M. Liiys, Le cerveau et ses fonctiansy p
2. On appelle en général anesthésie Tètat d'insensibilité des nerfs et des organes : il y a anesthésie dans les cas de paralysie, par suite de Temploi dn chloroforme, etc.
IM PÉBAfiOGII
nière emditîoa : îl &wt qii« rimpressioii passe te oer?era à rame ; aJinrs seiileiii0Bt la fxmaaJ&am a Ikn, ear ana senaition
dont on n'aurait pas conscience n'en serait pas une, et la sens»tioBy aa dire des pkysioàof istas eax-mèiaes, e^ tmMt immMriel . Les moyens qu'a f âme de commonigoer avec le moMia axt^ rieur suint les sans'.GhACim d'aux est poami d*an organe particulier : r<nl est ïer^jm du sens de la me, FoPMlle «eini de l'auîe, k palais celui du geât, les narines eeloi de Todorat, le corps tout entier et, chez l'homme, la main, cdai du tondier. Biais tous les orgues des sens ont «eeitaias caractères cornnmns ; dans chacun^ nnas retroufons un appareil récepteur, un appareil de tnnimiirénn et un appareil destiné à prodnîre la sensation. La partie «ssentiefle du premier est le tissu ceHulait^ (appelé épitfaélium) ; celle du second, la filire nenrease ; ceMei du troisième, une partie du cerveau ; la sensation est toajoàrs le xésultat du made de mouvement aieité dans Tappareil rôeep- ^ear, circulant dans Tappareil de transmission et abontissant à! /appareil de sensation. Il n'y a d'aitteors aucune ressemblance entre Tobjet du sens, fui est de la matière en mouvement, et la sensation, qui est un phénomène immatérieL Un physiologiste, IL Th. fluxley, compare les appareils sensttifs k des fabriques qui reçoiviuit toutes à une extrémité des matières premières de même espèce, — c'est-à-dire des modes de mouivement, — et qui donnent à Tautre extrémité chaenne un produit spécial, la sensation particulière qui caractérise chaque appareiL Cette comparaison est ingénieuse et assez juste. L'électricité, par exemple, mise en contact avec chacun de nos sens, détermine danschaeim d'eux des sensations diflérentes, dans Toreille des sons, dans la bouche des saveurs, etc. Mus il faut -^jouter que réciproqnement les causes les plus diflBérentes produisent dans «^que sens les mêmes eSeia : la sensation de lumière sera produiU dans l'œil par Télectrieité, par un choc, par les vâiratîotts de l'éther, etc. En résumé, la sensation est, selon la belle exprès» SLon d'Aristote, 4c l'acis commua du sensible et du sentant. »
L Les sensations qn'ils aous precarent et que nois étadiosm kl sont extemet, c'est-à-dire se rapportant au monde extérieur. Il y en a d'autres, dites internes ou organiques, provenant des diverses dispositions de coips et des fonctions intérieures des organes; tans nous ries apprendre sw rezistence de ces organes ni sur le mécanisme de leurs fonctions, ailes se ramènent en dernière analyse à la sensation même de notre existence, eu seasaSioa vitale. Elles n'ont d'autre organe que le système nervenz en général.
Lfissju» an
la aensatioD. est taiigoiirs suivie d'au état iateUectuel qui n'est pas une sensation^ mais uoa idée, cm plutôt une croyaiMe, car il nous est ln^^ossiMe de ne pas croire d'abord à la réalibô de la sensation que nous éproaTons, en^te à Texisten^e de quelque olg^t extérieur à nous et do<it nous sbcquérans* la notion» à Toccasion et à la suite de la sensation. L'odeur de la rose frappe jnes narines» je sais» qu'il existe près de moi un obj^t produisant cette odeur, et je n'en puis douter ; ma connaissance est immédiate et intuitive, et présente par conséquent le degré de certitude le plus élevé qu'il soit possil)le de concevoir. L'intelligence apparaît donc immédiatement après la première ma* nifestation de la sensibilité : l'acte par lequel j'ai connaissance de ma sensation est désigné sous le nom de perception intérieur«« parce que l'ob^iet de l'idée est en moi, est un mode de moi-même ; l'acte par lequel j'ai connaissance d'un oib^ extérieur h moi est appelé perception extérieure.
Mais de ce que je coDaads et affirme l'ezisteiice d'un objet, de la présence dn<]uel dépend pour une part la sensatieob que Réprouve, il ne s'ensuit pas que je sache quel est cet objet, ou quf)|lesaehai^ je eeanatsse cet objet luirméme dans sa nature et ses propriétés. Tout le monde a éprouvé que les sens neus iroml>eQi soiftvent ; plongez, un bâton dans l'.eâu, il voua pandtra l»rifé à son point de jonction avee la scirfaee liquide. Vous savez qu'il n'en est rien; la raison et l'expéri^aee vous le disent : maïs dans combien d'autres cas Terreur n'est-elle pas plus, dtf- Ûeile & rectifier! Tirons de là une double conclusiion : Fane géaévalei. & savoir que si nous n'avions pour connaître que la eensatLon et la perception des idées sensibles» siana la raison, BOUS ne pourrions pas être sûrs de nos connaissances ; l'autre plus particulière : que, les sens étaut l'oceasiion de l'acquisitioa d'idées nombreuses, il importe qu'ils fonctionnent dans des conditions telles que Tillusion soit aussi rare, aussi limitée, et la notion aussi exacte que possible.
€'est à quoi sert l'éducation des sens, qui est en même temps Féducation desorg^anes des sens, tantôt générale, tantôt spéciale, selon qu'elle a pour but radaptation de tous les organes à tous
les actes de la vie ordinaire ou l'adapiation de tel ou tel organe à tel ou tel acte, ce qui est proprement l'apprentissage d'un art ou d*un métier. Il s'agit ici de la première.
Mais, puisque la nature a donné à Tenfant les sens et leurs organes, ne peut-on pas en conclure qu'elle est sa seule institutrice à cet égard, et qu'il n'a pas besoin qu'on lui montre & toucher les objets, pas plus qu'à voir lès couleurs et les formes, à entendre les sons, etc.? Sans doute, — et nous le savons par la plus légère observation de la vie journalière d'un enfant, — même avant de savoir parier, il s'instruit tout seul sur bien des choses; les propriétés de solidité et de pesanteur associées à certaines apparences, les couleurs et les formes qui différencient les personnes> la production de sons spéciaux par des animaux d'un certain aspect, sont des phénomènes qu'il observe tout seul. Mais c'est justement cette tendance naturelle qu'il faut diriger tout en lui donnant satisfaction, et la première chose à lui apprendre, c'est à localiser ses sensations. c( Avant que les enfants sachent entièrement parler ^, on peut les préparer à l'instruction. On trouvera peut-être que j'en dis trop; mais on n'a qu'à considérer ce que fait l'enfant qui ne parle pas encore : il apprend une langue qu'il parlera bientôt plus exactement que les savants ne sauraient parler les langues mortes qu'ils ont étudiées avec tant de travail dans l'âge le plus mfùr. Parmi ses jeux et ses cris, il remarque de quel objet chaque parole est le signe : il le fait, tantôt en considérant les mouvements naturels des corps qui touchent ou qui montrent les objets dont on parle, tantôt étant frappé par la fréquente répétition du même mot pour signiOer le même objet... Il est vrai que le tempérament du cerveau des enfants leur donne une admirable facilité pour l'impression de toutes ces images ; mais quelle attention d'esprit ne faut-il pas poiar les discerner et pour les attacher chacune à son objet? Considérez encore combienj dès cet âge, les enfants cherchent ceux qui les flattent
1. FéDelon, De l'éducation des filles, ch. III, p. 6. — Voy. aussi Hoq* taigne, Essais j I, 25. Malebranche a également bien compris Timportance de l'éducatioD du premier âge {Recherche de la vériié^ liv. II, ch. vn). Peutêtre rinégalilé d'intelligence qui se remarque entre les hommes tient-elle, en partie, à la différence de l'éducation pendant la première et la deuxième année de leur vie (M. Guchet, Principes raisonnes de la méthode intelleC' tuelle, p. 138, Paris, 1875\
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et fuient cenx qui les contraignent ; combien ils savent crier ou se taire pour avoir ce qu'ils souhaitent ; combien ils ont déjà d'artifice et de jalousie... On peut donc compter que les enfants connaissent dès lors plus qu'on ne s'imagine d'ordinaire ^ : ainsi vous pouvez leur donner, par des paroles qui seront aidées par des tons et des gestes, l'inclination d'être avec des personnes honnêtes et vertueuses qu'ils voient, plutôt qu'avec d'autres personnes déraisonnables qu'ils seraient en danger d'aimer; ainsi vous pouvez encore, par les différents airs de votre visage et par le ton de votre voix, leur représenter avec horreur les gens qulls ont vus en colère ou dans quelque autre dérèglement, et prendre les tons les plus doux avec le visage le plus serein pour leur représenter avec admiration ce qu'ils ont vu faire de sage et de modeste. Je ne donne pas ces petites choses pour grandes ; mais enfin ces dispositions éloignées sont des commencements qu'il ne faut pas négliger, et cette manière de prévenir de loin les enfants a des suites insensibles qui facilitent l'éducation. Si l'on doute encore du pouvoir que ces premiers préjugés de l'enfance ont sur les hommes, on n'a qu'à voir combien le souvenir des choses qu'on a aimées dans l'enfance est encore vif et touchant dans un âge avancé...
« Ce qu'il y a encore de très-important, c'est de laisser s'affermir les organes en ne pressant point l'instruction, d'éviter tout ce qui peut allumer les passions, d'accoutumer doucement l'enfant à être privé des choses pour lesquelles il a témoigné trop d'ardeur. Si peu que le naturel des enfants soit bon, on peut les rendre ainsi dociles, patients, fermes, gais, tranquilles : au lieu que, si l'on néglige ce premier âge, ils y deviennent ardents et inquiets pour toute leur vie; leur sang se brûle;
i. « Bans le premier âge, le progrès se marque d'un jour k l'autre, pais d'une semaine à l'autre, puis de mois en mois, puis d'année en année J. L'âge où l'enfant n'a pas encore de maître, à proprement dire, est peut-être celui où il apprend le plus et le plus vite. Que Ton compare le nombre d'idées acquises entre la naissance et l'âge de cinq ou six ans avec celles qu'il acquiert dans les années suivantes, on sera étonné de cette précocité profonde. » (M. Egger, O^servaHons et réflexions sur le développement de l'inteUigence et du langage chez les enfants, Baris, 1879, p. 5.) La physiologie confirme ces données psychologiques : le cerveau s'accroît très-rapidement jusqu'à l'^ge de sept ans, beaucoup moins vite de sept k quatorze ans, moins vite encore jusqu'à vingt ans.
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les hahitttdes se iorifteai ;. le corps, eneoca teadre, «t r^gfi, q«i ]i*a eaeoro êaatae pente: vess aueua objet, se plient, vers la mal..* »
J'ai cité leD^^neme&t ee passage, où, par des viuei de Jioa sens» F^eli)& semble aUec au-devant des plus réceotes observations faites sur le même sujet ^. Que ressort-ii, en effet, des étud^ acUielies sur ia psycJM»iogie pédagogique? C'est que, si rea£anl nouveau-né est U>ut d'abord « un petit animal »<, il est aussi ofc déjà tt un petit homme », c'esirà-dire qu'il porte et répète, «n soi toutes les facultés de tout ordre qud powoBool être un jonr chez rbomma en pleine flocaison : ni i'&ge, ni l'éducation na lui en donneront une seule de piue : il est Tirtnellemeni eoifrpiet dans sa. natiiiD&, mab sa nature n'est pas fbrosée,. et voilà pourquoi l'èdacaiion est néceseaire. Il voit, il entand spontaaér meot, mais il y a* one différenaa cnère entendre et écouter, aatea voir et regarder^ et ce qu'il fani lui appnendj»^ c'est prédsésdeBÉ k écouiar, à regarder, etc. Là est Toocasion da& premières nor tions qu'il aoqaiert, du premier eserciaa de san inteUiganea- Ses preoûers maîtres dans cette voie sont les parents, la. noorcioe, et le progrès est rapide.
< Vers l'époque de cpiinse mois^ dit un observateur attentif et ingénieux ^, l'enfant exécute, avec une adressa et une précision relativement considérables, quantité de mou? emeots appris on perfectionnés^ La tète se leva ou s'abaisse, penebe à- gauche, k droite, en arrière, s'immobilise par la tension du cou, se secoue pour dire non, se balance vie bajiit en bas pour dire oui^ &étiUe dans la joie ou dans l'épanfibement de tendresse* s'eafooce dans les épsiuks ou se cache dans les maias ponr jouer, dodelina gracieuseanent au milieu des caresses, et se BauliAe drôlement pour exprimer l'espièglerie. L'oreille et l'œil se sont accoutumés aux distances : l'oreille se tend avec célérité vers le point d'o^ la aan proivient; elle entand pins de abûees, aait
1. Tie^emano, Mémoire sur les deux pKnièfes années 4e smt flli^ paUâé éaas le Journal général de l'inêtrucU^a pmùliqiiê, i86e. — xVl. £gs«£i oe* vrage cilé ; M. Taioe, Revue pkUôsophique de J4avier 1876 ; \L Uârwin^ Hevue sdemli/ique da 14 juillet 1877 ; fil. Perez, Us tr«û premiéim nmim de PehfanL Pans, 1618.
2. M. Beioard Peres, ïm ifm fremàre» atméet de l'aifmê, ch. IV» p. 61, 62.
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qàelqnefois ne se pi^er <|u^ftux sons qtii Vtâ pltàsefH, leséeenter, les appeler y et se fermer à certains autres ; «lie edBfiatt «n grand nombre d'êtres et d*objets aux iurnits qu'ils proMseht. L'œil a acquis tm riche ensemble d^adaptations. H nia pins Pexpres^oQ Tîde d^ntrefois ; Il plonge parrois son regard dio» rintërienr de ht personne, 3 se meut avee une rapi<fité électrique à toutes les impressions Tenues de f etttérieur^ quelles qu'elles soient ; il exprime arec force et délicatesse les direrses nuances de la pensée, du sentiment et de la rolonté; il sait qxfû les exprime et les exprime intentronneHement de temps à autre, n y a quelque chose de grand et de respectaUe pour ainsi dire duns rètonnement heureux que cause à éet ttil la découverte d*un fait nouveau, et surtout duns cette attention confiante et soutenue quMi prête aux moindres paroles, aux moindres gestes, aux moindres regards de Ta personne qui parle. Le rire et les pleurs, aussi fréquents qu'il j a quelques mois, sont plus souvent cft pfus complètement expressifs ; ils le sont avec intention, quoiqu'ils n'expriment pas toujours les sentiments et surtout lèk nuances de sentiment qu*ils sont destinés à traduire plus tard. Quant aux progrès accompfis par la main, cet organe humain par excellence, il en échapperait en grande partie à l'analyse de l'observateur qui voudrait les enregistrer; car les mouvements presque tous compliqués, et si délicatement combinés, qu'elle exécute, représentent des efforts et âea acquisitions, des perfectionnements accumuîés pendant de longs mois, et d'heure en heure. Elle palpe déjà avec tme certaine sûreté d'analyse et d'observation ; elle mesure souvent l'effort à faire à la nature de la difûcnlté connue ou indtdte ; les doigts, toujours agités, souvent se recourbent pour apprécier le poli ou la rugosité des objets, pour discerner en les effleurant leur degré de chaleur. Le poing ne se îerme plus avec une indllféience automatique : il exprime la colère, tt marque Fintention de frapper, de battre ou de masser; souvent l'index en émerge, et le bras se tend en avant pour montrer on nommer les choses ; les doigts se détendent et la main se (Morarsa et s'agite gracieusemeut pour saluer, énergiquemeat 'pour refoosser ce qui gétie ou déplaJt. Eiilia, elle prend, aour tient, soulève, porte des fardeaux appropriés aux forces ou a«x besoins de l'enfant ; elle est maîtresse des jouets qui composent
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ses trésors ; et, progrès qui n'était ni le plus facile ni le moia& précieux, elle apporte tant bien que mal à sa bouche deuX' instruments essentiels, la cuiller et le verre. »
On trouvera peut-être que l'âge de quinze mois, assigné par l'auteur de cette page d'ailleurs si intéressante et si pleine, est trop hâtif, et qu'en moyenne le progrès n'est pas aussi rapide. Totgours est-il que ce portrait s'applique à tous les enfants lorsqu'ils sont en mesure d'entrer à la salle d'asile, à plus forte raison à l'école. Tel est donc le minimum de développement auquel ils sont parvenus, lorsque l'institutrice, quelquefois l'instituteur, à son défaut, les reçoit des mains de la mère; de» lors, le principal travail pour eux est de continuer l'œuvre plus ou moins avancée, en disciplinant les organes et en les habituant à agir dans une direction donnée ^.
Or qui dit direction dit contrainte à quelque degré : là est recueil. Primitivement, l'activité intellectuelle de l'enfant s'est exercée d'elle-^nême sous l'influence d'impressions sensibles, en proportion du plaisir qu'elles lui causent, et, môme dans le cas d'impressions pénibles, d'une manière toujours intéressée. Dès que l'éducation proprement dite intervient, il faut que l'atten* tion se porte non plus sur les objets qui intéressent l'enfant par eux-mêmes, mais sur des objets qui jusqu'alors lui étaient indifférents : il faut qu'elle apprenne à devenir désintéressée, c'est-à-dire & agir en vue d'un résultat qui peut n'être pas immédiatement agréable , qui , en tout cas , exige un effort immédiatement désagréable et dont l'enfant n'aperçoit pas l'utilité directe. C'est la loi de l'effort et du travail qui, pour la première fois, s'impose. La difficulté est de la proportionner aux forces intellectuelles et physiques de l'enfant, de lui en mesurer délicatement les exigences, de lui en atténuer les désa* gréments par l'intérêt des objets auxquels elle s'applique. Voilà pourquoi les maîtres de la pédagogie moderne recommandent de rendre le travail agréable, et cela est possible, grâce à la nature même de l'enfant, à son activité incessante, à cette cu-
1. A RouBseaa appartient l'honneiir d'avoir mis en pleine évidence It nécessité de l'éducation des sens, avant Basedow, avant Pestalozxi et tons les modernes. « Exercer les sens, dit-il, c'est apprendre, pour ainsi dire, à sentir, car nous ne savons ni toucber, ni voir, ni entendre que comme nous avons appris; » Voir le livre II de VÉmile
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riosité qui est « un penchant de la nature, et qui va comme au-devant de rinstruction ». Voilà pourquoi enfin l'éducation des sens est la première forme de réducation intellectuelle.
Sans nous arrêter à la question de savoir lequel des cinq sens ratre le premier en exercice, disons seulement que le toucher, la vue, l'ouïe et le goût paraissent fonctionner et progresser simultanément : Todorat seul ei9t en retard sensible sur les quatre autres.
Par le toucher >, les enfants apprennent à connaître la température des corps, leur forme (conjointement arec la vue), leur poids, leur nature, même certaines de leurs qualités non apparentes. Les femmes jugent du mérite d'une étoffe en la palpant entre leurs doigts ; en la soupesant dans leur main, elles jugent si une miche de pain ou une livre de beurre ont le poids pour lequel elles sont vendues : il est donc utile d'exercer chez les petites filles cet organe spécial du toucher. Il y a d'ailleurs d'antres notions qui s'acquièrent par l'exercice de ce sens : par exemple, celle de Timpénétrahilité, qualité essentielle des corps, celle de la densité. Un enfant veut entrer dans une chambre dont la porte est fermée, il rencontre un obstacle qui est Fimpénétrabilité du bois : l'enfant ne raisonne pas sur cette idée abstraite, il la perçoit seulement par la pratique ; plus tard, il la concevra scientifiquement. Mettez-lui entre les mains un morceau de plomb et un morceau de cuivre de même volume, et demandez-lui quel est le plus lourd : pour peu qu'il apporte d'attention à la comparaison qu'il en fera, il répondra que c'est le plomb. Si vous lui deniandez alors pourquoi, il ne saura pas le dire, et, interrogeant à son tour, il apprendra que c'est parce que le plomb est plus dense que le cuivre, la densité
1. Le toucher ne présente souvent d'autre organe que Tépiderme, lequel n'est pas également sensible dans toutes ses parties. Ain^^i la peau du visage fest beaucoup plus que celle des pieds ou des mains. Cependant Torgane par excdience du toucher, c'est la main, non qu'elle ait une sensibilité cutanée particulière, mais en raison de sa forme, de sa grande mobilité, qui lui permet de s'appliquer à la surface des corps, de s'y mouler pour ainsi dire*
^aoi U siipénorité au poids ^fèas ud mdina Yolume, Voilà uo teime scieDtifiqufi qui enUw éaas son inteUigefice a« mo^pea dii. toachar ot qvà ne lai sera pas iaoUle; s'iJ. «Dtand dixa» par exemple, que plus les pierres sont denses, plus il faut de temps pour les réduire à l'état de chaux, il saura ce que cela signifie, et qu*ii y a plus de matière dans^ une pierre dure que dans une pierre tendre.
ÈiàâpeDéamaMBl de e«tt« éduoatM» g^ènéralé, to toadvar «st lasceptiiHo d'un» éducstioft spémale, qui est particufllèPefltMil (Mb de la main, et comporte ra^^rontissage de Ulcnfeve, 4ki> desskt, pour les filtes ceiui de k «Mitarra. Oo pourrait mâmiè dire que la gymnastique entre pour une large part dans i^édueatiMi de ha bmîik
L'art dféerir» occwp* m» 0U0 4lvvée p«rmi^ tes taientS'm»^ BMds ; les aeercices de dessin il» pins simples sont ineoiitesil»- Meowat plus fadies cl pl«B iiiliénissaati. Le OMltre eonme»csFa doue par Q8Ui:4à, en «lerçaot d^al>ord les eaiuAs à monkr dus objets es tare giwae, puis à déoMiper des figures en paipiiery enfin à reproduire sur fardoise de petits dessins. Ce tsaraii «st pins agréable que de- reproduire tes lettres de Talphabet; â deét* dcmc Tenir en première ligne. La main^ ayant aequis «ne: haJbi^ leté dfezéeudon relatiTe, triomphera pins aisément ensaite de» diffîcvltés do récriture ; et Tenfant, ayant déjà fait rexpôriencn» du plaisir (pie casse un» svcoès obtenu, essayera pins Totontier» d'en vea^poxter un noiERian en traçast ses lettres. Ton^elois on aurait tort de faire de ces premâers exerdcea pvéparatenns- oïl bat en soi et d*y consacrer trop de temps*. Sans doute, tont \» monde doit savoir se servir de ses aMÎns (et de toue ses sens) ponr les diverses néceseités de la yw, et même pour anmr è dns oonnaissances. pins éie^es; maie il ne faut pas qne cette eattnre dégénère en un apprentissage poreneent nxannei et d'nn caractère spécial, qui nuirait à la mardw générale det études K L'enfance n'est pas le moment des spécialités»
Les rapports du toucher avec la vue ressortent évidemment de ee qui précède; en voici de nouvelles prauvies. On reocentre quelquefois des aveugles, qui vont seuls par les rues ; sans chien, ils marchent à Faide d'un bâton aui interxo^ la
lu V«g(. Um Baie,. Otwmge cUé, llv. K^ du iv.
tes 9Bif9 ils
sol et qui dans lears mains est un appendice de Torgane du toucher. Grâce à ce sens, on peut se mouvoir dans les ténèbres; il est bon que les enfants s*y habituent : c'est un moyen pour enx de s'enhardir et de triompher du sentiment de crainte que les tènèbrçs leur inspirent.
Bans bien des cas, le toucher peut remplacer Te sens de la ▼ne. Les avec^les anÎTent à lire avec leurs doigts les caractères de l'écriture et de la musique ; on cite Texemple du sculpteur Ganibasins, qui, devenu aveugle, loin de renoncer à son art, continuait à modeler des bustes très ressemblants, par le setA secours du toucher. Un autre artiste, un peintre, devenu aussi aveugle, a composé de sa main un manuscrit volumineux que celui qui écrit ces lignes a eu entre les mains. Mais l'exemple le plus frappant peut-être, et qui prouve que le toucher peut devenir aussi délicat que Ta vue, lorsqu'il est perfectionné par réxercice, est celui de l'Anglais Saunderson. En parcourant des mains une suite de médailles, il discernait les vraies d'avec les fausses, quoique celles-ci fussent assez bien contrefaites pour tromper un connaisseur qui avait de bons yeux ; et il jugeait de l'exactitude d'un instrument de mathématiques en faisarit passer l'extrémité de ses doigts sur ses divisions *.
Ces faits sufflraient à prouver que ce ne sont pas les organes qui prennent connaissance des corps et dé leurs propriétés, mais les sens, et que les sens eux-mêmes ne sont que les différents modes des opérations de rime, selon les rapports qtt'elle 8 avec le monde matériel : ainsi, c^est Tâme qui voit, qui regarde, et, si l'organe de la vue lui. fait défaut, elle le remplace par celui an tou(5her, elle s'^nostmit autremerrt. "De même dans la surdité, l'organe de Touîe ne faisant pas son office, elle parle par gestes, elle invente 'le langage des doigts. Il résulte de ces faits qu'il y a éans 'liienime autre chose que le eeorps, une force intelligente^ rame. C*e^ une vérité sur laquelle il est trtrle de revenir avec les élèves quand les occasions s'en pré;jentent, non avec des rai- WKBUBûÊmUt qui sentent la méikaphysique, mais par de simples rH^koàùM, «en insisBlbanlt mir les iaÂfes : elle leur sera plus d'une fois nécessaire dans le cours de leur existence.