Décret du 19 décembre
S. Même décret.
INTHODUGTION 55
civiques. Parmi les pères et mères de famille qui assisteroat a la cârémonie, celui et celle qui auront ou auront eu le plus d'eo&nts, en présentant à Finstituteur les enfants assemblés au nom des pères et mères de famille, déclareront qu'ils remettent entre ses mains leur autorité paternelle pour ce qui concerne l'instruction des enfants ^ »
C'est sans doute à une inspiration de même nature» quoique beaucoup plus- aTcntureuse, qu'est dû le premier mode de nomination des instituteurs et des institutrices : l'élection par les pères, mères, tuteurs et curateurs sur une liste d'éligibles dressée par un jury spécial. Un an après, l'élection était remise à un jury d'instruction composé de trois membres, désignés par l'administration du district, sauf l'agrément de cette administration et avec recours, en cas de conflit, au comité d'instruction pabUque de la Gonyention '; enfin la nomination finissait par revenir directement à l'administration du déf^artement *. C'était ce que nous voyons aujourd'hui, la nomination par l'autorité poMtique sans le contre-poids, si modeste soitril, des inspecteurs d'académie, qui n'existaient pas alors.
L'activité pédagogique n'a donc pas manqué aux assemblées^ de la Révolution française. Sans compter la création de l'Ecole normale, de l'Ecole polytechnique, de l'Institut, des écoles secondaires (plus tard lycées), on en trouve la preuve dans les projets diversement appréciables, présentés par Mirabeau, Lepelletier de Salot-Fargeau, Masuyer, Andrieux, dans les Rapports de Talleyrand, de Condorcet, de Lanthenas, de Lakanal, de Dannou, de Fourcroy, de Roger Martin; enfin, et au regard de l'instruction primaire en particulier, dans l'élaboration de treize lois ou décrets en moins de trois années (du 12 décembre^ 1792 au 25 octobre 1795).
Tout n'était pas viable, il est vrai, dans une œuvre aussi considérabie; mais ce qui a survécu pour l'ordre d'enseignement qui nous occupe ici fait le fond même des institutions qui nous régissent encore aujourd'hui : l'enseignement libre, mais l'Etat enseignant, lui aussi, sous la garantie de la loi commune; la