences s'accentuent surtout lorsqu'on dépasse la sphère de l'école primaire ; jusque-là, elles portent moins sur la matière des études que sur leur direction et leurs applications.

Il est clair que les filles^ autant que les garçons, ont besoin d'orthographe, de calcul, d'histoire, etc. ; que l'instructioa qu'elles reçoivent a pour but de les préparer, elles aussi, aux

1. En approuvant cette création à la date du 11 février 1S73, M. le ministre la qualifiait d'imHttUUm muv^ et très-digne d'intérêt, — Dans son dernier Ra^pport annuel, l'Inspecteur actuel du Doubs en parle en ces termes : « Cette excellente institution, que tous les départements voiskis nous envient, continue à nous rendre les plus grands services. » {Bulletiii départemental de l'instruclion primaire, septembre 1880.)

SOft PÉDAGOGIE

réaJUtôs et aux devoirs de la vie qui les attead. Si eHes font des dictées et des problèmes, comme les garçons, le& siigets oe \ serottt pas les mêmes ; ils seront mis en harmonie arec les codnaissances spéciales dont elles ne sauraient se passer. EYÎdeav* ment, par exemple, la géométrie et Tarpentage lenr sont mm nécessaires que la tenue des- livres, des notions sur les indvtries métallurgiques moins utiles que des notions sur les industries textiles. Elles peuvent devenir de bonnes mens de famille sans connaître la météorologie, mais non pas rhygiè» et réeenomie domestique. Les leçons de choses porteront àm aussi sur d*autres sujets que dans les écoles de garçons, mais il y aura des leçons de choses. Quant à la méthode» elleoB varie pas.

Page 1