Éducation des filles, ch. V, p
de vice, même par de simples habitudes de paresse. Si Tesprit ne lui demande aucun travail, aucun effort en dehors ' des fonctions nécessaires à la vie sensible, il s*endort en quelque sorte; c'est une corde qui se détend et ne résonne plus sous le doigt : à Téducateur de la faire vibrer à propos, ni trop ni trop peu, toujours harmoniquement et en mesure.
Et, comme Tenfant d'aujourd'hui est l'homjne de demain, le» conséquences portent plus loin que Técole. La vie nerveuse et cérébrale a acquis de nos jours, du haut en bas de TécheUe sociale, une intensité que les siècles précédents n'ont pas connue et qui va grandissant sans cesse sous Taction des milieux et des conditions d'existence, dans les grands centres de population et d'industrie. La machine non seulement industrielle, mais agricole (quoiqu'à un moindre degré), en simplifiant le travail de rhomme^ exige plus d'intelligence que de-force, ou du moins autant ; elle fait travailler le cerveau autant que la main et plus que le bras. La diffusion de l'instruction elle-même contribue à faire prédominer la dépense cérébrale sur la dépense musculaire. Ce n'est pas un mal, mais c'est une raison pour donner dès l'enfance au cerveau de bonnes habitudes, si l'on peut s'exprimer ainsi, pour l'assouplir, sans rien excéder, à un exercice régulier, pondéré, normal : par une réaction inévitable, le travail de l'intelligence en deviendra plus facile, plus rationnel^ mieux ordonné, et l'ordre passera du cerveau et de l'esprit dans la conduite. Nous retrouvons ici l'accord de l'éducation physique avec l'éducation intellectuelle et morale, qui était déjà la conclusion du précédent chapitre.