‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 33 sur 206 · IB CORPS · texte numérisé non relu

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ces lies de la face, de ces grimaces inyolontaires et parfois hideuses qui, nées dans le jeune âge, peuvent persister toute la ?ie. Les enfants, très imitateurs, les reproduisent souvent par moi^uerie et peuvent en contracter l'habitude ^ »

Voir venir une maladie et la reconnaître est bien; la prévenir serait mieux. Pour certaines maladies du moins, ce n*est point chose absolument impossible, et le moyen préventif est bien simple : c'est la propreté. En tous cas, la propreté est, d'une manière générale, une condition de la santé; c'est donc une question qui intéresse l'éducation physique et l'hygièoe scolaire.

Si, en effet, la santé de l'enfant dépend beaucoup de la manière dont il est vêtu selon les saisons, de la quantité et de la qualité des aliments qu'il consomme,. la propreté dans ces deux cas et sur toute sa personne est plus qu'un utile auxiliaire, c'est une nécessité. Ici se produit directement l'action bienfaisante de l'école. L'enfant est naturellement peu soigneux : il apprendra qu'il ne doit pas se présenter en classe avec un visage et des mains non lavés, avec un costume sali ou en désordre, avec une chevelure que le peigne ne visite jamais ou visite trop rarement. Les cheveux trop longs nuisent à Tévaporation de là peau, empêchent le contact de l'air, favorisent l'éclosion ou la prolongation des maladies parasitaires. Une surveillance de chaque jour est d'autant plus opportune que dans bien des familles pauvres la propreté est regardée comme une sorte de luxe compatible seulement avec la fortune ou l'aisance, tandis qu'elle est un préservatif et un premier remède contre toute une série d'affec-

i. Id,, ibid. Il y a là une question bien délicate. Le médecin qni parle ainsi est fidèle à sa mission et ne peut pas parler autrement ; devons-nous cependant priver d'instruction des enfants de pauvre famille qui n'ont d'autre ressource que l'asile ou l'école primaire ? Mais devons-nous, dans leur intérêt, exposer la masse des eufants à des conséquences dangereuses ? Évidemment la réponse est ici négative. 11 faudrait, dans les maladies qui donnent lieu k des crises, arriver k les prévoir par une observation attentive bientôt aidée par Texpérience, et éloigner les malades k temps et pour un temps. Reconnaissons que ce n'est pas chose facile.

I tioDB, Il pltt^att 0Miftegiieiis«5, tes t^phtsânaiBs, les matrx éPtyreS* ! les, «iet malftdies de k peta «t€u ^ea^ cherc^, la gale, la teigtm, î t*ii faMtfes ^pfdfrr par leur nom. fiflespenvent apparaftre sans ; doute chez des edfk&ts pfoprenntit tenus, mah î esttle 1nnâil)e évidence que Tétai contraire ne peut que les provoquer. Il y a même des conséquences d'une autre nature. Que l'œil, par exemple, ne soit pas. maintenu dans un état sain et normal, il sera pour le sens de la vue un intermédiaire trompeur. Qua le ^emmen^ la matière jaune épaisse, s^accumule et durcisse dans roreUley elle y formera une sorte de bouchon qui« appliqué sur la membrane du tyn^an^ l'empêchera de vibrer sous l'actiod •des ondes sonores et de les transmettre aux nerfs auditifs. Cette cause de surdité est assez fréquente chez les gens de la campagne.

Il importe donc de faire contracter de bonne heni^aux enfants l'habitude des lotions et des «blutions» Gomme moyen ^néral, il faut avoir recours aux bains^ et combattre le préjugé (gai les lait considérer, dans les campagnes, comme un remède extrême réservé pour les maladies graves : préjugé difficilement expUeable, car Becquerel -dit fort justement que l'usage des bains semble la conséquence d^un instinct naturel de l'homme qui le pousse à se plonger dans l'eau pour débarrasser la surface de son corps des impuretés qui ont pu s'y accumuler. La principale et la plus continue ^des fonctions de la peau est la transpiration^ c'est-à-dire l'excrétion, à peine sensible quelquefois, qui se fait par les pores; il faut que ceux-ci soient toigours dans un état -qui leur permette de s^ouvrlr : la malpropreté, en couvrant la peau d*une sorte d'enduit^ met donc obstacle à cette essentielle fonction. £n outre, la transpiration normalement accomplie laisse elle-même sur la peau un résidu de sueur« qui s'ajoute au produit de la sécrétion de l'épiderme et à une matière grasse contenue dans de petites glandes cutanées et excrétée par la peau 1. La sortie de ces substanoea, qni dégi^ les orgoines inté* iMurs et eiMstribae puissamment à l'entretien de la santé gêné» Taie, est eonsidérablement aidée par les ablutions et les bains. 'Cette loi de Thygiène a été comprise de tout temps, au point qu'en la trou? e inscrite dans le code religieux de la plupaet dea

i. Traité élémentaire d^hygiène^ par H. George, p. 80

^pieKçl^s de FaiBÉiqollè. Cbez les Romrâis, fly «rait û^s êtuves on bains publics; il 7«n « efci dans la G^xàé romaine, pnÎB âans la Gwtàe émvetkv» la fiance) }ii9qa*i» t^b siède. Dans les Tillages, 4'iBS^iuteiir ou l%Mi%îltttrice peftH^ent Teeommander remploi, % Âèfanet 4» baigoo^ êtwm €«ve % iessire on tlNm tannsati d6- &Boé, a^iMWVQitft 4r«i di«p Bdliienrant fixé, qui ^mpe dam ttoMi 6t «frt de «ièp:e éltsëiiiie.

L'baèitttde et J» goût de la fosoppelé, tsontraelés 4 l'éeole, ne ifDrta»ttt p«s siulexDeiit leurs fmits au fiaîid de -me de la jaatté : ils «urc»t mwor» ^tk ^s kevrease iafiuenee pm* rapport îà rédwratiOB^ IMiejr^ toA la ^opveté au rang des Teittn ; «'efft la onitiè ^i'una wfgtn^ '«a tout au meias le sâgne extérieur de la id%aiti èfumaliie. <« On a inisou^ iMt Baoon "*, ée i<eg%Lrder la firoçpiteté idu C017S «it «a extérieur eeégué eecame l'effet d'une «esteÔM madestie de 4Matajetè9» <at d*uii eertain respect, d*abord f«v«i8 Dâsu^ dent aevs mmi&eB les créatures, puis e&'v^rs la Mciélé 'Oli /nous Ti^wns, •enâii en^i^rs nous, qm ne devons pas avoir moins de raspeict pour œufrfliêoies ^pate pour les antres. 1» Au tcauteaire, la négligenoe du corps et des yMements, tout en îsBpiraut f éieigneHie«t et le dégoét, rappro<!^ Tb^nine ée runimal'; iil semble que la malpropreté soit comme Tenreioppe naibuiKlle du oorps, «^ cette idée «qui §nit* par slmplanter dans i^nsprit ed^ ueuame ua voile jeté -sur tout ee qui est pur et beau. Le maître persuadé de ces Térités réussira à les faire péné* irer dans Tesprist de ses élevées : s'il s'agit de jeunes filles, l'inslitutrktt ne crandra pas d'éveiller «cdiez elles le sentintent de la délioatasse naerale, ^oileiftent exdtaèibe daiis leur sexe, etinême et £am <lo«D>znr à kar profit TinsÉiaNst 4e la parure, (aussi vienx

«pxele OKeniik.

Dans tout œ qai précède, le rôle des maîtres consiste surtout à conseiller^ à avertir, k sorveâller; sauf poiu: la visite de propreté au commencement de chaque classe, ils n'ont pas qualité p9Ut imposer ûwpératiivmeBt ies prescriptious dont nous avon^

i. Laioi wikirvB», di. T.

2. De Vaocnrissenmt et Se te àignUé dei ifdencês, Ih. ï'V, ch. m.

parlé. En voici d'autres, dont la mise en pratique dépend d'eux et dont ils sont personnellement responsables.

Les organes, chez les enfants, sont en voie de formation; il faut craindre de compromettre cette formation, d'où l'importance de la posture, des gestes, des mouvements habituels. On veillera à ce que les élèves, en écrivant, aient les épaules toutes deux à la même hauteur; à ce que les bras et les jambes soient toujours dans une position normale; à ce que le corps, trop courbé, ne comprime pas la poitrine; à ce que la tension du cou ne soit pas excessive, ce qui pourrait donner lieu au goitre. Le matériel scolaire a ici une grande importance, et nous en parlerons en son temps ; plus il est imparfait, plus il reste à faire à Tinstituteur pour en atténuer les fâcheux effets par une surveillance de tous les instants. Les institutrices en particulier comprendront un joli mot de Mme de Maintenon aux directrices de Saint- Cyr; après leur avoir recommandé le soin des âmes de leurs jeunes fîUes, elle ajoute tout aussitôt : « N'oubliez rien pour fortiffer leur santé et conserver leur taille. »

Chez les enfants, la mobilité est un besoin si impérieux et si naturel que d'instinct ils changent souvent de posture ; l'activité motrice se développe même sans l'excitation de la sensation ou avec une vivacité qui*n'est pas proportionnée à celle de la sensation. Les enfants remuent, gesticulent par le seul besoin du mouvement, et pour la satisfaction d'une nécessité en quelque sorte animale, comme le jeune chat qui joue avec une pelote. A peine au monde, le nouveau-né agite ou essaye d'agiter ses membres. La résistance que montrent presque tous les nourrissons à se laisser emmaillotter est une preuve de ce besoin de libre mouvement. La question du maillot n'est pas exclusivement du ressort des nourrices : les plus grands esprits, des pédagogues comme Rousseau et Kant l'ont discutée et ont énergiquement condamné ce mode de procéder >. Rien n'est petit m* de petite conséquence en matière d'éducation. Toute l'habitude du corps pour le reste de la vie peut dépendre des premiers mois, des premiers jours; et l'habitude du corps peut avoir la plus

i. « Garrottés de la sorte, vous crieriez plus fort qa*eiix. » (Rousseau.) — « Que Ton enveloppe ainsi un homme fait, et Ton verra s*il ne crie pas, lui aussi, et s'il ne tombe pas, comme Tenfant, dans le chagrin et le désespoir. » (Kant, J)9 la pédagogie^ CEavres complètes, t. YIH.)

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considérable inândiice sur Tesprit et le caractère. Kant ya josqu^à blâmer Tusage des lisières pour apprendre à marcher aux enfants : le mieux, selon lui, est de les laisser se traîner par terre jusqu'à ce qu'ils se mettent peu à peu à marcher par eux* mêmes; s'ils tombent, ils n'en apprendront que plus vite à se relever.

Quand les enfants avancent en âge, le mouvement devient de pins en plus une condition de leur croissance ; de plus en plus aussi, leurs forces augmentant, la surveillance devient nécessaire, n ne faut jamais les perdre de vue, sans les gêner, sans rien enlever à la franche et naturelle expansion de leur activité. Le jeu est la grande occupation de l'enfance ; u c'est nature qui parle, » comme dit Montaigne ; l'enfant met dans le jeu son énergie physique, son esprit naissant d'observation, d'attention, d'invention, son amour-propre ; il satisfait ainsi son besoin d'action et les premières exigences de sa pensée, de sa volonté. Le caractère se dessine, les tendances se manifestent. Le jeu relève ainsi de l'hygiène physique et de l'hygiène morale. Il est quelquefois bon que le maître y prenne part pour l'animer au besoin, et en tirer sans en avoir l'air une occasion d'instruire Fenfant. Quand on fait remarquer à celui-ci ce qu'il fait en jouant et comment il a appris à le faire, ces petites observations deviennent un nouveau jeu pour lui. On ne modérera l'entrain des jeux que s'ils deviennent inutilement bruyants, trop fatigants, oppressifs pour quelques enfants. Les meilleurs sont ceux auxquels on se livre à ciel découvert, car ils procurent Favantage d'habituer les écoliers aux intempéries : la vie au grand air les rendra plus robustes et les empêchera de ressem"* hier, selon le mot de Diderot ^ à « de malheureux petits hygro« mètres ». On encouragera de préférence les exercices qui s'adressent à la fois aux muscles et aux sens, qui exigent dans le déploiement de la force une certaine adresse, comme la balançoire , le cerf -volant , la balle , le colin-maillard , les barres.

Les filles à cet égard ont les mômes besoins que les garçons, et cependant cette partie de l'éducation physique laisse beaucoup plus à désirer en ce qui les concerne. « Pourquoi cette

*. Plan d'une université, t. III de ses (Euvres complètes, p,. 546.

9i- PiOAMttI

ètouMOite iÊSé»9mB»f deaiaiiidQ M. IHiiieit ftnaifir K Bal-^ (|i>», la eonstîti^km d'iroe M* diiève ai t««niti«fiejAft»t dft oeUa d'm, gaorçoB, «pE'cU» n'ail pas basoia de ots MtercÎM* «etils ? EaUfia qn^onc fille n'a aacna de ce» goûlâ qitt pouas^cit les ^«rQOCia au jeux broyaoïts? Ou inea doit-oa peoder quev pendent que lanar tore a donné ces goûts aux jeunes gens, comme des stinM^ant» è UQA adhiiô sans laquelle Us- ma peaif eat aAleiodre à im dèieloppement aafli6a]rt,.e3k se les a donoés à leurs, satura «pie poor Texer les maîtresses d'éeote ?^. » IHoua avons trop hotme opt- Dion de nos Hialtresses d'écalepour su^oser ^'aUes pirendroat en mauTaise part ks manifestations lHrayan.iea des leuiPfr élèTea; elles sauront en eoni^randre la nèeeseité» car rcstCaolî iMan poc» tant remue, parle, eoe, et». réciproquement, poor se bien porter,, il a besoin de crier, de parler, de reraaer. £Ues ne redouberout doue pas les amusements qiû, en exigeant une certaine dépense d'acftÎTité, risquent de ciffl:H)romettre la s^fmétrie ou la solidité ée rajustement. La p^ta fille qui auj?a fait un accroc i sa robe en sautant apprendra à la raccammcnier, et ce sera doubla prx^t. La prom«citdey les jtovrs de congé, est. une autre forme de récréation et un autre genre d*exterâee«.

Le besoin d'activité doit être respecté jusque dans la classe. La anecession et la durée des exercicas seront réglées en conséqaence ; la classe du matin et eeUe du soir seront, coupées par otte récréation. Gela ne suffît pas ; il fant, en dirigeant Uacti* vit6, l'utiliser au profit métme de Vinstruction et. Lui donner son emploi jusque dans les travaux scolaires..

La voix n'a-t^lle pas ses exercices, qui sont la parole,, la lec^ €iii*e & haute voix, le chant? La parole Jûen articulée est déjè un exercice hygiénique, à plus forte raison la lecture expressive, & laquelle on attacha aujourd'hui une importance méritée et qui — sans parler de ses autres avantages — favorise le développement de la poitrine. 11 en est de même du chant, qui élargit la poitrine, développe le j.eu des poumons,, combat ainsi^ surtout chez les femmes et toutes les personnes adonnées à certains métiers, les mauvais effets de la vie sédentaire,^ du travail exécuté la poitrine courbée sur une table^ et constitue un ensemble de résultats d'une grande valeur hygiénique. U peut y

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