‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 49 sur 206 · Ingrate patrie, tu n'auras pas même mes os · texte numérisé non relu

Ingrate patrie, tu n'auras pas même mes os

LES aëwirnems ilS;

Aoft MaMment» mùvmx et wi teiir soura» éais !• smûMIté Kioral« ; e*«9li urênie cette eig^eatiott que Tiuage semble eitijtaer le plus ▼otonAiers aux mots « sentie i» et « seneUnicté ». Une petaonoe « sensible » est eeile qui est oa peralt aceeseibl» «dx émotàêBs norale»; rinesgàqae «lètaf^kere de « sans em^tstm 9éL «B refiroi^e, pvesqne une iis^uare, éans ielani^a^ populaire;. Féoeioa 4éplere lee p^es que deme l'éducaiioa ctoe enfanta (f qui manquent de sensibilité ». *— Les seniÛDeots qin résntteni paiiieaiièrea»ent 4& Teixerelce derinielligvnce, leetendenoes qui )ro«?cttt leur satisittetioa dans la CDltaire ée cette Caeuité, ont leur saoreo âaits la eensibiliié kiteleotiiellia^ Oocnpioiuhaoïia d'abord das seûtiHMntB nuoranx.

Ce qse nons aîmons avant tontes dkoees^ -^ et quelqncdoin paar^ dassns tonfes cboses, — c'est nous^iafimes. Non seutemest noas^ aT<ms rafœocnr de la^vie, le sentimenl de la coneeryatlûn, qui est, à Traî dke^ «n insiinet irr^écbi; auds TaiBMur de noa»«iémee< se manileste dans nos rapports, snet auilimî» et à roceadion décès rapport». Il ne nous suffit pas ée zbous sentir existants» nous^ ne goûtons pleinement le plaisir d'erâter ^e si notre moi s'affirme par quelqne supériorité sur ce qui nous entoure. S'agit-il des êtres infJ&rîenrs dis la créatioD, nous ayons le sentiment de notre supériorité morale, de notre dignité en» taet qu'êtres bninains; s'agit-il <le nos semèAablea, nous sauffrons difficilament de leur être inférieurs : l'amour de soi de* vient alors l'amour^^ropre. Tant qpie Fanaevr-propre nons excite seulement ft bien- ftâre, à ne pas nous laisser dépasser dans le bien, à nous perfectionner sans cesse pour mériter l'estime et \m lottiMge, il n>st pokit k blâmer, et c'est nm moyen d'éducation qu'il no fknt pas négliger toi^ «n le ménageant avec pendenea. tînand il se développe an point da yonloir tout absorbée, tout rapporter ft lui, il deriont Tégolsme, qui éosl être énm^iqmmenf co»baMin.

Iiei*v e& le voit, po«r qm l'ansanr tde aoi so mudieste soua ses iMnws éiiranes, il faut ^e l'Iiafflina aaift en «appoet «nm lee aeMs<06 bommes; il rentre donc, et par sa natava ot par sea applications^ parmi les sentiments moraux.

Les sentiments moraux, si nombreux et si variés qaMls soient, peuvent se ramener ou à la sympathie ou à Fantipathie : les uns sont les affections bienveillantes, les sentiments de sociabi»lité, qui rendent facile, utile, agréable le commerce des hom< mes entre eux; les autres sont les affections malveillantes, les sentiments anti-sociaux, les passions^ haineuses qui, au lieu de rapprocher les hommes, les éloignent les uns des autres et rompraient le lien social s*il pouvait être rompu.

La sympathie est une tendance naturelle qui nous porte à nous mettre en harmonie d-lmpressions avec nos seniblables et .généralement avec tous les êtres sensibles. Un visage épanoui nous dispose à la joie; la tristesse d*autrui nous rend tristes; les douleurs, même physiques, ^e communiquent à nous presque physiquement. Tai mal & votre poitrine, écrivait Mme de Sévigné à sa fille malade : tout le monde comprend la vérité de ce sentiment, malgré Fhyperbole de l'expression. De là cette unanimité d'impressions qui se manifeste dans une réunion d'hommes et aussi d'enfants. Lamartine harangue la foule irritée et bientôt la domine par la passion communicative de son éloquence : il la persuade, elle sympathise avec lui. L'instituteur fait une leçon, il s'aperçoit que les élèves ne comprennent pas, ne sont pas intéressés; il recommence, change sa manière, s'anime : les visages s'animent aussi, les esprits se tendent; la communica* tion sympathique est établie. En général, toutes les fois qu'un phénomène sensible dont nous sommes capables se produit dans une nature semblable à la nOtre, il y a dans la nôtre une inclination à imiter et à reproduire ce phénomène. Cette pro« priété de la nature humaine est la sympathie.

Les affections diverses par lesquelles elle se traduit sont done à la fois des faits de sensibilité et des mobiles d'action : d'où leur importance dans la vie et par suite dans l'éducation. Cette tendance de la nature humaine se manifeste d'abord dans le cercle de la famille, par les affections qui en unissent tous les membres : l'amour conjugal, l'amour paternel et maternel, Tamour fraternel, l'amom* filial, si bien nommé par l'antiquité la piété filiale. Quand ces affections agissent conformément k leur but et qu'elles sont éclairées par les lumière» de la sagesse «t de la prudence, l'intérieur d'une famille est un délicieux spectacle : parmi les sujets qui peuvent exercer la palette du

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p^intfe, le génie de Toratear ou du poète, il n'en est pas de plus gracieux ni de plus touchant ^ :

La vie aux mille soins, laborieux et lourds. Se trassâgore en poésie ^.

L'amitié se place à côté de ces affections et en élargit la sphère : sentiment profond, grave, désintéressé, fait de confiance, d'estime, de tendresse, Tamitié est an des plus grands charmes de la vie '.

Membre de la société domestique, l'homme fait partie également d'une famille plus vaste qui est la société civile, l'Etat, et d'une autre encore plus vaste, la famille humaine. De là l'amour de la patrie et l'amour de l'humanité. Rien n'est plus puissant que les liens qui nous attachent au pays où nous sommes nés : les objets inanimés eux-mêmes participent de notre sympathie ; nous leur prêtons u|ie existence propre, presque des sentiments, parce qu'ils sont indissoloblemeut associés dans notre cœur à l'idée même de la patrie :

Objets inanimés, avez-vous donc une Ame?...

AU moyen âge, on désignait l'association civile des habitants d'une localité sous le nom expressif d'amitié ; «TamiUé de Lille, l'amitié de Beauvais, » pour dire la commune de Lille, la commune de Beauvais. Touchante pensée, sentiment profond : qu'estrcé que la France, sinon « la grande amitié française »? L'amour de la patrie est si natarel au cœur de l'homme que la plupart du temps nous aimons notre pays sans y penser, simplement, instinctivement, comme nous aimons la vie ellemême. C'est un sentiment si plein, si profondément entré jus«

i« Reid, CEuvrei^ t. VI, p. 64.

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