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Nos fils, p. in

et pins on «ime à s'en servir. Lliabitade a les mêmes effets dans la vie des maîtres qne dans celle des enfants. Dès lors la tenue du journal de classe, obligatoire aux termes des règlejients, n'offrira plus de difficultés : ce qui est long et demande ane application sérieuse, ce n'est pas de consigner quotidiennement en quelques lignes la substance de l'enseignement quotidien, c'est de se rendre capable de Inen donner cet enseignement.

Le traTail indiridnel ne rend pas toujours en bons résultats ce qu'il a coûté de volonté et de persévérance, parce que la direction, tout au moins les secours, lui font défaut; la science pédagt)^ique n'est pas une science solitaire. Si les efforts de tous sont mis en commun, la lumière jaillit de la rencontre des idées; la force, de la rencontre des courages. Les conférences pédagogiques ont pour objet de faciliter eet échange, de fortifier et de compléter l'étude isolée par l'étude en commun; elles suppléent autant que cela est possible à la préparation de l'école normale pour ceux qui en ont été privés.

L'organisation officielle de ces conférences date de 1837; leu but est nettement indiqué dans le règlement du 10 février de cette même année (art. le*"). Les instituteurs primaires, d'un ou de plusieurs cantons, y est-il dit, sont autorisés à se réunir, avec l'approbation de leurs chefs hiérarchiques, pour conférer entre eux sur les diverses matières de leur enseigneo\ent, sur les méthodes et procédés qu'ils emploient, sur les prinetpes qui doivent diriger l'éducation des enfants et la conduite des maîtres. Tout autre objet de discussion est sÀvèrement banni de ces conférewjes.

L'institution, clairement définie dans son principe et son objet, et complètement réglée jusque ians les moindres détails de son fonctionnement, ne tarda pas à porter ses fruits. Ijb& rapports des rectears, dans les années qui suivirent, nous donnent k preuve que, partout où elles furent organisées, les conférences pédagogiques amenèrent d'excellents résoltate: l'instruction des maîtres fut en progrès; les classes, mieux dirigées, réunirent un plus .grand nombre d'élèves; un sentiment de louable émulation se développa chez les instituteurs dans le sens de l'amélioration des méthodes et des procédés d'enseignement; enfin, un lien de solidarité s'(f'tablit entre ces huiumrç (ydi ne se connaissaient pas

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auparavant et qui, jasqa'alors, n'avaîeut jamais ea Toccasion d'échanger leurs idées sur les questions si délicates de la pédarogie pratique.

Le mouvement; très-marqué au début, se ralentit, s'arrêta; les conférences pédagogiques ne subsistaient, il y a une quinzaine d'années,, que dans fort peu de départements. Depuis cette époque, elles ont semblé reprendre faveur^ mab dans des proportions encore trop limitées. L'initiative locale a été encouragée, il y a peu de temps, par une invitation directe du ministère de l'instruction publique ^ qui, laissant une latitude 4îonvenable pour les conditions d'institution et le mode de fonctionnement, s'est borné à poser les principes généraux «ulvants :

io L'objet des conférences doit conserver le caractère qui lui ^ été assigné dans l'article l®*" du règlement du 10 février i837, rappelé plus haut;

2» La présidence en sera exclusivement confiée soit à Finspecteur primaire, soit à l'inspecteur d'académie ;

3* Les sujets à traiter, les questions à résoudre dans chaque conférence seront choisis par l'inspecteur d'académie sur la proposition de l'inspecteur primaire; ils seront fixés assez longtemps à l'avance pour que les instituteurs puissent en préparer la solution. •

En outre, l'autorité centrale recommandait « d'examiner si, indépendamment des conférences dites de canton, il n*y aurait pas avantage à réunir au chef-lieu du département, à l'époque •des vacances et pendant quelques jours seulement, un certain nombre d'instituteurs qui viendraient prendre part à ce qu'on a appelé une retraite pédagogique. Ces assises scolaires seraient présidées soit par l'inspecteur d'académie, soit par des hommes d'ime compétence reconnue en matière d'instruction primaire, qui auraient été désignés par lui. Instituées dans ces dernières années dans quelques départements, ces conférences départementales ont eu un grand succès ; les instituteurs qui y avai^ •assisté se trouvaient initiés aux procédés nouveaux de la pédagogie etrentraient dans leurs communes avec le désir de les appliquer et de les propager autour d'eux, »

U Circulaire du 29 octobre 1878L

Tout récemipent, rinstitution a reçu sa consécration officielle par l'arrêté du 5 juin 1880.

Les institutrices doivent béoéficler, comme les instituteurs^ des conférences soit cantonales , soit départementales ; Texpérience en a été faite et a réussi.

Indépendamment de Favantage purement pédagogique, .erg réunions ont encore celui de fortifier l'esprit de coit)s, de faire pénétrer de plus en plus les sentiments et les idées de la famille universitaire parmi ceux de ses membres qui, placés conmie aux. extrémités de ce grand corps, ont mission d'en répandre jusque dans les plus modestes communes l'esprit généreux, libéral et patriotique.

Les conférences appellent par une extension logique les bibliothèques cantonales, sans lesquelles les maîtres n'auraient pas les matériaux indispensables à leurs études. Fondées par eux, elles ont leur fonctionnement propre sous le contrôle des inspecteurs primaires. Voici, à titre [de renseignement, le règlement adopté pour celles du Puy-de-Dôme * :

Art. l*r. Une bibliothèque est établie dans le canton d par les institatears et institutrices publics, tant adjoints que titulaires, et à leur usage exclusif, dans le but de leur faciliter les moyens de compléter leur instruction professionnelle.

Art. 2. —.Ont droit au prêt des ouvrages de la bibliothèque :

1* Les membres de renseignement sus-désigués, qui ont versé pour la fondation de la bibliothèque une cotisation de 2 francs;

2** Ceux qui, dans la suite^ verseront la même cotisation.

Art. 3. — Seront dispensés dudit versement les fonctionnaires qui, par suite de mutation, passeront d'un canton dans un autre, s'ils Tout déjà payé dans le canton qu'ils quittent, et sous la condition de la réciprocité.

Art. 4. — Le siège de la bibliothèque est à Técole communale ; l'inst h tuteur en est le bibliothécaire-trésorier. .

Art. r». — Le bibliothécaire-trésorier est chargé de l'achat des livres.

Art. 6. — La désignation de ces livres est faite chaque année, à la pluralité des voix, dans les conférences cantonales.

Art. 7. — Aucun achat ne peut être fait pour le compte de la bibliothèque, ni aucun ouvrage y être introduit sans l'approbation de l'inspecteur d'Académie.

Art. 8. — Le bibliothécaire4rêsorier rend ses comptes chaque année, k l'époque des conférences cantonales.

1. Bulletin de VinstruoUon primaire du] département du Puy-de-Dôme^ novembre 1878.

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Art. 9;. — n tieiit \m registres suiraEifcs :

1* Un catalogue;

2* Un registre de recettes et de dépenses :

3* Un registre d'entrée et de sortie des Hvres ;

4* Un registre portant les noms des souseripteors et biotlliitenrs et h bibliothèque.

La bibUothèque est ouverte aux membres participants, au lieu de soi dépôt,, les jeadis, le temps des vacances excepté, de 9 heares du matin i 2 heures du soir.

Art. fO. — Les prêts en dehors de la bil^tiièque sosi Mt» de U » niàre suiraite :

Le lecteur fait par écrit U demande des ouvrages portés au caialogi», au bibliothécaire, en lui indiquant la voie par laquelle ÎT désire les recevoir et à ses frais. Il se sert, s'il le juge à propo?, es nntermédiam de Vvbêpecteur primaire.

Un instituteur n» peut Htt détenteur de ploft de trois (mvra^es à U foi: il ne peut les conserver plus de qumze jours ; mais il pent les redemander.

Toute détérioration provenant d^irae autre eanise que de rosace, mi perti d'euvrage, sera à )» charge- de eetai qui Taiara oeeasioBBée.

Art. 11. — Le bibliothécaire cesse d'être responsable de tout ouvrace, dès qu'il Ta remis au commissionnaire indiqué par Tempruntenr, qui a prend charge.

Art. 12. — Chaque année, le 25 décembre, le bibliothécaire adresse I l'inspecteur d'académie, par Tiatermédiaire de. Tiaspeeteur primaire. :

1* L'état de situation de la bibliothèque ;

2* Le nombre des prêts effectués dans Tannée pour chaque ouvrage ,

3* S'il y a lieu, des propositions pour achat de livres nouveaux, ou a remplacement de ceox qui seraient hors d'usage.

Art. 13* •— Toute discussion ayant trait à des matières étrangères & la pédagogie et aux bibliothèques est interdite dans les réunions auxquelles peut donner lieu la création ou le fonctionnement d'une bibliothèque.

Art. 14. — Les bibliothèques pédagogiques peuvent recevoir des dau ou subventions de l'Etat, du département, des communes et des particuliers, sous réserve de l'approbation de l'inspecteur d'académie. Cette approbation ne concerne pas les dons provenant de l'Etat.

Art. 15. — Toutes les bibliothèques pédagogiques d'un arrondiasemeit sont sous la direction et le contrôle immédiat de Tinspectear jirimaiie, eomme délégué de riaspecteur d'académie.

Nous dirons donc aux maîtres : TraTaïUei. Yoâà on premier conseil. Nous leur dirons encore : Ames Totre fonetion; m ne l'aimez pas, vous avez eu tort de la choisir :

Soyez plutôt maçon, si c'est votre métier.

LE HAiTRE »l I

Aimer sa fanction, c'est êtàharà aimer l'enf^nee. Pour élever l'enfanee, il faut s'en faire aimer, et, pour s'en faire aimer, Taimer soi-même. Socrate disait un jour à un père qui lai avait eonfiô soQ fils pour Tiastruire : u Je ne puis rien lui apprendre, il ne m*aime pas. » Le même Socrate avait coutume de dire : « Pourquoi s'instruit- on? Parée qu'on si'aime. Pourquoi instruiton les autres? Parce qu'on les aime. Maîtres et élèves ont tous un maître commun, Taffeetion. Celui qui n'aime pas et qui veut instruire ressemble à un homme qui prend une terre à ferme; il ne cherche pas à l'améliorer, mais à en tirer le plus grand profit. Celui qui aime, au contraire, ressemble au propriétaire d'un champ; de toutes parts, il apporte ce qu'il peut pour enrichir l'objet de son affection. »

Aimer sa fonction, c^est encore l'estimer et s'estimer soimôme. Quand on Faime, on la comprend, on en est digne, on n'en compromet l'honneur ni par Pinsuffisance professionnelle ni par l'insuffisance morale, ni par le manque de dignité ni par rinfatuation. L'infatuation est aisée, et je ne dis pas excusable, mais explicable, dans le courant de faveur méritée qui se manifeste aujourd'hui à l'égard de rînstruction primaire et de ceux qui la dispensent. Avoir été longtemps tenu en tutelle, que disje? en suspicion^ puis se voir tout à coup mis en lumière, apprécié par les pouvoirs publics, favorisé, presque flatté par l'opinion; s'entendre dire de tous cdtés que l'obscur métier qu'on remplit au fond d'un obscur village est une des plus hantes charges sociales : n'y a-t-îl pas là quelque péril d'éblouissemeni pour le plus ferme regard, de vertige pour la tête la mieux équilibrée? N'est-ce pas tout au moins une tentation de se préoccuper de son personnage un peu plus que de sa tâche? D n^est pas si facile de « p^ser modestement de soi-même » quand on doit c penser orgueilleusement de sa fonction * ». Mais ce qui domine cher ces natures honnêtes, c'est le bon sens, qui est l'honnêteté de l'esprit, comme l'honnêteté est le bon sens du cœur. J'exprime ici une conviction puisée dans l'expérience d^me cairiére d^ longue.

Je voudrais seulement, en invoquant cette même expérleiM^ persuader nos instituteurs^ qui se plaignent souvent des diffi*

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