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LE CORPS

La connaissance de la natare humaine est donc indispensable à rinstituteur, à Finstitutrice, d'abord pour se connaître eoxmêmes, ensuite et surtout pour connaître les enfants, savoir comment il faut les élever, ce qu'il faut leur demander et par quels chemins les conduire. C'est le premier précepte de Montaigne, de Rollin, de Fénelon, de Rousseau, de tons les maîtres ; il 7 a une psychc^ogie de l'enfant. Mais' cette étude comporte plusieurs, procédés. L'observation directe , nécessaire et très féconde, est insuffisante. Ne faut-il pas que le maître sache déjà, la première fois qu'il est en présence de l'élève ? Il a besoin d'une préparation antérieure, il doit avoir fait sa philosophie, à la condition que ses maîtres à lui ne lui aient pas enseigné une philosophie de convention, abstraite, vide, stérile, mais une philosophîe prise sur le vif et vivante elle-même.

Yoilà pour l'âme. Pour le corps /» nous n'osons pas exiger,, dans l'état actuel de nos programmes, que le maître ait étudié la physiologie et l'anatomie même élémentaire; mais nous exigerons qu'il, ait étudié l'hygiène, qui seule peut éclairer Téducation physique. C'est même par là qu'il faut commencer.

Sans nous engager sur le terrain de l'histoire naturelle d» Vhomme, disons en deux mots ce qu'est le corps humain par rapport à la vie physique.

Le corps est matière, la matière s'use par le travail vital et se perd continuellement; continuellement aussi, elle se renouvelle par la nutrition. La substance du corps est donc dans un perpétuel mouvement d'aller et venir, qu'on appelle le tourbillon vital, et qui comprend plusieurs moments successifs. La substance extérieure, ou nourriture nécessaire à l'entretien de la vie, est introduite dans le corps, digérée, absorbée en partie dans le sang, transportée par lui dans tout l'organisme; le san^ se répare lui-môme par son contact avec l'oxygène de l'air. De là trois grandes fonctions concourant à la nutrition : la digestion, lar circulation du sang et la respiration.

Pour qu'une fonction vitale s'accomplisse, il faut des organes apprennes aux fias dé cette fonction, À la digestion correspond

S2 pÉ»A«OGis;

l'appareil ^gt^df (la bouche «vet les dents, les ^mides safi- YàmSf le phaf^nx, rœsopIiaf>e, Tesion^c «ree les glao^ea pepâqses, le foie, le pancréas, l'intestin avec les glandes inlestiAaieB). A la droatflftion eorrespoiMi l'apfiareil eirenlateire (le coBNir, les artères, les yaisseam capillaires, le système veineux palmonam» le sysitoie Teinenx géiiéral). A la respiration correspond Vasf^ pareil respiratoire (les poumons, la ti^u^ée^acrtèrey le }»yiflc et les bronches).

HoB seulement le corps a* besoin de se réparer po«r l'entre^ tjen de la TÎe, mais encore il a besoin de se noovoîr. Les fenc^ tions du movreraent se^ rendues possibles paff les organes éa système osseux et par cevx du système moscttlaim.

Le sy^ème osseux forme un ensemble qui est le 9q«elette. Tous les organes sont enfermés dans le sqnelelte et soutenes pmr loi. n se compose de ^rois parties, la tête, le tronc et les membres. Le mouvenyent de cette charpente osseuse dans son tottt et dans ses parties a lieu par le moyen des muscles qui y ^nt adaptés et qui ont la propriëtë de se raccourcir sous Tnifluenee d'un excitant : c'est ainâ que le système museulaire prodoit et communique le mouvement aux membres et au squelette tout entier.

C'est par le mouvement que l'homme (l'animai en général) entre en relation aves ses semblables et avec les objets extérieurs. Ce contact détermine^ en loi des manières d*être ^i résultent de la sensibâité organique, laquelle «'exerce par le moyen du système nerveux ; le système nerveux eompreod Iniméme deux appareils, communiquant entra eux : le système ganglionnaire ou grand sympcUiique, qui préside anix Ibaotionfl des organes internes ; et le syslèoie oéfébi^-spiiiai, ooastJteé par le eerveau et la moelle épinière.

Le système cérélHto^inal est l'organe gtoéraè de tel lensi* fa^té; d'innombralblies ««rdons, au nerÊ», partant de i'ase de la colonne vertébrale, se ramifient dans toutes les parties du eorpe et mettent efaacaa des organes des sens, le «aipa tout entier, ea oommimicalioa avec la mMlle épinîère et le carreau. La mp«âla épmière est une subslaaoB contenue dans la colomie vertébrale ; elle communique avec le eerveau par la moelle allongée* Eit anidre de ia moelle allongée se trouve le «en»iet| et, «uàtfama du cen^elet, le cerveau fÊOprmxsitnt 4it : «es trois 9V*

ganes eonslitaent Teneéphaîe i, qui Mtnplit fo botte osseuse éà crft&e. Dans le liaiigage ordinaire, on entend par eervean tonte !a masse encêphalkpie : ce n'en est^iu^nne portion, la pltis con« sidérable il est Trai, et occapant les lobes du front. Il est torttié de denx partieB appelées hémisphères, rénnies entre elles par une bande transversale appelée corps calleux. A sa superfkie sont des sinuosités appelées cireonyolutions. Il se compose de deux substances, fnne blanche, l'autre grise, celle*ci recouvwtflt la substance blanche. Ce sont les nerfs qm la mettent en com* munlcation non seulement avec les organes extérieurs des sens-, mais avec tous les organes du corps. Toute la vie sensible tient aboutir au cerveau; et comme la vie intellectuelle et morale, quoique profondément distincte de la vie sensible, est liée à céûe-ci par le fait même de Tunion de l'ftmeet du corps, c'est encore au cerveau qu'aboutissent, comme k un centre unique et com« mun, toutes les manifestations de rin4»lligence el de la volonté» n faut compter avec cette organisation physique de l'être humain. L'enfknt doit se nourrir, respirer, se mouvoir, subir l'action des choses extéiieures et réagir sur Bltes : il ne parait donc pas faeilem«nt contestable que l'éducation ait A s'appliquer au déve*loppement de la vie physique. On a prétendu cependant que oe n'est pas une question qui soit du ressort de la pédagogie, la pédagogie n'ayant pas mission de fixer les règles de l'hygiène*. Non, mais elle a mission de les appliquer et par conséquent de les connaître, sous peine de compromettre la santé et la vie phy* sique, condition sine qua non de la vie intellectueUe et moraJe. D'autre part, il y a quelque exagération, au moins dans la forme^ à soutenir que Findividu ne peut réussir en ce monde que s'il est « un bon animal », ni une nation que si elle est « composée de bons animaux' ». N'exagérons rien et laissons chaqae chose â sa place. La vérité est que l'âme, unie au corps, en dépend; que l'énergie morale suppose à quelque degré l'énergie physique, et que même à ne considérer le corps que comme un instrument au service de l'âme ^ il est d'absolue nécessité de

1. De deux mots grecs qui signifient : a ce qui est dans le crâne. » S. M. Bain, La science êe VêductAion, lit. i, p. 3.

3. H. Herbert Sfreircer, Ih fréducatim fitoraley Hthlieciu^ et phpipie, eb. IV, p. 233.

4. « Mon plus kteble objet dkns Vattention que j'aiffstl pour nio« tùrph

mettre et d'entretenir cet instrument en bon état. c< Plus le corp» est faible, dit avec raison Rousseau, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit. » C'est à Thjgiène qu*appartient le soin direct et le perfectionnement de la yie physique ; Téducation y contribue en dirigeant les aptitudes corporelles, ainsi qu'en réglant la conduite. Elle apprend à T enfant à faire un bon usage de ses forces, à les exercer, à n'en pas abuser, et par là elle les augmente; mais en tout cela il est évident qu'elle s'adresse directement à l'esprit et que son action est essentiellement d'ordre moral. Le corps est l'ensemble des organes au moyen desquels s'exercent les facultés de l'âme. Ces organes ont été doués de forces et de dispositions originelles par le travail intérieur qui se fait avant la naissance et pendant l'enfance première. Pour qu'ils continuent à se développer selon leur nature et conformément aux lois qui les régissent, il leur faut une certaine activité régulière, bien entendue, et en conformité avec les lois de la vie animale. Le rôle de l'éducation est d'assurer cette activité, directement par l'application des règles de l'hygiène, par les jeux et les exercices du corps, par la gymnastique, indirectement en développant et en dirigeant la faculté générale . d'action qui est le fond de la nature humaine.

L'action dû régime hygiénique est subordonnée au milieu dans lequel vit l'enfant et aux soins qui le concernent personneUement.

Une maison d'école bien située, bien ventilée, à l'abri des émanations malsaines, répondant par sa construction et son agencement à toutes les exigences de sa destination, remplit la première de ces deux conditions. Nous y reviendrons plus tard. L'instituteur reçoit le local tel qu'il est, sinon toigours tel qu'il devrait être ; ce qui dépend de lui, c'est d'y faire pénétrer au-

•era de Tentretenir dans une situation où, loin de le rendre inutile an service de mon âme et souvent même d'y mettre obstacle, il soit comme on instrument souple et docile, dont elle dispose à son gré pour atteindre è •a propre perfection. » (D'Aguesseau, Int. au droit mil.)

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