LES 8EN
I. (Je q«e «Pest qve U pfjehologie. GonaaissaneM qu'elle dooM. Bee pioeédéa. Ce qa'oD appelle eonicienoe psyohologiqae oa eeas intime. CSertitude qu'elle donne. Légitimité de la psychologie comme science.
II. Étude des facultés génémles de l'àme ; sensibilité, iateUigwoe, volonté. Sensibilité physiqne. Lee sensations sont les faits produits par )a sensibilité physique. Analyse de la sensation : conditions nécessaires pour qu'elle se produise.
m. La sensation donne lieu à une fait iatelleotuel, à une notion appelée perception. Réle de ehacun des cinq sens dans l'acquisition de ces notions. Ce qi^oa appelle l'éducation des sens : elle est la première forme de l'éducation inteUeotaeUe. SUe oommeooe dès le bereean.
IV. Le sens du toucher. Notions qu'il procure. Apprentissage de la main»
y. Le sens de la Tue. Notions dont il est l'occasion. Moyens de Tezercer. Illusions de la me. Ses rappoits wrao l'imagination et le goût.
VI. L'ouïe. Perception des sons. lafluence des sons et de la musique sur les enfants. Sans l'ouïe, nous ne pourrions entrer en échange de pensées avec nos semblaiilM. Appfentissaga du langage. Les sourds«muet0.
VIL Le goAt et l'odorat, sens inférieurs. Leur utilité, leurs dangers. Appétits Ikctices dont fis sont la source. L'alcoolisme. L'abus du tabao.
VIH. Les Mpperte du eerveau et de la pensée. Ce n'est pas le ceryeau qui pense, e'est l'ime; le eerveau n'est pas la oause de la pensée ; mais il en est I%i8trùment, à pen prés comme l'oreille est l'instrument ou l'organe de l'ouïe, l'csil eeloi de la ?oe, «te. Le cerreau peut être surmené ou hébété; c'est à l'édnealMT à en freadMia soin ooavaBable : partie importante de l'éduoation.
P^diologie sigoiiie acirace de l'âme. Y &4ril donc, peut-il j avoir une sdeoee de rame? Pouvons-nous saisir un objet qui échapj»e aux prises des sens? Gomment rétudier, eomment raaaljser? Gomment vérifier les observations, les fixer, les ramener à des lois ? Toutes conditions sans lesquelles il n'y a pas de science.
i(K2 PÉDAGOGIE
Donnons qaelqae attention à ce qai se passe en nous, regardons-nous vivre, non de la vie du corps, mais de ce que nous appelons la vie de l'âme, et voyons si cette vie est réelle.
Penser, vouloir, sentir sont assurément des faits qui se passent à chaque instant en nous, comme l'atteste le langage ordinaire : nous disons communément que nous pensons à telle ou telle chose, que nous éprouvons telle ou telle sensation^ tel ou tel sentiment, que nous voulons accomplir tel ou tel acte. Gomment le savons-naos ? Car autre diose est sentir et savoir que Ton sent, penser et savoir que Ton pense, agir et savoir que Ton agit : dans le sommeil, l'écrit fonctionne, les membres mêmes se meuvent, mais à notre insu. Il y a donc en nous, indépendamment des facultés de vouloir, de penser, de sentir, une p«n9saiic« spéml», ^fstiaote de ctUes-tàv et dont te v^e est pour ainsi dire de nous faire assister k tous les phénomènes qui résniteni «Laos Tâme de l'exercèee de nos £acuitéia. Nous disons que nous avons conscience de ces phénomènes. G* est en effet la conscience {cum et scirCf savoir avec soi-même) qui nous les rèrète et qui, pour cette raison, est définie la faculté qae TànM possède de coonaitre ses diSérents modes ^ ou manières d^étre et de se connaître elle-mêne. Pour la même raison, on lui donne quelquefois le nom de sens intime, par analogie avec la faculté que nous avons d« «onnaitra i« BMnée extérkor au moyen des sens.
En thèse générate, eonnaltca Ma objets c'est b'mi distiii^uar. Je vois la neige, j'ai Tidêe d^un corps blanc glacé et qui n'est pas moi, qui n'est pas même mon «orps ; j'ai «oaseiesM àà ia sea* sation de couleur et de la sensation de fh>id qa*if me procove, mais en même temps je me reconoais moirmême et je sais qae réti« qui sent et que j'apf)elle mot n'est pas le niÉme qm Pcbjet de ma sensation. Je fais effort en ce moment pour exprimer par écrit ma pensée avec clarté et avec suite : j*ai conscience de l'effort que je fais, et je sais que l'objet en est en dehors de moi. C'est de moi-tnême et de moi seul que j'ai «onseience . n BuA de là que ie mol eet Tâine ayant eonseienea d'eUe-mêm», qo» Ut eonseienoe nous fait eonBcitie aen «enlement tes M\!B
1. Woé£ vient da htin moâm, ^ «ijgfniBe manière d*étpe : Il sensatten, la pensée, etc., sont des modes de l'âme.
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qiri se passent éaos rtme, non seidement ies teeuités dont ite sont les manifestatieiis, mais le mei liû-mèine qui est le prâidpe de ces fkcultés. R est iapossibie que le moi ait eonoiis» sauce de ses manfèros d'être sons se eoaeefo» aussitôt oomme en étant le sujet réel «A le sujet «Bique : i*ètre qui en moi sent n^est pas distinct de Têtre qui pense, ni i*étro qui pêne» de f être qui Teut; le moi se oenmalt non comme un étro eomposé, nais conme «n êtm nn et ample, identique à loi-même; et cet être un, simple, iéentiqoe, il le connaît aassi comme iiae cause, eomne uae. forae iifere et porsonndle. €ar si Time n'avait pas de penonnalsléi, si eUo n'était pas queicpie dio^e par eftennême, on oe compaondnit pas q«*olle eût eonacience de stH. IPaur «foir oonieienee de noi, il faut être aoi«mème quelque chose, il faet nfoir mm pefsonoalité. La «oasciance est donc Papparilion d* «me foice différente et distincte des forces j^ysîqnes et extêriemes, é'tme iwt% mtenio qoi est rame, dont le mode d^activité est k liberté. Donc encore, la consdence atteint Time ou le moi dans sa nninre intime*
La consdenee dans son exereke a doux degrés : d'abord .spontanée, elle devient réÛédiie «I veloataÎTe par ratfccntion et prend alors le nom de réflexion, la réflexion étant l'acte par lequel l'esprit se replie sur lui-même pour s'étudier. Sous l'une et l'antre forme, son témoignage est infaillible ; les phénomènes da la conscience ont vce privilège de ne pouvoir être mis en qiiesli<m : piûs-je douter à l'heure présente que j'écris ces lignes? en d'antres termes, puis-je douter que je pense, que j'existe, qne je sois mai et non la lecteur qui feuillette ce volume ^ ? C'est pourquoi on a encore déHni la conscience : le sentiment que l'être intelligent a de lui-même '. Mais, comme les affirmations
1. « Gstiie propMûiieii : je sais, j'existe, est néoessairement vraie toutes les fois que je la prononce on que je la conçois en mon esprit. « {peB- ^rtes, 2* médiMUon.)
2. Cette éêfiaiiioa est jwquli un certain point applicabie ans aaimaax, etkn le rmg ipi'iiB tiettaent daaa réobeUe des êtres. Su rapport, comme llMBine, avec le monde physique, ils en reçoivent comme lui des impressions qui occasionnent en eux delà peine on du plaisir : le chien, caressé par son maître, témoigne son contentement par des mouvements et des cris joyeux ; mattratté, h crainte qalil «oatie, tes plaintes qnMi lut «ntendre prouvent qu'il sait ce que c'est qie ta dealeur : il a coaecieeee de ces diverses manières d'être. Il ne faut pa» r^eubtier, ai permetlie «pie les
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de la conscience n'embrassent que le présent, la mémoire vient à son aide pour les recueillir et les conserver. Ainsi peut se former et s'accroître la masse des faits observés, qui, comparés, classés, généralisés, conduisent, par Tapplication légitime de la méthode expérimentale, à la détermination des lois qui régissent la sensibilité, rintelligence et la volonté.
Les facultés que je reconnais en moi existent chez mes semblables ; c'est parce que j'en ai l'intime et presque inconsciente persuasion que j'emploie ce mot ; c mes semblables ». L'observation d'autrui, l'expérience des hommes vient donc s'ajouter à l'observation personnelle, non seulement dans le présent, mais dans le passé ; non seulement dans la réalité , mais jusque dans la fiction : l'histoire est de la psychologie, puisqu'elle raconte la vie de l'humanité, le long et perpétuel labeur de la ci* vilisation; les grands écrivains, les orateurs, les poètes sont aussi des psychologues, puisqu'ils peignent la nature humaine.
La psychologie est donc à juste titre qualifiée de science : elle a son objet, son instrument, ses procédés, ses lois. Nous pou» vons avec quelque confiance aborder l'étude des facultés de l'Ame, et d'abord celle de la sensibilité*
« Gomme le nautonier jeté sur la côte par la colère des flots, l'enfant glt à terre, nu, sans parole, sans aucun moyen de vivre par lui-même, au moment ot la nature, l'arrachant avec effort du sein maternel, Ta produit à la lumière ; il remplit de tristes vagissements le lieu où il vient de naître.... » Tel est le tableau justement célèbre qu'un poète ancien trace < de l'enfant à l'heure de sa naissance. L'enfant débute dans la vie par la sensation : « C'est la sensibilité cutanée tout entière mise subitement en éveil par l'éruption du jeune être dans une atmosphère froide, qui détermine ses premiers cris de saisissement et ses premières inspirations. C'est donc des régions périphériques sensitives que sortent les premières étincelles qui vont développer
eofants roablient. — Cet exercice de la conscleace chex les animaax est évidemment circonBcrit, quoique réel.
i. Lttorèce, De la nakir», liv. V, v. 223 et saiv.