M. Perez, Ouvrage cité, p. IBl
2. Th. Reid, Œuvres complètes, t. IV, ch. m, p. 59 ; ch. iv, p, 64.
même, ou, quand on l'est des antres, c'est dans la mesure où ils dépendent de nous. Quant à la notion de durée, il faut qu'elle se dégage derintelligence enfantine pour que les mots de présent, passé et futur lui présentent un sens^ et que, par suite, renseignement du yerbe soit possible ^.
On peut déj& juger de l'importance de ht mémoire; on en jugera mieux encore si Ton réfléchit à tous ses autres avantages. Sans elle, il n'est pas de faculté qui ne devienne inutile, étant bornée au présent fugitif, insaisissable :
Le moment où je parle est ééjà loia de moi.
1. D'après l'exemple de son fils, M. Egger pense que cette notion se manifeste vers qnatre ans (Ouvrage cité, p. 57) : « Dès le commencement de sa quatrième année, Teufant se montre capable de distinguer nettement les trois notions du présent, de l'avenir et dn passé. Jusqne-là, il ne feisait gière que répéter machinalement les mots qtte notre nsage consacre poar marquer oetie distinction. Maintenant il annonce ce qa'il fm. lai-mèffl« eu ce qn'un antre fera après que telle ou telle chose aura été faite. H dit an frotteur : Tu viendras chez nous après que tu auras frotté chez monsieur un tel (notre voisin). Point de confusion désormais dans l'emploi des principaux temps d'un verbe ; il ne s'y trempe pins. Bientôt son langage témoignera qui! comprend les nuances qui distinguent , par exemple , TimparCût , le parfiùt et le plus-gue-parfait. Des voyageurs ont raconté que certains peuples sauvages , comme les Esquimaux du Groenland , n'ont jamais pu s'élever jusqu'à la distinction de différents degrés d'éloignement dans le passé ; leur horixon intellectuel est si borné, si onifDrme, qu'ils ne eon^vent et ne pratiquent pas la généalogie au-delà des membres de leur famille présente et vivante sur la terre. J'ignore si dès la naissance, et par une secrète influence de l'hérédité, nos enfants apportent avec eux en ce monde une aptitude particulière à concevoir et à développer de borne hxart ces notions élém^itaireB ; ce qni est certain, c'est que la vie de relation dans un milieu comme celui de nos sociétés civilisées les excite eo cela, dès le premier âge, à des progrès que l'enfant sauvage est peu capable d'accomplir sous la seule action du milieu qui l'environne. » Ajoutons que même dans le milieu civilisé où nous vivons tons en France, il y a uae distinetion à établir entre le fils de M. Ëg^er et les enfants qui li^rmeiit la population de nos écoles rurales : ils sont infiniment moins précoces, noB par défaut de capacité intellectuelle, mais par l'effet de leur milieu à eux. le ne pense pas qu'ils comprennent exactement les divisions de la durée avant sept ou huit ans ; mais c'est à peine s'ils commencent alors l'élude de la grammaire.