I. Circulaire ministérielle {iS
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cultes inhérentes à leur situation, que le plus sûr, l'uniqM moyen d'y échapper est le dévouement exclusif au devoir profes* sionnel. Ce devoir est assez grand pour suffire à toute l'activité d'une intelligence éclairée par Fidée du vrai, à toute Tardear d'un cœur échauffé par Tamour du bien. L'école est comme oji terrain neutre où les enfants de toutes les familles se rencontrent; quelles que soient les opinions politiques et religieuses des parents, ils ont un égal droit à l'instruction, car sans l'instruction l'égalité, sœur de la liberté, est impossible. Quel homme aimant son pays n'a rêvé de voir un jour une France unie, n'ayant qu'un seul cœur 'dont tous les battements seraient pour la grandeur, la gloire, le bonheur de la patrie? Ce serait là la véritable égalité, parce que ce serait l'idéale justice. Si quelque chose peut nous en retracer l'image et nous en donner comme 'avant-goût, c'est l'école, et l'école devient ainsi pour le maître comme un lieu d'asile où il lui est loisible de vivre à l'abri de l'orage. Cette impartiale neutralité n'est ni de l'indifférence ni de la faiblesse; elle est un devoir et une force; s'il l'oublie, s'il s'engage dans les luttes locales, il perd toute indépendance, toute sécurité; au lieu de relever uniquement de ses juges eK ses protecteurs naturels, ses chefs hiérarchiques, il cherche des appuis étrangers ; ce n'est plus un fonctionnaire, c'est un homme de parti et par suite un solliciteur. Dès lors, et mal gré qu'il en ait, des préoccupations extra-scolaires le dominent, il est amené insensiblement à négliger sa classe, la notion du devoir professionnel s'affaiblit chez lui, et sa dignité décroit.
L'indépendance du maître importe à l'indépendance de l'école ; une instruction ministérielle toute récente ^ rappelle avec force ce principe trop souvent méconnu :
(( L'école n'est et ne doit être ni une chapelle, ni une tribune, ni un théâtre ; il faut que l'école soit l'école et rien de plus. La situation même de beaucoup de nos instituteurs exige que l'ad* ministi^ation les défende contre la tentation de se laisser dé« tourner de leurs fonctions essentielles. S'ils sont autorisés à y ajouter les emplois accessoires de secrétaire de mairie, de chantre, d'arpenteur, etc., c'est à la condition de ne rien re-
i. Circulaire aux PréfeU, relative au nouveau règlement-type des èoolM
primaire (Septembre 1880).
trancher par là ni au temps qu'ils doivent à la classe et à la préparation de la classe, ni surtout à Tindépendance stricte qulls ont à conserver vis-à-vis de tous. L'instituteur qui devient rhomme d'une coterie, l'obligé des particuliers/ l'agent' docile ou le trop intime confident des autorités locales, perd bien vite aux yeux de la population son vrai caractère et une partie de son autorité morale . »
Ce n'est pas ainsi qu'il peut faire office de bon citoyen. Mal» que par ses exemples, plus encore que par ses préceptes, il donne aux jeunes générations des habitudes laborieuses et mo« raies, qu'il leur apprenne à respecter la loi et la Constitution, à aimer la France par-dessus toutes choses ; qu'il leur enseigne le prix du temps et le prix du travail, ce qui est presque toute la science de la vie, car c'est la science de l'action réglée et du bon gouvernement de soi-même : et il aura rempli son devoir^ il aura fait, s'il tient à ce mot, œuvre politique, de la seule façon qui convienne à son caractère et à son rôle. C'est ainsi qu'il faut entendre le mot profond d'Ëstienne Pasquier : « Celui qui enseigne la jeunesse est un homme d*Estat. »
Nous ne dirons pas de rinstitutrice qu'elle est « un homme d'Ëstat », même dans ce sens; nous dirons qu'elle remplit une mission analogue et contribue, elle aussi, au bien de l'Etat en élevant les jeunes filles dans les sentiments qui feront d'elles, un jour, de bonnes Françaises et d'honnêtes gardiennes du foyer, domestique. En vérité, ne sont- ce pas là, pour les enfants des deux sexes, les principes d'une éducation libérale, nationale, vraiment civique, d'une éducation française, faite de patriotisme et de bon sens? Et combien, du même coup, s'élargit, s'élève l'horizon du labeur quotidien I Ainsi entendu, ainsi rempli, le devoir suffit pour ennoblir les vulgarités, pour illuminer les tra» vaux des existences les plus effacées et en apparence les plus monotones. On fait bien ce qu'on fait avec coeur, et ce qu'on fait bien on le fait avec plaisir. C'est par là que l'idéal pénètre dans l'âme pour la rendre plus forte, dans la vie pour la rendre plus heureuse. Et comme par une sorte de récompense, la plus }égitime et la plus haute qu'un être humain puisse ambitionner, il y a dans l'exercice de la mission d'éducateur une vertu moralisante, qui apaise l'âme en même temps qu'elle l'élève.
Aux INSTITnTKUBft WK AUX IKOTITUTaiCEft PRIliAmU.« . « • . ••• . ••«.•• »• W
Introduction ••. 4
L Aneienneté de la pédagogie. Utilité d'en âtodteir le» différeaU By»tèfnea dan» les civilisations auxquelles la nôtre doit le plus, pour bien comprends le» rap^ ports qui existent nécessairement entre l'état social et les doctrines sur l'éduoation. Ce que nous entendons aujourd'hui par llDstruction primaire n'existait pas et ne pouvait pas exister avec le même caractère dans les sociétés antitpxes : c'est une conquête de Tesprit moderne. La pédagogie ches les Grecs : à Athènes, à Sparte. Son caractère général; ce qu'elle a légué à la science pédagogique 2
II. La pédagogie à Rome .^ En quoi différente de celle des Orecs. L'autorité de la famille. La rôle de l'Eiat. lafluenee de la civilisation grecqua aar la pédagogie i Rome. L'instraotion publique aona L'empire rooAain. li
III. L'éducation chez les OauknSi. L» caractère naUcHial. Les drofdes. L'éducalion dans la Gaule romaine. La Gaule franqoe. Mouvement auacité par Charlemagne • •••••.• ....•...••••• 19
IV. La scolastiqua. Gersoo. Quelle étaîL U part de ïu langue rumoad dans l'enseignement. Etat relativement florissant des écoles jusqu'à la guerre de Cent ans. L'Université de Paris ; éclat qu'elle a jeté ; sa décadence Î7
T. La BenaissaBce. Inftnence de la déeoeverte de l'imprimerie. La Réforme. Idéea pédagogiques de Luther. Etablissement de la Société de Jésus. La pédagogie des Jésuites , , 33
VI. Origines et oaraetèree de la pédagogie ssoderDe^ qni n^eai autre que la pédagogie française. Rabelais et Montaigne. Les pédagogues du xvii* siècle. Les pédagogues du xviii« siècle. Esprit général de cette pédagogie. Quelle était la part faite à l'enseignement primaire • 37
Vn. Œuvre pédagogique de la Révolution française. Lois sur l'instruction primaire : ce qui a disparu, ce qui a survécu. L'instruction primaire sous l'Empire et sous la Restauration. Loi de 1833. Situation actuelle. Directions pédagogiques ofâeîeUes 48
VIII. Importance sociale de la pédagogie. Tout système d*éducation reflète la forme sociale de l'époque où il a été élaboré. Différence des temps modernes mz temps an^ens. Mission éducatrice de l'Eiat 78