LES SENTIMENTS
et le déTeloppement de Fidée de jastiee. Il ne faut pas confondre la jaloasie avec le désir, légitime et naturel, d'égaler ou de surpasser nos semblables, et qui est Témulation. « L'émulation est un sentiment-Tolontaire, courageux, sincère, qui rend l'âme féconde, qui la fait profiter des grands exemples et la porte souvent au-dessus de ce qu'elle admire. La jalouâe ai> contraire est un mouyement yiolent et comme un ayeu contraint du mérite qui est hors d'elle ; elle ya jusqu'à nier la* yertu dans les sujets où elle existe : passion stérile qui lalaie* l'homme dans l'état où il le trouve *. »
L'enyie est une forme de la jalousie appliquée à la possession d'avantages dont les autres jouissent et qui nous manquent. L'enfant désiré naturellement ce qui lui plaît, et la vivacité du désir est en raison de l'attrait que son objet exerce ;. lorsque ce qu'il souhaite est en la possession d'un autre enfant, il* souffre à la fois d'en être privé et de voir qu'un auti*e le possède : c'est là l'envie, passion qui peu à peu s'empare de l'ftme,. la l'étrécit, la dessèche, la torture ; la mythologie anciennereprésentait l'Envie avec une tête hérissée de couleuvres. Si l'envie pouvait avoir une excuse, ce serait chez les deshérités du sort en contact avec des enfants plus heureux ; développer chez tous et surtout chez ces derniers les sentiments affectueux,. la simplicité, la modestie, c'est ôter à l'envie bien des occasions de naître,' du moins bien des prétextes de se justifier à ses propres yeux. Les bonnes, honnêtes et droites natures sont à l'abri de cette triste passion ; les natures moins heui*eusement douées peuvent être redressées par l'éducation.
La honte et la crainte ne sont pas des sentiments mauvais^ en eux-mêmes; mais, elles rentrent dans les sentiments antisociaux on antipathiques, parce qu'elles éloignent au lieu de rapprocher, et paralysent la naturelle expansion des facultés. Je parle de la fausse honte, que Boileau appelle « la honte du bien », et qui empêche souvent les enfants de faire ce qu'ilssavent être bien, par crainte des moqueries de méchants ovb étourdis camarades. Elle n'est pas la timidité, quoiqu'elle y confine. Le remède consiste surtout dans la culture de la volonté^ et du caractère.
l, La Bruyère, Caradères, ch. XI.
La konte ne ae laooke i^nère qu*à an âge i^elatèvemeBt axaiM^é «bn reafMii; k eraiiiU^ ëès Jie besceaii. L-ajifkaritîoa brnsone d'oa objel ineonDay ia prodaeik» d'aa JM'iûi iûaoUia effrayisat fMTOBfua toujours la «Mimssan. GeUa dia^^oaiiiûn âioûnae au Idr et à mesare <fait le «ercle ëb ees eomiaiifiajiGas s*^raiiiâit ; û a fNHar de ce qa'il ignave; ce qu'il eomudi ae Te&r^je plus. La natufiB ftaos indique par là le pnesaier et le jxàeilleur caiiiède «Oflins la «CEaMite. U «n est des h^Hunes camniie de» eafaute : ce ^pfi eak iiijrséérÂeiu,, ineoMoa wi sud «Aima est pour eux une rsoarce de terreurs parfois tr^ vives; rhistoôre des superstitions ^ des i^réjttgés eu fourni des preu¥es surabondantes. La •eioyaaoe aux apparitèoas, aux veTeoauts» aux lutôasy qui A'eat pas encare détruite dans certaiaeB régions parmi tes gens igaoranta, puovoque et entretient un sentimeat de oraiote pu^il, mais très réel; elle diaparaitra. par le pro|$rÀs de l'instruction -et la di^Posion dea lumièrea. Ce résultat si désirable est un des fruits éodô'eeta de ia âaienoe, qui n'«st autre chose que la eon- •naissance exacte des faits naturels. Sans aller jusqu'à croire •aux îgaMmes , combien de persoane» <ont peur du tonnerre 1 •C'est que, dans leur enfance^ elles ont appris à en avoir peur par l'exemple ; si Tei^aat ne voyait pas sa mèi^e ou sa bonne ireaibler et se signeri s'il ne les entendait pas gémir et pleurer, il n'attacherait aucune idée de terreur particulière à, un pbéno- •mèac imposant, mais non épouvantable.
indépendamment de la crainte causée par les choses, il y a la eraiate causée par les personnes. L'enfant redoute l'abus de la force, la brutalité des actes ou des paroles» la simple sévérité «d« mage. D«ds ees circonstances, la colère peut s'aUier à la mmiàB, et pku s4remettt encore la haine. Rien n'est plus dangereux |M>ar la santé iiMirale de l'enfant La crainte lui ûte "tout élan, toute bonne volonté, toute aiSsction, et rend stérile tootaJa peine de i'éduoation. La «rainte en effet n'est pas seuiemest un sentiment douloureux, mais passaiger ; elle dégénère aussi en on état habituel de souffrance et d'abattement , qui ralentit rad.ivâ(é et unit par l'annuler. Ce n'est certes pas une "«KOBte à la paratae, qui elle aussi finit par devenir une passion énervante et qui a de .quoi vivre sur son propre fonds ; mais il De faut lui donner ni prétexte ni aliment.
La timidité, ou prédisposition à la crainte, n'est pas précisé-
LES SËJfl'lUflTS f9{
ment un sentiment, quoiqu'elle soit accompagnée d'an état sensible fort pénible en soi ; elle est plutôt une disposition du caractère, le plus souvent innée, quelquefois causée par de nanvttk traftemento pnrioa^siiiuisia peeMière maâmam^ «ifar ÉM idée» fausse» «or le taooàb et la vie. La cmiwA^ m. nakmk teœetti «sa pà$e teUft sur cas éiiiea. ft lait «a teaè ks aftéttaf«r,p ia» neterar^ leur iupiànr •e^t «llfiMftlaai <t las MiivasU coaûaaea^fiû leur fait ^d^aiià. . La craîato est «n puisaMit kiab:u«MBi d'é4nM#oii, doat il foui mer Maèilameoi. Autaivt il peat laive de sml 4»ttre dee naÎDs gNtsfiftèces et maAadsoitea, autant û pMilaiea de Amb tHê ait .eiBjilQfé À propos et «Tee oMcureb La 4v«inte 4ala pnaâtia» aai dea pks aaMaîraa.; floa «alatrâa aneaff^a, paaaa ^'alk est d'iuBua natere pbia anorala, la «raiota di^A£Qi^^ au d'oyimsar laa pamnU», las myiîtvaa^ ieits. aeax pow! qui raateit ^noufe de TaaiOBr at du respaei. Voilà la ci aicta telàe fue toua le» supé- Âeurs doivest clu8*dMr 4 la pnû¥O^Qr« at aoa ^aetta 4sraiiite à'icadre Inférieur qulnapirant laa nataraa ûalériaaret allasjBéiaaa. «c Qu'om me kaîsse^ paarvu qu'on aaaa «raigAa ; » paro^ de tyran, non d'édoeatenr.
ÇjiàiûqaBÎok Xe aeatimeat «ntipatkiqHa eu BBudaeiUaBt ne ya fA8 JHsquJà la haiiïe et sa traduit par Ja aiofseiw. C^est en mftme temps une forme da la iaâclMneeté»qm,alMK las grandes parsoanea, peut être portée à an d«grè de jouiseanee raffinée, il y a, nùmma Tobserve M. Bain V QA rire vindicatif baioènz «t moquauE, ^ pousse aa «aaliouçnt aussi loin ^'èLpeoi aller aass voies de fait Chez les enfants, il y a moias de raf flneneat et plua de laiasep^ller naiunal; mais a'ast unapantadangeranae. La aouptessa da leur imaginaiion «t àa aoupleaae «fe leur eorpe, joiatea à leor ai^iOiifimenty leur font aiataaat jumadre ceamaniàrea moqueuses et Qomédiaanes» eomagi^ las afpaUe Fénaloa^, ^ ont qw^qjam chose de bas et de fiOAtraire ahj: aantimests koonAtea*
i. tfttHpas» <^4 p. 96. — X. Ma tiiel|w aiae %eaueaap 4a ineeeé les dittreates fiuiMs du «situaaat, at smm «vse naa vtdtsUa ioiaiifiBce des besoins de rëducation.