‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 182 sur 206 · Voy. hitf0(htciioH, p. i.59et siht · texte numérisé non relu

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sans aborder le chapitre du maître ? N'en est-ce pas la vraie conclusion? s'il n'a pas indiqué, encore qu'imparfaitement , ce que <e maître doit savoir, ce qu'il doit faire, ce qu'il doit être, il a manqué son but. Ce qui est plus important à dire, et plus difficile, ^'est comment le maître pourra réaliser ce qu'on attend de lui.

Quiconque distribue l'éducation a dû recevoir lui-même une éducation spéciale, qui est précisément l'éducation pédagogique. La pédagogie s'apprend par l'étude et par la pratique : double condition qui n'est nulle part mieux remplie que dans les écoles normales i. Tous les instituteurs, toutes les institutrices ne peuvent passer par ces établissements; mais c'est là que se prépare le type d'après lequel l'enseignement se constitue dans toutes les écoles d'un département.

Le bon recrutement des écoles normales est donc un des points qui doivent exciter la plus vive sollicitude, n ne suffit pas d'écarter les incapables et les indignes, il faut appeler les plus dignes et les plus capables. De la valeur morale et professionnelle des sujets qui en sortent à l'issue du cours triennalt dépendent, en effet, pour une grande part^ la bonne tenue des écoles, la bonne éducation des enfants^ je dirais presque l'avenir de l'enseignement primaire. S'agit-il de relever une école en souf&ance, d'en fonder une là où il n'y en a pas encore^ d'en faire apprécier les bienfaits à des populations que l'ignorance où elles ont vécu rend injustes ou indifférentes, ils sont natorellement désignés pour ces postes de confiance où il y a plus de bien à faire que de renommée à acquérir, comme on réserve aux officiers d'élite, par un glorieux privilège, les missions les plus laborieuses et non les plus brillantes. Façonnés à Tait d'enseigner, appelés à répandre autour d'eux non seulement l'instruction, mais les bonnes méthodes, non seulement les bonnes méthodes, mais les bons exemples, ils doivent former les jeunes générations, tout en les instruisant à la pratique des vertus privées et publiques. Pour répondre aux exigences de es

I. Sur l'origine des écoles normales, voir l'/ii(r<Nlttc^fOih p. 68»

rôle, ii ne suffit pas d'être instruit : je ne cesserai de le répéter, ce n'est pas le brevet qui fait Tinstituteur, c'est la science pédagogique, et la science pédagogique ne va pas sans la vocation. On ne fait bien, dit-on, que ce qu'on fait avec goût ; cette vérité semble trouvée tout exprès pour la carrière de l'enseignement. L'apprentissage qu'elle exige au début, les obligations qu'elle impose dans la suite n'offriraient que des peines sans compensation et presque sans profit pour personne, si l'élèvemaître, comme plus tard le maître, n'était soutenu par l'amour d'une profession non pas acceptée, mais choisie, par le sentiment d'un devoir non pas subi, mais cherché.

Or la vocation, qui ne se donne pas, peut s'ignorer; lors même qu'elle a conscience de soi, elle a besoin d'aide pour s'affermir. Il appartient d'abord aux institutem^s et aux institutrices de la rechercher, de la découvrir, d'en faire discrètement comme une première vérification , puis de communiquer aux inspecteurs primaires les résultats de leurs observations. Que ceux-ci ne perdent pas de vue, dans leurs tournées périodiques, les élèves bien doués, laborieux, honnêtes, qui leur auront été signalés ; qu'ils se tiennent au courant de leur conduite, de leurs progrès, du développement de leurs aptitudes et de leur caractère; si, d'accord avec leurs familles, ces enfants témoignent quelque désir d'embrasser la profession de l'enseignement, qu'ils leur en doanent par avance une exacte idée et encouragent leur louable ambition, tout en indiquant à leurs maîtres les tendances à développer ou à combattre en eux. C'est une sorte d'initiation à la haute éducation pédagogique et morale qu'ils pourront recevoir un jour à l'école normale ; c'est en même temps comme une enquête bienveillante, constamment ouverte sur leur compte, dans leur intérêt et dans celui de l'instruction primaire.

Les jeunes gens des deux sexes qui sortent des écoles normales se tromperaient du tout au tout s'ils croyaient qu'une fois nommés dans une école, même pourvus du brevet complet, ils n'ont plus rien à appi^ndre. Quand on instru^it les autres, on a toj\iour8 besoin de s'instruil^e soi^n^me ; il faut qu'on

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puisse dire comme Solon : « Je yieiHis en m'iiistniinnt.iOii s'appauvrit de tout ce qu'on a'acqui^ pas et de ce «pe r« perd en perdant Thabitude d'acquérir« €e n'est même pas «m de posséder parfaitement ce qui est du domaine de Téecle p maire; il faut avoir de plus une culture suffisante pour $'iiittresser à des questions d'un ordre supérieur. C'est à qaei l'ia reconnaît les esprits éclairés. Nulle part {dus qm dans ia f» rière de renseignement n'est vraie cette parole de Michelet^: «c II faut planer sur ce qu'on lait. Il fait savoir bien pins, et ft dessus et au-dessous, à côté et de tons cotés, enveloppe si objet et s'en rendre maître. »

Les élèves des écoles normales ont donc besoin de traTuilfi autant et aussi longtemps que ceux de leurs collègues fi moins favorisés, ont dû se former pour ainsi dire eox-nièBft Les uns et les autres ont deux moyens d'entretenir et d'aagoater leur instruction par un travail personnel : ia préparation^ ia classe, et les conférences pédagogiques.

La préparation de la classe est de toute nécessité. Un ou^ qui arrive devant ses élèves sans avoir choisi à l'avance le ^ des leçons, le texte des devoirs, qui compte sur son 1 re po>^ prendre à la suite, n'est pas digne du nom d'instituteur. U préparation ne consiste pas seulement dans le choix des tetbi et des leçons, mais dans l'étude préalable de tout ce qui s'y r^ porte, de tout ce qui est nécessaire pour éclairer renseigneineA le rendre intéressant, approprié, utile. Le maître ne dirsP^ tout ce qu'il sait et qui serait beaucoup trop; mais ce qu'ils» en trop servira à mieux concevoir, à mieux ordonner etàffliw^ exprimer ce qu'il convient de communiquer aux élèves; 4^** pondre dans la juste mesure aux questions imprévues, àm^ de la variété, de l'animation, de la vie dans renseignement tO" entier. Il en profitera autant que ses élèves, et plus peatrâtM* non seulement la flamme de F intelligence ne s'éteindra pas eo lui' mais l'intérêt de la tâche quotidienne se ranimera cbaijue jf^ sous l'effort, comme le feu du foyer sous un souffle nouveaD' Celui qui se plaint de la monotonie de ses fonctioits »'*^ Ifji môme; il en est de l'esprit comme du fer : la ronillc 1'*^ quand on le laisse inactif; mais plus on s'en sert, plus àb^^'

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