LES SENS
trer l'ombre d'un nuage poussé par le yent parcourir rapidement les coteaux et les plaines; à son passage, la couleur des objets se trouble on s'efface, parce que le nuage intercepte la lumière du soleil; quand Tombre ne voile plus les objets, ils reparaissent avec la couleur que leur a rendue la lumière. Une éclipse de soleil serait un fait plus frappant; d'ailleurs il y a des exemples partout et en grand nombre, et il faut que l'éducation des sens soit un Téritable enseignement, puisqu'ea réalité c'est à l'intelligence qu'elle s'adresse.
En même temps que la sensation de couleur, la yue donne celle de la forme, mais ce n'est le plus souvent qu'une forme apparente, qui varie par l'effet d'une foule de causes, et, entre autres, avec la distance. Cette apparence n'est pas conforme à la réalité ; mais, entre elle et la réalité, la nature a établi un rapport qu'il faut habituer les élèves à connaître et à apprécier avec plus ou moins d'exactitude ; c'est faire appel, de leur part, à l'attention et à la comparaison.
Pour les objets rapprochés, à portée ordinaire de l'œil et de la main, la distance n'est rien, et, avec un peu d'exercice, les enfants parviendront facilement à juger de la dimension des objets, à les comparer, à les diviser par la pensée en un certain nombre de parties égales, à estimer l'espace nécessaire pour y placer un objet ou pour agir soi-même dans un but déterminé. Il 7 a des jeux qui, à l'avantage d'exercer les membres et de donner de l'adresse, comme la balle molle, le volant, les barres, habituent les enfants à estimer les distances, à acquérir de la sûreté dans leur appréciation, ce qu'on appelle du coup d'œU. Ces jeux conviennent aux petites filles tout autant qu'aux petits garçons.
A mesure que la distance devient plus grande, les objets semblent perdre quelque chose de leurs formes réelles et i même changer de place; dans une allée d'arbres un peuj longue y ceux qui sont à l'extrémité se joignent et se tou« t^ent. en apparence; dans un wagon ou sur un bateau, les arbres , les maisons semblent courir ; ce qu'on appelle vulgairement une tour carrée, parce qu'elle est construite de manière à former quatre angles, paraît de forme arrondie; les contours des coUines et des montagnes s'adoucissent et changent d'a^Qct. L'explication de ces faits est facile à donner aux
éittes, "de Mwiiftwo àc tevr fiiire «on^Modc» itt*U œ f^ut pas s'en rappoffep «ux açj^eiicts. .
Lidéie qise Ton oonçeit <ét k. diataurae «a^9i»4rie eeUe (l*espace^ eft, si r&a yetrt doonor mx jewni» kitdtigieilceft 9A. exenaple de c« que peut l'éforgoetneiit sur b sens de la vua^ oa n'a^ en pleine catnpa^e, poor être plii& à Taise^ ^'4 leur montrer le solefl. A cette questioA : Croipn-voiis que 1» soleil soU aussi gros qae ht terre? #5 se trooremal peoi^étre u» peu dans le doute. A Forigine, les bvmiMM qnt ■CDinMwactaeat à. s'Qceuper de scieDee pentavenl que le» eeleil n'AtaHi pas pim$ valamioenx qne ne Tindliqnait s» foraie apparente; or, en €siH de. sôeace,, les enfants sont comme les hommes des «neieDS ifeaips» Gepea* dant, sachant déjà <pie le Tolnme cTua corps diminwo à hk w. en raison de la distance, et le soMl leur paraissant fort élev<^ au-dessus de la terre, il<s rép^ndroofe qa*!! est probabiefoeat plus gros qu'il ne {tarait l'iCre. Mms <qpael seca letir ^toauemeoi quand on leur dira que le globe du> ooJeii est de plus d*aa milnon quatre cent mille fo» (f 467 ^93) piue gros que la terre I Qtiel espace ne* faïut^ pas eietre la terre et loi pour qu'il paraisse si petR, lut qui est si gros! £t, •■: efiety^oa leur dira que la distance de la terre au soleil est de ti;eiite4uiii millions deic( cent trente mrîUe lieues, ou, pour lea aider à comprendre, qu'un wagon qui 'ferait ciiMfuaiil» kik>métifes ou douze lieues et demie par heure , sans s'arrêter janms^ mettrait trois siècles et demi pour arri<rer au solett* L» eens de la vue fait naXtre ainsi Fldée d\m espace sans bomesy Je nentBanrtnt de riafîioii, cftr au defà dhi soleil il j a ettoore de l^espaeo.
Au moyen de quelques ospliestâus, les oafaaie acquiàreol* encore d'autres notions utiles en observant la positioa du soiLeiL. Sî t son le^rer ih le Tovent 4 Iwir dMHlte» ila auront le couchant t leur gauche, le nord devant «us eA 1» midi éfiArièi»» et ils apprendront ainsi à s'orventer^ An "^rapuit la hauteiw du aoleil dans le ciel ou la longueur de i^omft>ra d^ua: arbÉoet, d'uo mut,d^ potirront appT(9xi«ttati^«QMnt aavttir qpnUe faeufle d est; de même, la direction de la fumée ou éesrQa^^eft iudjiiiae.de quel côté le vent souffle.
Il 7 a pour la yue une sorte de géométrie nàtorriia em eo ^fu concerne les notions les plus éléoMti taire». Quand on ee çfQ" mène avec des enfants, on liear éùao^Viiêè^ de ligHM paraUèles
en \!&BT *iuuiÂtHÈA (don thob ^tftà orit 1& BÉêim liiivtlîciij, tme li*- TÎère <|« oÊmle le toBjg» d'«w pndrie. De indme fKyor les lignes oowAfes 00 tnidées : wa 'eom de me formé hb angle, et enesupe rextrémiié d*ini vaAIonr fermée par âe«ix «olJines ^ni s'éesrtent à peitfir au sMBixMt «oimmin; et, si l^on suppose <que le ▼i^ton e^ fermé à aœ certimie âisftaiNse'ès seniBMt, oa •éomieiia l'iàéC' âfma ItfîaBgie. Dv cavré de lôgume» «A un qoedi^aière, Terifiee d*iin poitB a lafomia #aiie eiMïonféveiioe, an ehaaip liaiilé de tous eÊUbs par dee Ifi^fues droites' est «b- pelygone; «t si Ton imagine «ose Yigne draite joignant «iéas soniaieteéu ^ebamp, on amraTîdée d^ane tiiaffoiiarte. €kst an moyen d^Teiller l%)teiligence des enfaitts, et, comme ils sewt torieox, ib ae manqueront pas de faire des questions qui leur vaudront, tout en se promenant, une petite leçon de géométrie, leçon qui peut servir d'introduction à Têtu de du dessin linéaire, qui est un excellent exercice pour Téducation de Tœil, indépendamment de ses autres avantages.
Gonune le sens du toucher, la vue doit être exercée à reconnaître les qualités propres à chaque corps, et aussi les différences qui existent entre les corps appartenant au même genre, comme le plomb, Tétain, le zinc, le fer, Tacier, etc, parmi les minéraux; le chêne, Forme, le peuplier, le sapin, le frêne, etc., parmi les végétaux. Elle vient en aide au toucher, et ces deux sens se contrôlent mutuellement.
On regarde assez généralement la vue comme le plus noble de nos sens ; Touîe, on s'en convaincra tout à l'heure, peut 'hû disputer ce titre; mais c'est la vue qui contribue le plus à éveiller en nous le sentiment du beau et à le développer, soit, comme nous l'avons déjà dit, par la contemplation des splendeurs de la nature, soit par l'impression que foiït sur nous les chefs-d'œuvre de l'art. (Test par la vue que nous sentons et que nous sommes mis à ifiême de comprendre la beauté des proportions, l'harmonie des formes et des - couleurs. Mettre les jeaneséaies à portée de ressentir ces impressions, de se nourrie des pensées qu'eues font aaitre, est an des^ hienlait» de l'éducation.
Mais plus ce sens est précieux, plus son organe demande de inréeautions et de soins. Un passage trop brusque de l'obscurité à la lumière est dangereux pour rœil; il en est de même d une
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lumière trop vire, et de la réflexion produite par un sable bknç dans les pays chauds, ou par des murs blancs, en un mot par toute surface blanche réfléchissant les rayons lumineux. L'excès contraire n*est pas moins nuisible; une lamine insuffisante fatigue Tœil par les efforts qu'elle exige pour Toir des objets trop peu éclairés. Dans les classes, il est bon d'habituer les en*fants à fixer des objets éloignés, à lire de leur place sur Us tableaux et les cartes placés à une assez grande distance. Le défaut d'exercice, l'habitude de ne regarder que des objets rapprochés sont des causes de myopie. Ce qui le prouve, c'est la rareté de la myopie chez les habitants des campagnes, qui ont sous les yeux un horizon plus étendu.
L'ouïe > est le sens qui nous donne la notion du son.
Parmi les sons, on distingue ceux qui proviennent de la voix humaine de ceux que font entendre les animaux et qui ne sont pour la plupart que des cris; il y a aussi une différence entre le son et le brait. Le bruit cause souvent une sorte de confusion dans l'oreille et par suite dans l'esprit : ainsi, dans une classe où les élèves parleraient tous à la fois, on n'entendrait qu'un bruit confus, discordant, au milieu duquel le maître ne pourrait pas se reconnaître.
Le son a plusieurs qualités qui en sont comme la forme : la qualité, l'intensité, le volume, la tonalité, le timbre. Le son de la flûte est pius doux que celui du fifre, celui du violon est riche, celui de la trompette est dur : voilà pour la qualité. Le "internent d'une cloche près de l'oreille, un coup de canon à peu de distance produisent des sons d'une intensité considérable; le bourdonnement d'une mouche est^ en comparaison, peu
1. L'oreille, organe de l'ouïe, est un édifice fort compliqué. Elle se compose : 1° du pavillon, qui est l'oreille du langage vulgaire ; 2' de la caisse du tympan ou du tambour, petite cavité qui communique au pavillon par un conduit dont l'orifice est fermé par une lame mince, sèche, vibratile, tendue comme la peau d'un tambour ; 3* du labyrinthe, qui communique avec la caisse par deux trous appelés trous vestibulaire et limacien. Le tissu cellulaire du labyrinthe se termine par des filaments d'une ténuité extrême, par lesquels s'opère la transmission nerveuse du son.
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intense. Le Tolome se distingQe de l'intensité; il tient à Fétendue de la masse sonore; le bruit d'une grosse pluie sur un titrage, les clameurs de toute une classe en récréation, sont des exemples do rolume du son. Le timbre est la différence de sons d'ailleurs semblables, qui juroyiennent d'instruments différ^its : un yiolon, une flûte, un piano, la roix bumaine donnant la même note, la donnent chacun atec un timbre différent. Par tonalité ou hauteur du son, c on entend Tacuité ou la gravité. On sait que la différence du grave et de l'aigu, différence qui ne peut être définie, mais que tout le monde sent, est le principe de la musique; cette différence ne se confond nullement avec celle de Fintensité ou du volume; car un son musical restera le même, soit qu'on en augmente l'intensité par la pédale on le volume par la multiplication des instruments; on ne peut donner d'autre idée de la hauteur du son qu'en disant que c'est une quantité qui correspond à un plus ou moins grand nombre de vibrations dans un temps donné; le son devient plus grave à mesure que le nombre des vibrations diminue, et plus aigu à mesure qu'il augmente ^ »
On pourra faire apprécier toutes ces qualités, selon l'occasion, et exercer l'oreille; au début, l'essentiel est de donner aux enfants de bonnes habitudes, d'abord celle de ne pas pousser de cris discordants, d'être attentifs aux bruits du dehors, de juger de leur intensité d'après la distance : s'ils entendent le son d'une cloche, . il faut qu'ils puissent dire de quel côté il vient, d'après la direction du vent. Si la distance est trop grande, on cesse d'entendre. Qu'on demande à l'enfant pourquoi, il répondra que c'est parce qu'on est trop loin. Rien de plus vrai; mais, en causant, on peut lui faire comprendre que l'air est un véhicule du son.
L'utilité de l'ouïe ne se borne pas à nous faire percevoir des bruits et des sons dans le milieu où nous nous trouvons, à nous causer des impressions agréables ou désagréables, utiles pour attirer notre attention. L'ouïe rend à l'homme bien d'autres services, car on peut dire qu'elle est par excellence le sens de nntelllgence. Si la vue nous livre simultanément le spectacle des objets de la nature éclairés par la lumière, nous restons cependant avec elle dans le monde matériel; elle ne nous in-
i. H. Bain, Des sens et de VintelUgence, i^ oartie/cfa. I. 5.
tmdnt émm snimoaAi fWpMeur •fiM i^v k wwMtfiimÉ du Imw, l^uis^ ett fMTcevtto* le am arkiealô;^ la .ymiki, vrai sign^ide 1» pensée, attoiit un pliMi bani degfé da s^iciiaaliibè; dan» J>i«i ida» an, «lia est svpériaa;*a à la fws, saaa k vapfMat <de ilntaryuttai tîcm exfmssm deèa]i«aB6e. lAveiz temuôna-cat féob» darAaM^ eileséi» qui lareciMiil«.estàcetégiard]ie plasipréMÎaux d» ton».
L'orsi^ dès soo preaMer aontect «frac rakt, daTiesi a&aaibto aa son : aa aonsitaAa chea le Dio«mBau<«è la ptoifi» i|«a lui«aiiaa naa ^WE dfcraae et earessanAe, et sartoatrmprasei^a qu'il, oaçajyt da rytiuius mèiaa k plus groasiar. T.oat4aou.vaaMiit lyibiaiqiia a anr loi «ne iaâ«eiica évidaaia* Oe là à la mosiqua la InuM» Hion csl aîaée : c'asi im Jaagttge aussi, BaUwel en œ scoa 91'il art natureUenieiilt gaMé et eompris, et qu'il tradaût les .émotianaet les sentioDBaAs da râase Imiinue. Elle a donc sa place .daaa f éducation des sesa, à la;saile d'asile, pais À l'école, au mènm> tempe .^pse dsoe l\édueaii<Ht iraaralfi. La ohaiït est 1» «xar<âaaL aÉ^e* pour la poitrine; il aasA^plit la Taix, ra>do«uût, lui fttari^ahtlade «des sions eriarda daat Jaa ra^faats aant d'abeod al pradigués. Il développe dans T^sœ la go4t naturel du vyVaam et «da la mesure, fpd laU saisir les rapports séguliers entre lea imprasstOBS «it les espaces de temipâ qui les séparent; c'«»t aoeaca im moyen- de déveik>(^)er le seotiment de Pandre at da beau.
Ge T(Aè ddd roule, si eonsidéuable dac» le dévatoppemaRt idtatteataei, dit assez avee quel soin son éducation doit étra iaila. C'est aJkars surtout .qa,'il faoi que l'enfant s'accoutamaà écauAac, iieo sealeoieat pour entendre ee qu'on lu dit et potfr le caaapiaBdae^ mus enoone pom: faire l'apprentissage de la panale, U aqppvand à parler en. entendant pazîer. Sans doute, le langage est une aptitude ionéa ; à. peine au jnonddS, l'enlant a la faculté d'éiMettMk des sans ^, mais las animaux, ont cela de caaikmun ai»ee kiL Ce premier langage^ tout instinctif,, n'est paa ancocala pacela; ]»ientût il «'.articula^ il sa caFactériae, il denanl la laa-
1. L'er^ne de la véa homaiiie est le Ivyax, sitaéà la partie ankéiiaiiiif at stpëri«u]!e du cou, sur le tr^yet de Tair qui se rend aux poumoas. C'est une espèce de boile formée de cartilages mobiles reliés entre eux par des replis tibreux et munis de mascles. La communication entre le larynx et la togve est établie par ira os appelé rh^ïde auquel s^adapttnt ans grande partie des muscles de la langue. Les cordes vocales sont situées au fond de la glotte, ouverture qui se trouve à Teutrée des voies resj^atoires*
gs^ ]^m^$aUêf de Ynniasi^ (pd 9«a k peu 8\eiftp«im» f«s m» «ffDst 4s V'Olô&l^ft iaitel%6Qtay de l'iosjtsiimeiii qu'il possède^ C'<ert n» £afl d'«ftpéridiiise fu& reafiaoitt Tettlani sa Caiise, aDUodro, «a .%hBiqB« ea quoique sorte «ae langue à lui^ laague déjà edâ^ MUe> «aïs puoeiaMt iodividMalia.; de là la cUfiJciUtÀ |^04ir }m g0«nde$< ffmiQtmm 4e ht edspcendire os ^^iutAi d« 1» desiaer r û m*f a ^xière ^pie la nnère et Un nouraee f ^ j parvienfiNvat saiMSMiEt, Il aaett diene un pro^irèts à aceoa^pliir : il faut que l'enfant apprenne à passer d,e «e ks^agetetit pareonoel aa^eog^^ de toat le monde, au langage national, véritable instrument de ^sociabilité, ce qui exige un effort persistant et nécessite TattentioQ de Foreille en même temps que celle de Tesprit. Entendra un mot, associer le son de ce mot à Fidée de Tobjet qu'il représente et qu*il erprime, retrorrver et aurticnÎBr le mot en présence de Tobjet, voilà en quoi consiste l'apprentissage îe phis I9émentaire de la parole. IT est d'aî)ord rœuvre de la mère; ThnAituteur trouve la faculté déjà en jeu, mais Ja ïkdhe de te développer présente encore des diffîcuîtèB suffisantes. Ift, eomm« partout, il devra suivre tout en îa dirigeant TactTvrté spoirtanée en vertu de laquelle l'enfant imite et reprodirit îes sons. Surtout îï n'oubliera pas qu'apprendre à parler c*est apprendre aussi à penser, qu'il ne faut pas mettre dans la mémoiiv é6 Tenfant des mots sans mettre en même temps dfes iîdées dans son intelligence. Aussi bien la nature le veot ainsi, car les miyts que les enfants retiennent le mieux sont ceux qui expriment les olyats <{u'ils connaissent, et, dans ces objets» la qualité la plus swilanle mi la partie qui produit l'im^vessioai la fias êotâA. fin éPantres termes, ils retiennent à proportion «fu'ils» eonpve»* nent * .
Qoaad il est privé du sens de Fouïe dès sa naissance, Thomma^ samàl» «OBésnoé à une igncamiee qui la mçittraii i»eâqii« a» niveait des animaux les moins Mënp«plagés,-et iiyteHeetnelleMflal son existence différerait peu deîa leur. Heureusement la vxre peut jne^ii'à uo œrtaia point remplacer l'ouïe. U; a ua langage natur pei, celui des signes et des gestes, qû asti'aKpcessioa wirne e^spoor tanèe des sentiments et des passions; c'est déjà quelque 'ctoie^ mais un moyen encore insuffisant pour le développemeiil; ÛB
i, ^i. Ferez, Ouvrage cité, ch. XV. — M. Egg*r, Quome i«„,p* 14. .
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rintelligence. H fallait un langage artificiel attacliant aux mouvement? des doigts et à la combinaison de ces mouvements un âens déterminé, remplaçant les mots, et propre à tenir lieu de ia parole; ce langage a été inventé, grâce à un homme qu'il faut compter parmi les bienfaiteurs de Thumanité, Tabbé de L'Espée. Par là, il rendit à la société ceux de ses membres qui jusqu'alors étaient privés du plus doux commerce avec leurs semblables. C'est toujours l'intelligence qui, trouvant fermée la i^orte de l'ouie, prend un autre chemin.
Le goût ^ est le sens qui nous met à même d'apprécier les propriétés sapides des corps; il est, avec l'odorat, affecté aux fonctions animales, et on les trouve Tun et l'autre plus développés chez certains animaux que chez l'homme; cependant, pour lui, leur utilité n'est pas moins réelle. Quand ils sont sains et maintenus dans un état normal, ils contribuent au maintien de la santé et procurent des jouissances, mais d'un ordre inférieur; c'est une sorte de piège contre lequel il faut prémunir les «nfants.
Ghe2 eux, le goût est avide sans être éclairé, la quantité l'emporte sur la qualité : avant d'être friand, l'homme est
1. L'organe sensitîf du goût est le tissu cellulaire de la langue et du palais ; ce tissu s'allonge eu petites baguettes auxquelles on donne le nom de papilles et qui reçoivent l'impression. Des fibres nerveuses les ratta- •cbent au sensorium. — L'organe de l'odorat est formé par la membraof nasale. Chacune des narines aboutit à un passage distinct, et ces deux passages, séparés l'un de l'autre par une cloiso'h, mettent les narines en communication avec le fond de la gorge, offrant ainsi un Ulire passage à l'air qui se rend dans les poumons lorsqu'on respire la bouche fermée. La partie inférieure de chaque passage est plate, mais la partie supérieure forme une voûte élevée, dont le sommet est formé entre les cavités orbitales du crâne, et par conséquent au delà des limites apparentes du nez. Sur les parois b^érales de la partie supérieure de ces chambres voûtées, -certaines plaqut»:! osseuses minces font saillie et sont recouvertes d'uie membrane fine, douce et toujours moite, ainsi qu'une grande partie de la cloison qui sépare les deux chambres. Cette membrane s'appelle membrane de Schneider. Le tissu cellulaire qui la recouvre reçoit l'impressido d'odeur ; par ses extrémités, il se rattache à des fibres nerveuses qui vont d'autre part aboutir au cerveau.