‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 19 sur 206 · Décret du 28 octobre · texte numérisé non relu

Décret du 28 octobre

la municipalité, à Tindication de l'objet de renseig^nement et à la production d'un « certificat de civisme et de bonnes mœurs », sans aucune preuve de capacité professionnelle ^ Cette liberté ellemême est illusoire : si l'enseignement est libre , il n'en est pas moins « fait publiquement ^> ; les maîtres ne peuvent employer que les « livres élémentaires adoptés et publiés à cet effet par la représentation nationale t ; ils sont placés « sous la surveillance immédiate de la municipalité , où section des pères, mères, tuteurs ou curateurs, et sous la surveillance de tous les citoyens... Tout instituteur ou institutrice, qui enseignera dans son école des préceptes ou des maximes contraires aux lois ou à la morale républicaine, sera dénoncé par la surveillance et puni selon la gravité du délit 3. »

Quand on songe à quoi tenait une dénonciation, de 4792 à 1795, et où elle pouvait mener, on trouve effirayante cette fc surveillance » des familles. Mais, au fond, il y a là une idée vraie : c'est qu'en dehors du pouvoir central et des pouvoirs locaux, qui ont le droit, bien plus, le devoir de surveiller l'école, les familles ont un droit analogue, qu'elles exercent indirectement, par mandataires, des « notables » dans le projet de la Constituante, des « surveillants spéciaux » sous la Restauration, des c comités locaux » sous l'empire de la loi de 1833, des « délégués cantonaux » depuis la loi de 1850. Tant il est vrai que la vertu d'une loi n'est pas dans son texte, mais dans son esprit et dans l'application qui en est faite. Un lien étroit rattache nécessairement les maîtres aux parents dont ils élèvent les enfants; le législateur de 1792 l'a senti, et, sous la forme un peu théâtrale qui caractérise l'époque, on reconnaîtra une pensée sérieuse et touchante dans la disposition suivante du décret déjà cité : c Tous les enfants qui devront fréquenter l'école se réuniront dans un lieu convenable ; ils seront accompagnés des pères et mères de famille, et, en présence du conseil général de la commune (conseil municipal), l'instituteur fera la promesse solennelle de remplir avec zèle et assiduité les importantes fono* tions qui lui sont confiées, de faire tous ses efforts pour propager les connaissances utiles et inspirer les vertus morales et

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